Nelson Freire, légende du piano, est mort à 77 ans

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L’agent artistique du grand pianiste brésilien Nelson Freire a annoncé sa mort, à l’âge de 77 ans, à l’aube chez lui à Rio de Janeiro, sans préciser les raisons de son décès. Il semble, selon plusieurs sources, qu’il ne s’est jamais remis d’une grave chute dont il avait été victime il y a 2 ans dans une rue près de son domicile. Le cercueil de Nelson Freire sera exposé ce mardi au Théâtre municipal de Rio de Janeiro pour une veillée.

Nelson Freire avait renoncé à participer au jury du Concours Frédéric Chopin, fin septembre

En octobre 2019, Nelson Freire s’était fracturé l’humérus droit suite à une chute dans une rue de Rio, dans son quartier de Barra da Tijuca. Après une opération complexe de 4 heures, il avait alors dû annuler une série de concert et n’avait jamais plus rejoué sur scène. Il semble ne s’être jamais vraiment remis de cet accident et certains de ses proches disent qu’il était tombé dans un état de profonde dépression depuis.

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En septembre de cette année, le pianiste brésilien avait même annoncé qu’il renonçait à sa participation en tant que juré de la 18e édition du concours international de piano Frédéric Chopin qui s’est déroulé en octobre à Varsovie. Sa fidèle amie de toujours Martha Argerich avait alors, par solidarité, renoncé elle aussi à sa participation à ce jury pour pouvoir rester auprès de son complice de clavier.

Nelson Freire avouait une prédilection pour Brahms

Né le à Boa Esperança (État de Minas Gerais), Nelson Freire commence le piano vers l’âge de trois ans. Après avoir étudié à Rio de Janeiro avec, notamment, Lucia Branco, ancienne élève d’Arthur de Greef (disciple de Franz Liszt), il obtient, en 1957, une bourse du Concours international de piano de Rio grâce à une interprétation du Concerto de l’Empereur de Ludwig van Beethoven. Il déménage ensuite à Vienne pour étudier avec Bruno Seidlhofer, professeur de Friedrich Gulda, et c’est à cette époque, dans la capitale autrichienne, qu’il fait la connaissance de Martha Argerich et se lie d’amitié avec celle qui l’accompagnera toute sa vie, sur scène et avec sa famille.

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Le pianiste brésilien, qui avouait avoir une prédilection pour Johannes Brahms, compositeur cher à son cœur qui fit l’objet de son premier disque en solo, a joué sur les plus grandes scènes du monde (dans plus de 70 pays), avec des orchestres prestigieux tels que les Philharmoniques de Berlin, Londres, New York et Israël, le Concertgebouw d’Amsterdam mais aussi à Munich, Paris, Tokyo, Saint-Pétersbourg, Vienne, Boston, Philadelphie, Cleveland, Los Angeles, Chicago et Montréal… L’annonce de la disparition de Nelson Freire a suscité de nombreuses réactions dans le monde de la musique. En France, le violoniste Renaud Capuçon évoque « un poète du piano. Et un être exquis », pour le pianiste Philippe Cassard « Un géant vient de nous quitter. Et tout un monde avec lui. Virtuose incandescent au toucher de velours (…) Tous et toutes nous le respections, nous l’admirions, nous l’aimions ». L’Institut Frédéric Chopin à Varsovie salue « l’une des figures les plus grandes, les plus brillantes et les plus mémorables du monde de la musique. Un grand artiste d’une modestie extraordinaire, totalement dévoué à la musique, un homme exceptionnel dont l’art et la vie ne cesseront jamais d’inspirer« 

Francis Drésel consacrera la soirée de ce mardi 2 novembre à la carrière de Nelson Freire à partir de 20h30 sur Radio Classique.

Philippe Gault

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