José Van Dam, le plus grand chanteur lyrique belge, est mort mardi 17 février à l’âge de 85 ans. Considéré comme l’un des plus grands barytons-basses de sa génération, il s’était retiré de la scène en 2010 après des adieux mémorables à Bruxelles, sa ville natale.
C’est au Théâtre Royal de la Monnaie de Munt à Bruxelles que José Van Dam s’était produit pour la dernière fois en mai 2010, à la veille de ses 70 ans, pour une série de représentations du Don Quichotte de Jules Massenet où il incarnait le chevalier à la triste figure sous la direction de Marc Minkowski. Son nom sera à jamais associé à la grande institution d’art lyrique de la capitale belge qui a annoncé sa disparition.
José van Dam a été l’une des voix les plus applaudies de cette salle d’opéra, surtout à partir des années 1980. Philippe II dans Don Carlos de Giuseppe Verdi, Falstaff dans une autre œuvre du compositeur italien mais aussi Golaud dans Pelléas et Mélisande de Claude Debussy, ses plus brillantes interprétations ont eu lieu sur cette grande scène bruxelloise durant ses cinquante ans de carrière qui l’ont vu se produire sur les plus grandes salles d’opéra du monde.
José Van Dam commença sa carrière dans la troupe de l’Opéra de Paris
Né Joseph Van Damme à Ixelles, quartier de Bruxelles le 25 août 1940, ce fils d’ébéniste est dès l’âge de 11 ans soliste dans une église, puis il se met à l’apprentissage du solfège. C’est sa professeure de piano qui le présente au grand ténor belge Frédéric Anspach. La rencontre s’avère déterminante. Anspach, son mentor, le convainc d’étudier le chant sous sa direction au conservatoire de Bruxelles, d’où le jeune artiste sort diplômé en art lyrique.
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Vient l’époque des concours, qui lui permet de collectionner les récompenses et de passer les frontières. Il commence sa carrière en 1961 dans la troupe de l’Opéra de Paris avant de rejoindre Genève, puis Berlin, où il travaille jusqu’en 1973 avec le chef d’orchestre Herbert von Karajan et se fait remarquer notamment dans rôle de Leporello du Don Giovanni de WA Mozart. Le début d’une longue carrière internationale qui lui permit de se produire sur les plus grandes scènes du monde, du festival de Salzbourg au Metropolitan Opera de New York en passant notamment par Covent Garden à Londres ou la Scala de Milan.
« La voix est le miroir de l’âme »
Célébré comme l’un des meilleurs barytons-basses de son temps, José van Dam a été récompensé de nombreuses distinctions et anobli en 1998 par le roi des Belges Albert II. « On est là pour servir la musique », avait coutume de dire le chanteur à l’aise dans tous les répertoires qui confiait également « La voix est le miroir de l’âme, cela va de pair avec la simplicité, la liberté et le naturel ».
En cinquante ans de carrière, José van Dam a inscrit son nom sur une longue liste de rôles titres de grands opéras: outre Falstaff, ce fut le cas pour Boris Godounov, Wozzeck, Don Giovanni etc. Il a aussi été pendant une vingtaine d’années l’interprète du Saint François d’Assise d’Olivier Messiaen. Au cinéma, il a incarné Le Maître de musique, le film de Gérard Corbiau pour lequel il avait été nominé aux Oscars en 1989.
Humble et plein d’humour, il avait déclaré à propos de son métier : « La plupart des chanteurs ont un don sinon ils seraient employés de bureau ou chauffeurs de poids lourds, mais sans générosité ils n’iront nulle part ».
Philippe Gault (avec AFP)
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