Opéra de Paris : à quoi ressemble la rentrée des danseurs ?

Yonathan Kellerman OnP

Plus de 150 danseurs de l’Opéra de Paris ont repris les cours, les entraînements et les répétitions. Parmi eux, de nouveaux artistes débutent une saison toute particulière, notamment Thomas Docquir, nommé Danseur Etoile il y a quelques mois.

 

Dans les couloirs de l’Opéra Garnier règne une effervescence. Dans une vaste salle sous les toits, les danseurs travaillent une nouvelle chorégraphie, Vers un Pays Sage, signée Jean-Christophe Maillot, qui entre au répertoire de l’Opéra de Paris.

« Ce ballet est un défi difficile, une sorte de marathon. On bouge dans tous les sens, c’est extrêmement rapide », confie Indira Sas, 19 ans. Intégrée au corps de ballet il y a deux ans, elle ne s’est pas accordé beaucoup de vacances cet été : « J’ai tout de même fait quelques stages d’été pour ne pas perdre le niveau. »

La vie des danseurs rythmée par les concours de promotion

Les danseurs s’arrêtent, décortiquent chaque mouvement, comptent la mesure. « C’est un privilège, simplement, de danser tous les jours sur la scène de Garnier. C’est incroyable. » Un privilège qui va de pair avec une grande rigueur : « Si je prends le cours à 10 heures, je viens m’échauffer trente minutes avant. Et après, c’est important de passer par la salle de sport pour effectuer quelques exercices de renforcement et de cardio. Parce qu’ensuite, il y a le concours de promotion en octobre. »

Ce concours permet aux danseurs de gravir les échelons de la hiérarchie du corps de ballet : quadrille, coryphée, sujet, premier danseur, puis un jour, pour une poignée d’entre eux, la nomination au titre de danseur étoile.

Thomas Docquir s’affranchit de la technique pour approfondir la part théâtrale

C’est la première saison en tant que danseur étoile pour Thomas Docquir, nommé le 21 juin dernier. « Il y a une grande excitation au moment de la rentrée. La fin de saison a continué à être chargée après ma nomination, mais j’ai eu tout l’été pour réaliser. J’ai profité des vacances aussi longtemps que possible, puis je suis revenu presque aussitôt de la plage à la barre. »

« On pourrait penser que la nomination au titre d’étoile est une ligne d’arrivée alors qu’il n’en est rien. Maintenant que je suis étoile, j’ai envie de me détacher du côté purement technique. Je peux me faire confiance désormais, j’ai le niveau technique. J’ai envie de me libérer de cela pour explorer davantage le versant théâtral, m’approprier des personnages, raconter des histoires. »

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Cette maison, il la connaît par cœur, lui qui est entré à l’École de danse de l’Opéra de Paris à 12 ans. « Je me souviens : quand j’étais à l’école de danse, je passais parfois dans le couloir des loges des étoiles et je voyais tous les noms sur les portes. Évidemment, petit, je me disais : “Peut-être qu’un jour, j’aurai une loge dans ce couloir.” Eh bien, cela va arriver. »

Aucun temps mort pour Thomas Docquir, qui prépare aussi un autre ballet à l’affiche, L’Histoire de Manon. La rentrée s’annonce chargée.

Victoire Faure

 

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