La radio d’une victime du Bataclan mise en vente par un médecin de l’hôpital Georges-Pompidou

Wikimedia commons

Une vente de très mauvais goût raconte les folies de l’époque. C’est le Figaro qui rapporte l’histoire de ce médecin qui vend sur Internet la radio d’une victime du Bataclan en plein procès des attentats du 13 novembre 2015.

« Si vous voulez me faire dire que c’est une erreur, c’est peut-être une erreur » a déclaré le chirurgien

Le vendeur est chirurgien orthopédiste à l’hôpital George-Pompidou. La radio représente l’avant-bras gauche d’une jeune femme opérée par ce chirurgien, son bras a été fracturé par une balle de kalachnikov. La jeune femme a perdu son petit ami dans l’attentat du Bataclan. La radio était mise en vente 2 777 dollars sur OpenSea, site de vente où s’achète des œuvres d’art en cryptomonnaie, spécialisées dans les NFT. C’est Médiapart qui a révélé en fin de semaine dernière cette curieuse opération. Le plus étrange, au-delà de l’indignation du directeur de l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris Martin Hirsch et du Président de l’association des victimes du 13 novembre, Philippe Duperron, ce sont les justifications du médecin.

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Il a dans un premier temps expliqué sa démarche comme ayant une vocation pédagogique, pour intéresser les gens. D’un point de vue éthique, il s’est posé la question. « Si vous voulez me faire dire que c’est une erreur, c’est peut-être une erreur » a-t-il expliqué, finissant par admettre que l’idée était complètement débile. La page du chirurgien est ce matin introuvable sur OpenSea. Mais cette histoire raconte à sa façon l’époque. 1/ Tout peut s’acheter. 2/ Tout peut être considéré comme de l’art dès qu’il y a un marché. 3/ La vie privée d’une patiente peut devenir publique. 4/La blessure d’une victime du terrorisme peut être estimée à 2 770 dollars, valeur de départ. 5/ Un chirurgien capable d’opérer 22 blessés arrivés dans son hôpital un soir d’attentat peut aussi faire absolument n’importe quoi sans se poser de question. Bienvenue en 2022.

David Abiker

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