Surprise ! Ces musiciens de l’Orchestre de Rotterdam échangent leurs instruments pour le concert d’adieu de leur chef

Crédit : Rotterdam Philharmonie Orchestra

À l’occasion du concert d’adieu de leur chef principal Lahav Shani, les membres de l’orchestre Philharmonique de Rotterdam se sont amusés à changer d’instrument en fin de représentation. Le chef d’orchestre israélien, très apprécié de ses musiciens et du public néerlandais, occupe ce poste depuis 2018.

Successeur à la tête du Rotterdam Philharmonic Orchestra de Yannick Nézèt-Séguin en 2018, plus jeune directeur musical (chef principal) de la formation néerlandaise à 29 ans, Lahav Shani laissera un souvenir inextinguible dans le grand port néerlandais a lors que s’achèvera son ultime mandat fin août après deux concerts à Grafenegg.

À la rentrée le chef d’orchestre israélien débutera dans sa nouvelle fonction de directeur musical de l’Orchestre Philharmonique de Munich.

Il était donc normal que la formation lui dédie fin mai un week-end très spécial à l’occasion de ses adieux à la salle De Doeden qui abrite l’orchestre depuis 1966. Le point d’’orgue de ces deux jours d’hommage a eu lieu le dimanche 31 mai lors d’un concert au cours duquel le maestro a pu montrer la polyvalence de ses talents, au pupitre mais également au piano pour accompagner la soprano Chen Reiss dans Ch’io di scordi di te ? Non temer amato, l’aria de WA Mozart.

Pour Martha Argerich, Lahav Shani est « une combinaison de sérénité et d’excitation »

Entre les différents morceaux proposés ce soir-là, des vidéos de témoignages de grands musiciens ayant joué sous la baguette de Lahav Shani, désormais chef honoraire de l’orchestre, ont été diffusées sur grand écran.

Le témoignage de Martha Argerich a particulièrement touché le maestro, les musiciens et le public. La grande pianiste argentine, qui a joué cinq fois sous sa direction à Rotterdam, confiant que Lahav Shani est « une « combinaison de sérénité et d’excitation ».

A lire aussi

 

Mais c’est à la fin de ce concert que les musiciens de la formation lui ont réservé une surprise tout à fait inédite. À l’issue de l’exécution de la Symphonie n° 4 de Gustav Mahler, pendant les rappels, alors que le maestro revenait des coulisses, les musiciens ont en effet décidé d’échanger leurs instruments et certains employés ont rejoint l’orchestre.

Résultat : le 1er violon  au violoncelle, un contrebassiste à la trompette, des trompettistes au violon, des altistes à la flûte et même un agent d’accueil à la contrebasse et le directeur artistique à la clarinette pour une interprétation quelque peu approximative d’un extrait de la Symphonie du Nouveau Monde bien que dirigée par Lahav Shani, sous le choc puis hilare lorsqu’il a demandé : « Et je dois diriger ça ? ».

Une nouvelle preuve de l’affection que ces musiciens lui portent depuis sa nomination. Quelques mois avant sa prise de fonction en 2018, le jour de son 29e anniversaire, alors qu’il devait diriger le Philharmonique de Rortterdam pour la Marche de Radetzky les musiciens avaient entonné, juste après les premières mesures de l’œuvre de Johann Strauss, un Happy Birthday qui avait ému aux larmes leur futur chef principal.

Philippe Gault

Retrouvez l’actualité du Classique