À 42 ans, la danseuse étoile Myriam Ould-Braham fait ce samedi ses adieux à la scène de l’Opéra de Paris lors d’une représentation de Giselle et dit avoir besoin de moins exposer son corps à la « souffrance ».
Myriam Ould-Braham va tirer sa révérence lors d’une dernière représentation au Palais Garnier de Giselle, le ballet composé par Adolphe Adam, emblématique du répertoire classique romantique, qui la « faisait rêver petite » et dont « la magie et la beauté l’éblouissent ». « Je suis très heureuse, très sereine. J’ai eu une merveilleuse carrière. J’ai dansé tous les grands rôles que j’avais envie de danser. J’ai pu partager beaucoup d’émotions avec beaucoup de partenaires », y compris des étoiles « du monde entier », résume-t-elle.
Interrogée par l’AFP, Myriam Ould-Braham, nommée danseuse étoile à 30 ans en juin 2012, pour le rôle de Lise dans La Fille mal gardée, se remémore les ballets qu’elle a le plus aimés : la découverte du travail en duo dans La Belle au bois dormant, le Lac des cygnes, dont la partition « ne lui a jamais autant donné d’émotions », ou encore Roméo et Juliette de Serge Prokofiev, à la chorégraphie « tellement dure » et pour lequel elle est allée « chercher loin dans ses tripes ».
« Je ressens plus de plaisir à enseigner, aujourd’hui, qu’à danser »
Fille d’un couple franco-algérien, née à Alger, Myriam Ould-Braham a découvert la danse en Algérie fortuitement avec un cours de sa sœur. Arrivée en France en 1986, elle suit brièvement le Conservatoire supérieur de Paris, puis intègre, à 14 ans, l’École de danse de l’Opéra. « A ce moment-là, je ne savais absolument pas qu’on pouvait en faire un métier ».
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Après près de 30 ans d’exercice, la danseuse estime qu’il est temps de passer à autre chose et de faire une pause, autant physiquement que mentalement. « Ma carrière, il ne fallait pas qu’elle se prolonge plus », confie-t-elle. Pendant 25 ans, elle a appris à « gérer » et « connaître » son corps mais elle a envie désormais d’être « moins en souffrance ». Et puis, ajoute-t-elle, « J’ai ma vie de famille, besoin de penser à moi et de découvrir ce que la vie me réserve ».
Mère de deux garçons, qu’elle a eus avec Mickaël Lafon danseur dans la compagnie, Myriam Ould-Braham ne raccroche cependant pas tout à fait ses pointes, puisque qu’elle a accepté pour l’année prochaine plusieurs propositions de galas, en Chine, à Hong Kong et au Japon, lors desquels elle dansera des « pas de deux ». Elle qui donne des cours dans un centre de sport pour enfants et des coachings privés auprès de danseurs depuis quatre ans confie aussi ressentir « plus de plaisir à enseigner, aujourd’hui, qu’à danser ».
Philippe Gault (avec AFP)
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