Un « Ainsi parlait Zarathoustra » d’anthologie sous la baguette inspirée du regretté Mariss Jansons

Né à Munich 1949 à l’initiative d’Eugen Jochum, l’Orchestre symphonique de la Radio bavaroise (Symphonieorchester des Bayerischen Rundfunks) s’est très tôt spécialisé dans le répertoire germanique, avec une prédilection particulière pour les compositeurs Beethoven, Brahms et Bruckner. Plusieurs directeurs musicaux se sont succédés à la suite d’Eugen Jochum : Rafael Kubelik, Colin Davis et Lorin Maazel. Depuis 2003, c’était le letton Mariss Jansons (1943-2019) qui assurait la direction musicale de l’orchestre.

Mariss Jansons a notamment appris auprès d’Herbert von Karajan

Mariss Jansons, fils du chef d’orchestre Arvïd Jansons, est né à Riga. Il apprend le violon, le piano et la direction au Conservatoire de Leningrad, avant de compléter ses études auprès de Hans Swarowsky à Vienne et d’Herbert von Karajan à Salzbourg. De 1979 à 2000, il est directeur musical du Philharmonique d’Oslo, avec lequel il réalise une série d’enregistrements qui l’impose comme un grand symphoniste.

 

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En 1992, il est nommé premier chef invité de l’Orchestre philharmonique de Londres, puis directeur musical de l’Orchestre symphonique de Pittsburgh en mars 1997, succédant à Lorin Maazel. Un lien tout particulier l’unit aux musiciens de l’Orchestre de la Radio Bavaroise, lesquels l’élisent chef principal en 2003. A leurs côtés, il joue notamment les grands massifs de Bruckner et de Mahler… ainsi que Richard Strauss, comme en témoigne ce concert capté à Munich.

 

Les tempos de Mariss Jansons sont animés par une force vitale irrépressible

Après une mercurielle Burlesque pour piano et orchestre sous les doigts vif-argent de Daniil Trifonov, le poème symphonique Ainsi parlait Zarathoustra montre la cohésion du chef et des différents pupitres à son meilleur. Jansons adopte des tempos relativement amples, qui n’ont aucune peine à convaincre tant ils sont animés par une force vitale incoercible et une mise en place au cordeau.

 

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Le héros nietzschéen est sans doute ici une sorte de credo artistique pour Jansons lui-même. Les épisodes qui le composent sont individualisés avec soin et souci des contrastes, mais l’ensemble est porté par un même élan qui suscite d’emblée l’adhésion de l’auditeur. Et quel orchestre !

Richard Strauss : Ainsi parlait Zarathoustra. Burlesque. Daniil Trifonov (piano), Orchestre symphonique de la Radio Bavaroise, dir. Mariss Jansons

Décernés chaque semaine, les Trophées Radio Classique priment un nouvel album, mis à l’honneur notamment dans l’émission « Tous Classiques » de Christian Morin

 

Jérémie Bigorie

 

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