Hôpital public : Les médecins intérimaires moins payés, la menace de pénuries de personnel ?

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Comment en finir avec la surenchère salariale de l’intérim médical ? Telle est la question posée ce matin par le journal Libération. Le sujet s’invite dans l’actualité en raison d’une loi qui doit entrer en vigueur le 27 octobre prochain.

Les praticiens hospitaliers ont plébiscité cette réforme à 10 jours de son entrée en vigueur

Selon cette loi, tout établissement public de santé qui versera aux médecins intérimaires des rémunérations supérieures au plafond légal, ne sera pas remboursé par le comptable public. Si l’hôpital public abuse de médecins intérimaires il devra alors payer de sa propre poche. Les praticiens hospitaliers ont plébiscité cette réforme à 10 jours de son entrée en vigueur. Sans ces intérimaires anesthésistes, urgentistes, cardiologues, l’hôpital ne peut pas fonctionner et comme il manque de personnel, c’est la loi du marché qui s’applique. Pierre Pribile, directeur de l’Agence régionale de santé de Bourgogne confie à nos confrères de Libération que : « quand vous êtes praticien hospitalier statutaire vous vous sentez comme le dindon de la farce, vous êtes moins payé que les intérimaires, vous avez plus d’astreintes et c’est à vous de faire tourner la boutique ». Ces mêmes médecins qui voulaient qu’on réduisent l’intérim redoutent désormais l’échéance du 27 octobre. Ils ont les deux pieds sur le frein, notamment dans les déserts médicaux et les hôpitaux de taille petite ou moyenne.

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Olivier Véran risque de décaler l’entrée en vigueur de cette loi

Ces médecins anticipent, en effet, le retrait de certains intérimaires qui renonceront à leur vacation si les tarifs baissent. Ce que ne dit pas l’article mais que rappelait Libération il y a 3 ans, c’est qu’outre ces intérimaires, l’hôpital public français à recours à des médecins étrangers qui eux sont sous-payés et sont également indispensables. En clair, l’hôpital public français peine à recruter des médecins. Les études de médecines, très sélectives, forcent les jeunes à partir étudier à l’étranger. Les médecins intérimaires passent alors pour des mercenaires tout simplement parce que l’hôpital public paye mal ses permanents. De plus, le recours à des médecins étrangers prive ces pays, souvent en voie de développement, de leurs compétences. Cette date butoir du 27 octobre risque d’être décalée par le ministre de la Santé, Olivier Véran car certains hôpitaux risquent de ne plus fonctionner si le couperet tombe aussi strictement dans 10 jours.

David Abiker

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