Jazz : Le pianiste et compositeur Denis Badault est mort à 65 ans

Crédit : ONJ

Directeur de l’Orchestre National de Jazz au début des années 90, le pianiste Denis Badault est mort le 24 juillet à l’âge de 65 ans. Également compositeur et chef d’orchestre, le Sétois d’adoption était un pédagogue reconnu qui enseignait notamment au conservatoire de Toulouse

Né en 1958 à Versailles, Denis Badault a fait des études musicales classiques au Conservatoire de Paris (CNSMDP) et obtint le Prix de soliste au Concours National de Jazz de La Défense en 1979. En 1982, il crée la Bande à Badault. À la tête de cette formation de 13 musiciens, il affirme ses talents de compositeur, proposant un répertoire généreux et éclectique qui rencontre un grand succès et fait de lui une figure marquante du jazz français.

En 1986, Denis Badault intègre le premier Orchestre National de Jazz (ONJ) comme pianiste. En 1991, il est nommé directeur musical de l’ONJ pour trois saisons. À la suite de ce mandat, il est fait Chevalier des Arts et des Lettres par le Ministère de la Culture. En tant que pianiste, il anime différentes petites formations : le trio Bado, les Trois Claviers, et, plus récemment, le quartet H3B. Parallèlement, il développe au conservatoire de Toulouse et dans de nombreux stages une activité de pédagogue, menant une réflexion sur la transmission en matière d’improvisation libre, de jeu collectif et d’interprétation.

« Un compositeur insatiable et passionné de la transmission du savoir » (Citizen Jazz)

Depuis la disparition de Denis Badault, les messages et témoignages se multiplient. Pour Philippe Metz, directeur de l’école Music’Halle à Toulouse, « Denis Badault a marqué l’histoire de l’enseignement du jazz et de la musique improvisée comme aucun autre. » 

Le magazine Citizen Jazz évoque « Un musicien généreux et inventif, doté d’un solide sens de l’humour, c’est surtout l’image d’un compositeur insatiable et d’un passionné de la transmission du savoir qu’il faudra conserver » et l’ONJ salue « Un grand maître, immense pianiste, fantastique compositeur et improvisateur, pédagogue hors pair ».

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Son album le plus abouti avec l’Orchestre National de Jazz, en 1993, fut le très beau Monk Mingus Ellington dans lequel Denis Badault avait renoué avec les plus grandes figures de l’histoire du jazz transatlantique. À l’occasion de ses obsèques, une cérémonie civile aura lieu le jeudi 27 juillet à 13h30 au Crématorium de Sète, à quelques kilomètres du village de Gigean (34) où il résidait.

Philippe Gault

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