La soprano sud-africaine, sollicitée aux quatre coins du monde, est au Théâtre des Champs-Élysées jusqu’au 15 février à l’affiche de Semele l’opéra de Haendel. C’est la première fois dans sa carrière que Pretty Yende aborde le répertoire baroque.
Dans cette production mise en scène par Oliver Mears, directeur du Royal Opéra de Londres, avec Emmanuelle Haïm à la direction de l’un des ensembles baroques les plus renommés, Le Concert d’Astrée, Pretty Yende, chantera le rôle principal. Connue pour son timbre lumineux qu’elle a d’abord expérimenté dans le bel canto, la chanteuse sud-africaine vit, avec ce rôle nouveau, une « aventure incroyable », a-t-elle confié.
Il lui tardait de connaître, « avec le public à Paris ce quelque chose de différent », ajoute celle qui a par ailleurs chanté au couronnement du roi Charles III en 2023. Le chant baroque se caractérise par une ornementation abondante, avec des trilles, des mordants et des mélismes (une seule syllabe de texte chantée sur plusieurs notes successives). La partition de Semele, que l’AFP a pu voir et entendre lors d’une répétition, en est un exemple parfait.
Une mise en scène qui explore le côté politique et satirique de l’œuvre
Créé en 1744 à Londres par Georg Friedrich Haendel, cet opéra en anglais raconte les amours de la princesse de Thèbes, Sémélé (Semele en anglais), avec Jupiter (interprété par le ténor Ben Bliss), dieu qu’elle ne peut observer dans son incarnation divine sans être consumée par le feu. Amour, désir, jalousie, ambition jalonnent cette œuvre qui se termine de manière extrêmement dramatique.
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Dans sa mise en scène, Oliver Mears a choisi d’explorer le côté politique et satirique de l’œuvre. Il propose une Semele « femme moderne, en raison de sa force et de son refus d’accepter l’identité qu’un homme (Jupiter, dans une forme humaine, ndlr) lui impose« , détaille-t-il. « Elle refuse d’être femme au foyer, elle veut l’égalité avec lui ».
Son personnage montre aussi une certaine « complexité dans ses émotions – extase, désespoir » et un parcours tout aussi « complexe », qui évolue de sa « naïveté » au premier acte jusqu’à « sa défiance envers Jupiter » ajoute le metteur en scène britannique.
Philippe Gault (avec AFP)
Pretty Yende et Emmanuelle Haïm seront les invitées de Laure Mézan dans Le Journal du Classique à 20h00 sur Radio Classique
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