Thomas Dausgaard et l’Orchestre de chambre Suédois poursuivent avec bonheur leur exploration de l’œuvre orchestrale de Mendelssohn

Vive, énergique sans être précipitée, la direction du chef danois réalise la quadrature du cercle, aussi bien dans la juvénile Première symphonie que dans la magistrale « Ecossaise »

Une direction qui concilie réflexion et spontanéité

Mendelssohn a quinze ans quand il compose cette Première Symphonie op. 11. La facture, qui se ressent du classicisme viennois, abrite un condensé d’énergie et de passion inédit comparé à la série tout juste achevée des symphonies pour cordes. Cela, Thomas Dausgaard l’a compris, qui cravache ses musiciens, embrasse à bras-le-corps le corps l’impétueuse tonalité d’ut mineur sans brimer le chant du second thème. Cette deuxième incursion du chef danois en territoire mendelssohnien – après un magnifique Songe d’une nuit d’été – confirme la qualité du travail accompli aux côtés de la phalange dont il fut le directeur musical de 1997 à 2019 : la transparence des textures, la réactivité des pupitres atteignent une homogénéité rare dans une esthétique où les cordes sont trop souvent sacrifiées sur l’autel des vents. Plus qu’à Beethoven, c’est au Weber sylvestre qu’on songe au premier chef.

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Dans la Symphonie « Ecossaise », la marche de l’« Adagio » s’élève sur les accents rauques des timbales quand l’apothéose hymnique du Final suit un mouvement incoercible, à l’instar du Final fugué de la Première Symphonie. Un sentiment à verser au crédit de la direction qui concilie réflexion et spontanéité, mais aussi à cette volonté manifeste d’interpréter l’œuvre en un seul jet, nous rappelant au passage que tous les mouvements doivent se succéder attacca, c’est-à-dire sans interruption. Mendelssohn, décidément, a bien de la chance : après les contributions notables de Nézet-Séguin et Pablo Heras-Casado (sur instruments anciens, Harmonie Mundi), Thomas Dausgaard magnifie à son tour ces joyaux du romantisme allemand.

Jérémie Bigorie


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