Strauss père ou fils ? Ne faites plus l’erreur !

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Strauss. Un nom que l’on associe à la valse. Des airs que l’on rattache au Concert du Nouvel An à Vienne, parmi lesquels le Beau Danube Bleu, la Marche de Radetzky, ou bien encore l’ouverture de la Chauve-Souris. Mais Strauss c’est aussi une dynastie, et quand il s’agit de rattacher une œuvre à l’un des membres de la famille, un doute persiste : serait-ce le père ? Serait-ce le fils ? A moins que ça ne soit l’un des frères ? On vous explique.

Johann Strauss, le patriarche (1804-1849)

En tête de dynastie : Johann Strauss. Il s’initie très tôt à la musique, apprenant le violon et l’alto avant de rejoindre un orchestre de danse, celui du renommé Michael Pamer. Ce dernier, révélateur de talents et fin compilateur de musiques folkloriques traditionnelles, aurait eu l’intuition de ce que l’on nommera bien des années après la valse viennoise.

De cette expérience, Johann Strauss père retient l’engouement du public pour le rythme, la virtuosité et le divertissement. Il rejoint par la suite celui qui contribuera grandement à l’essor de la valse viennoise : le chef d’orchestre et compositeur, Josef Lanner, dont Johann Strauss sera le premier violon.

Johann Strauss succombe à la scarlatine

Victimes de leur succès, les deux acolytes se séparent. Johann Strauss a pour ambition de faire connaître ses propres œuvres aux oreilles de toute l’Europe. Il popularise ainsi des danses d’origine française comme le galop et le quadrille, tout en donnant à la valse son statut de danse à la mode. Il obtient la consécration avec le titre de Directeur des Bals de la cour d’Autriche en 1846, avant de succomber peu de temps après à la scarlatine, en 1849.

Parmi ses œuvres les plus connues : la fameuse Marche de Radetzky op. 228 et le Loreley-Rhein-Klänge op. 154.

Johann Strauss II, le fils prodige (1825-1899)

Le fils aîné. C’est le véritable « père de la valse » à qui l’on doit de nombreux classiques comme le Beau Danube Bleu op. 314, l’ouverture de la Chauve-Souris, Roses du Sud op. 388, Voix du printemps op. 410, ou bien encore, la célèbre Marche de l’Empereur.

Johann est aussi un concurrent potentiel que le père aura écarté un temps en l’orientant vers le monde de la banque. Ce qui n’empêche pas au fils de se rebeller en menant de manière clandestine des études de violon et de piano, rêvant de se faire un nom, comme son père avant lui.

Johann Strauss II donne ses lettres de noblesse à la valse

Il faut attendre l’année 1844 pour qu’il connaisse sa première vraie émancipation :  de la direction d’orchestre au Casino Dommayer de Hietzing – devenu aujourd’hui un café. Les années passent et ce n’est qu’à la mort de son père, en 1849, que Johann Strauss II peut partir véritablement à la conquête des salons et cours d’Europe, enchaînant les concerts et les tournées avec son orchestre. Sa vision de la valse, portée par une écriture plus savante, plus cohérente et surtout plus lyrique, finit par donner, à ce genre devenu populaire, ses véritables lettres de noblesse.

Josef Strauss, l’ingénieur (1827-1870)

Frère de Johann Strauss II, il est connu pour avoir coécrit avec son frère la Pizzicato-Polka, ainsi que d’autres airs bien connus :  la Delirien Waltz op. 212, la Musique des Sphères op. 235 ou bien encore Les Hirondelles d’Autriche op. 164.

Tout comme Johann Strauss II, Josef Strauss n’était pas destiné à suivre une carrière dans la valse… et, à l’inverse de son frère aîné, n’y tenait pas plus que ça ! Ingénieur de formation, c’est au pied levé qu’il reprend l’orchestre familial, prêtant main forte à son frère, Johann Strauss II, alors victime d’une dépression.

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Eduard Strauss, compositeur de polkas (1835-1916)

Le dernier de la fratrie et aussi, le moins connu de tous. Compositeur et chef d’orchestre comme Johann et Joseph, Eduard Strauss mène une carrière plus modeste et succède à ses frères dans la reprise de l’orchestre familial. Il n’est toutefois pas oublié des salles de concert, puisque ses œuvres, généralement des polkas, continuent d’être jouées lors du Concert du Nouvel An.

Richard Strauss, un homonyme (1864-1949)

Perdu ! Le compositeur allemand d’Ainsi parlait Zarathoustra ou du Chevalier à la Rose n’a aucun lien de parenté avec la dynastie Strauss. Et pour vous faire pardonner, nous vous conseillons vivement la lecture de notre Top 5 consacré à ce grand compositeur !

Clément Serrano

 

Pour en savoir plus sur la dynastie des Strauss