Fin janvier a eu lieu à l’opéra de Damas le premier concert depuis la chute du régime de Bachar al-Assad et la prise de pouvoir par des islamistes en Syrie. Un moment important pour les musiciens et le public qui espèrent des « lendemains meilleurs ».
Depuis la chute du président Bachar al-Assad le 8 décembre, les répétitions et concerts avaient cessé à l’opéra de Damas, dans un pays en pleine transition délicate. Si un vent de liberté souffle sur le pays, la capitale, historiquement plus libérale, n’en reste pas moins inquiète face aux nouveaux dirigeants, plus conservateurs, notamment sur les libertés individuelles et l’expression artistique.
Interrogé au matin de ce premier concert, Bahjat Antaki, percussionniste de 24 ans, confiait : « La Syrie n’a jamais été un pays extrémiste, nous avons une culture imprégnée de pluralisme. Nous continuerons, plus forts et plus beaux ». « Ce soir, notre objectif est de rendre hommage à ce travail musical et de dire: nous sommes là et nous sommes capables de produire de l’art », a-t-il ajouté.
Un concert en hommage « aux martyrs et à la gloire de la Syrie »
Au programme de la soirée, animée par l’orchestre symphonique national conduit par le chef d’orchestre syrien d’origine arménienne Missak Baghboudarian, la 5e Symphonie de Ludwig van Beethoven, un extrait de Casse-Noisette de Piotr Ilitch Tchaïkovski et un extrait de la suite de Peer Gynt du compositeur norvégien Edvard Grieg.
Aux côtés de diplomates arabes du Golfe et européens, Maher al-Chareh, ministre de la Santé et frère du président par intérim, Ahmed al-Chareh, est venu en famille.
A lire aussi
Le programme de la saison en cours n’a pas été dévoilé, mais ce premier concert ,reprenant aussi des œuvres syriennes, s’est tenu en hommage « aux martyrs et à la gloire de la Syrie ».
À l’ouverture de la soirée, une minute de silence a été observée pour les victimes d’une guerre civile dévastatrice qui a fait plus d’un demi-million de morts depuis 2011. Dans le parterre, certains spectateurs étaient émus aux larmes, d’autres ont sorti leur portable pour immortaliser la soirée.
Pour Yamama al-Haw, habituée de l’opéra, « Cet endroit m’est très cher. Ce qu’on voit ici aujourd’hui, c’est la Syrie que j’aime ». « La musique, les gens qui sont venus l’écouter, c’est la meilleure image qu’on peut avoir de Damas ». précisa-t-elle, se disant « optimiste » pour son pays qui va vers « des lendemains meilleurs ».
Philippe Gault (avec AFP)
Retrouvez l’actualité du Classique