Pour la première fois depuis qu’il s’en est adjugé la présidence, Donald Trump a présidé une réunion du conseil d’administration du Kennedy Center de Washington. Très critique sur la gestion et la programmation de l’institution par l’équipe dirigeante précédente, le président américain a indiqué quel type de spectacles et d’artistes il souhaite y voir présentés.
Comme on pouvait s’y attendre, Donald Trump n’a pas fait dans la dentelle lors de sa première visite lundi au Kennedy Center dont il s’est fait nommer président le mois dernier. Selon le New York Times, qui a eu accès à l’enregistrement de la première réunion du nouveau conseil d’administration de la prestigieuse institution culturelle de Washington, le président américain a d’emblée regretté que le chanteur country Lee Greenwood, nommé membre de ce conseil, n’ait pas pu chanter lors de cette réunion, à cause, selon lui, « de la main d’œuvre syndiquée qui réclamait 30.000 dollars pour déplacer un piano ». Le ton était donné !
Donald Trump s’est ensuite attaqué à l’équipe dirigeante précédente dont il a évincé la plupart des membres, à commencer par le président David M. Rubenstein dont il a dit que « c’est quelqu’un de bien, mais je n’avais jamais imaginé que la situation était si mauvaise ». Le président américain a notamment mis en cause l’agrandissement du centre en 2019, qui a coûté 250 millions de dollars, affirmant : « IIs ont construit des salles que personne n’utilisera ».
Donald Trump a également critiqué l’esthétique du bâtiment qu’il juge « délabré » et qu’il souhaite moderniser, estimant par exemple que les colonnes extérieures devraient être « recouvertes de quelque chose, que ce soit du marbre ou du granit ».
Donald Trump souhaite que Luciano Pavarotti et Elvis Presley soient honorés à titre posthume
Mais c’est surtout sur la programmation du Kennedy Center qu’on attendait le président américain. À commencer par la célèbre cérémonie des Kennedy Center Honors qui récompense chaque année depuis 1978, lors d’un grand show, diffusé fin décembre sur CBS, cinq artistes qui se sont illustrés dans leur carrière et ont contribué à la culture américaine. Des chanteurs, groupes de rock, réalisateurs, acteurs mais aussi de grands noms du classique parmi lesquels Martha Argerich, Grace Bumbry, Arthur Rubinstein, Philippe Glass ou, plus récemment, Renée Fleming y ont été honorés.
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Lors de son premier mandat, Donald Trump avait boycotté l’événement jugeant que « ce sont des extrémistes de gauche qui avaient été choisis ». Le président américain a donc présenté une résolution qui lui donnerait le pouvoir de désigner les membres du comité qui sélectionne les potentiels récipiendaires des prochains Kennedy Center Honors. Il a également émis le souhait que Luciano Pavarotti, son soi-disant « grand ami », et Elvis Presley y soient distingués à titre posthume.
Concernant la programmation des spectacles donnés au Kennedy Center (plus de 2000 représentations par an), Donald Trump souhaite qu’elle insiste plus sur la production de « succès de Broadway », se disant certain qu’il y aura « de très bons spectacles » et ajoutant : « Je suppose qu’on aura bientôt Les Misérables ». Ça tombe bien puisque la comédie musicale d’Alain Boublil et Claude-Michel Schönberg y est programmée de longue date du 11 juin au 13 juillet prochain.
Philippe Gault
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