La guitare « Rebâtir Notre-Dame de Paris » a été réalisée par un artisan français à partir de bois de chêne issu d’éléments d’un plancher du beffroi nord de la cathédrale attaqué par les flammes lors de l’incendie du 15 avril 2019. Un instrument d’exception qui relie le métier artisanal séculaire de luthier à la formidable aventure d’engagement et de savoir-faire qui fait renaître Notre-Dame de Paris.
L’établissement public Rebâtir Notre-Dame de Paris a pour objectif de donner à la cathédrale tous les soins dont elle a besoin en mettant en valeur les savoir-faire d’excellence mobilisés pour les travaux. C’est ainsi qu’a été confiée au luthier landais Berg Guitare la fabrication d’une guitare artisanale à partir d’un bois issu de Notre-Dame de Paris.
Une manière de « faire connaître la beauté d’un travail artisanal d’exception avec la noblesse du matériau, la volonté commune de préserver et transmettre un héritage vivant, celui des métiers d’art et du patrimoine », selon Philippe Jost, président de l’établissement public Rebâtir Notre-Dame de Paris.

Un projet né d’une rencontre entre les Ateliers Perrault, retenus par l’établissement public pour réaliser les travaux de restauration des deux beffrois de la cathédrale, et le luthier Jonathan Berg, fondateur de Berg Guitares à Dax.
Ce bois de chêne est issu d’éléments qui ne pouvaient être réemployés lors des travaux de restauration d’un plancher du beffroi nord, réalisés en 2024. Ce plancher avait été endommagé par les flammes lors du terrible incendie de 2019.
« Les flammes qui ont endeuillé le ciel de Paris laissent ainsi place à des notes de musique »
Exemplaire unique, cette guitare électrique, conçue et fabriquée par le luthier Jonathan Berg, a nécessité plus de 1000 heures de travail.
Elle est habillée d’incrustations fines en laiton, dites « en dentelle », qui s’inspirent d’une partie du dessin de la rose sud de la cathédrale ainsi qu’une citation : « La cathédrale luit comme un bijou d’émail « , extraite du poème de Théophile Gautier dédié au monument.
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Le luthier Jonathan Berg explique que son idée a été « de réaliser une guitare sobre qui dévoile sa complexité à celui qui prend le temps de la contempler.
Elle jette un pont entre le savoir-faire architectural historique, l’art de la restauration et le monde de la musique contemporaine (…) Ce bois, qui a traversé le feu, est toujours vivant. Il va résonner à nouveau pour transmettre de nouvelles vibrations universelles. Les flammes qui ont endeuillé le ciel de Paris laissent ainsi place à des notes de musique ».

Conservée par l’établissement public, la guitare Rebâtir Notre-Dame de Paris sera jouée dans le cadre de partenariats au bénéfice des travaux de restauration complémentaires dont a besoin l’édifice.
Peut-être sera-t-elle exposée un jour dans l’hypothétique projet de musée rétrospectif de l’histoire de la cathédrale de Paris, pourtant réclamé par de nombreux responsables politiques dont le chef de l’État (L’Hôtel-Dieu a même été envisagé pour l’abriter), à l’instar du Musée de l’œuvre Notre-Dame de Strasbourg.
Philippe Gault
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