Un violon disparu pendant l’Occupation a été restitué ce mercredi à la famille de son propriétaire, une première en France depuis les années 1960, selon une association spécialisée et le ministère de la Culture.
Fabriqué en 1905 dans l’atelier de lutherie Caressa & Français sous le numéro 152, ce violon a été remis aux ayants droit de Gabriel Girondelot, qui avait dû l’abandonner en juin 1940. Une cérémonie s’est tenue ce mercredi au magasin Paul Beuscher à Paris, au cours de laquelle la violoniste Sarah Dayan, accompagnée par le pianiste David Kadouch, a joué sur l’instrument restauré.
« C’est la première restitution publique en France d’un instrument depuis les années 1960 », a déclaré Pascale Bernheim, cofondatrice de l’association « Musique et Spoliations » qui a procédé aux recherches, ce qu’a confirmé la mission de recherche et de restitution des biens culturels spoliés entre 1933 et 1945 au sein du ministère de la Culture.
Créée en 2017, cette association œuvre à la recherche des instruments de musique et des documents musicaux disparus sous la domination nazie.
Le violon de Gabriel Girondelot sera vendu aux enchères en décembre
« Il y a de l’émotion. C’est étonnant comment un surgissement vient recréer des liens familiaux », a raconté Clémence Houdart, l’une des ayants droit, arrière-petite-fille de Gabriel Girondelot, qui n’était pas musicien.
Le violon avait d’abord appartenu à son beau-frère Eugène Paul Choubry, premier prix de violon du Conservatoire de Paris en 1913, décédé lors de la Première Guerre mondiale.

C’est l’avancée allemande en juin 1940 qui obligea Gabriel Girondelot, notaire, et sa famille à quitter la Marne pour se réfugier dans le sud de la France, laissant une partie de leurs biens, dont cinq violons, dans le château de Maisons-en-Champagne.
En 1945, Gabriel Girondelot déclara le vol auprès de la Commission de récupération artistique. L’instrument fut ensuite inscrit au Répertoire des biens spoliés en France durant la guerre de 1939-1945, publié entre 1947 et 1949.
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En décembre 2024, il réapparaît dans une vente aux enchères à Vichy, dont il est retiré dès que le rapprochement avec un instrument déclaré volé en 1945 est effectué. « Une enquête de provenance et une recherche généalogique ont permis de reconstituer son parcours et d’identifier les ayants droit », selon l’association, qui a aussi travaillé avec le ministère de la Culture, le Musée de la musique à Paris et a consulté de nombreuses archives et registres d’atelier.
Les ayants droit ont décidé de mettre le violon aux enchères. « On aurait aimé le garder mais juridiquement, c’était compliqué », a expliqué Mme Houdart. L’instrument, restauré par la Maison Vatelot-Rampal, sera mis en vente par Vichy Enchères le 3 décembre prochain.
Philippe Gault (avec AFP)
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