Manifestations en Iran : des musiciens classiques élèvent leur voix pour soutenir le peuple iranien face à la répression

Site web Kian Soltani

Depuis la fin décembre, les manifestations contre le pouvoir islamique mobilisent des millions d’Iraniens à travers le pays, provoquant une vague de répression particulièrement violente de la part des autorités. Les réactions d’indignation et de soutien au peuple iranien se multiplient dans le monde entier notamment par la voix de musiciens exilés d’origine iranienne.

C’est le 28 décembre qu’ont été signalées les premières manifestations dans plusieurs grandes villes d’Iran dans un contexte de crise économique initialement (effondrement de la monnaie locale, inflation galopante…) avant de devenir un vaste mouvement populaire de défiance à l’encontre du régime islamique.

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Mais depuis quelques jours, confrontées à l’amplification de ce soulèvement populaire et aux menaces d’interventions extérieures, les autorités gouvernementales iraniennes ont entamé une répression sanglante – on parle de milliers de morts par balles – à travers le pays. Des représailles radicales qui suscitent émotion et indignation dans le monde entier, au niveau politique et diplomatique, mais aussi au sein de la diaspora iranienne.

Le violoncelliste Kian Soltani a joué et dédié au peuple iranien un air traditionnel à la Philharmonie de Paris

Parmi ces exilés d’origine iranienne qui s’élèvent contre la répression et appellent au soutien du peuple iranien, les voix de grands musiciens classiques commencent à se faire entendre. Le 9 janvier, c’est le violoncelliste Kian Soltani qui a profité de sa participation à un concert à la Philharmonie de Paris pour s’exprimer publiquement.

Alors que s’achevait la représentation de Don Quichotte de Richard Strauss, dirigé par Daniel Harding, le musicien autrichien, né de parents iraniens, a tenu à interpréter en solo The Girl from Shiraz, un air traditionnel du compositeur Reza Vali, qu’il a dédié « au courageux peuple iranien, qui se bat pour un pays libre, et dont l’accès à Internet et aux communications est coupé depuis plusieurs jours ».

Sur Instagram et Facebook, Mahan Esfahani, chef d’orchestre et claveciniste réputé, né à Téhéran en 1984, s’exprime sur la situation de son pays d’origine dans un long message vidéo. Le musicien, exilé aux Etats-Unis, y revient longuement sur le nom de Reza Pahlavi, fréquemment cité par une majorité de manifestants iraniens qui voient dans le fils du chah, déchu en 1979, l’homme providentiel capable de diriger le pays en cas de chute des mollahs.

Philippe Gault

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