FMI : Kristalina Gueorguieva, la directrice générale, soupçonnée d’avoir cédé au lobbying chinois

World Bank Group/ Grant Ellis

Le FMI est ébranlé par une nouvelle crise. 10 ans après l’affaire du Sofitel, l’institution vient de vivre une deuxième réunion d’urgence en 48 heures. Kristalina Gueorguieva, la directrice générale du FMI, ancienne commissaire européenne, aux commandes du fonds depuis deux ans, aurait modifié les résultats d’un rapport de la Banque mondiale dont elle était la numéro deux en octobre 2017.

David Malpass, l’actuel patron de la Banque mondiale nommé par Donald Trump aurait intérêt à déstabiliser la directrice générale du FMI

Sous la pression des Chinois, un conseiller de Kristalina Georgevia aurait demandé aux service de la Banque Mondiale, publiant chaque année un palmarès sur le climat des affaires, d’améliorer le score de la Chine. Résultat, le pays qui cette année est classé 85ème remonte à la 78ème place. La n°2 de l’époque aurait également tancé un collaborateur pour sa mauvaise gestion du dossier chinois et se serait rendue elle-même au domicile d’un cadre pour récupérer une copie du fameux rapport et ce, en plein week-end. L’affaire secoue aujourd’hui la Banque mondiale et met en lumière non seulement le rôle trouble de madame Georgevia mais également le lobbying chinois, sa capacité à ébranler et influencer le fonctionnement des institutions internationales.

A lire aussi

 

Autre thèse, David Malpass, l’actuel patron de la Banque mondiale nommé par Donald Trump aurait intérêt à déstabiliser la directrice générale du FMI. C’est administration Biden qui décidera de son sort, les Etats-Unis sont les actionnaires majoritaires du FMI avec 16,5 % des droits de vote. La Chine en a 6 % et la France 4 %. Que dit cette affaire ? Que l’horizon chinois en matière d’influence et de puissance, c’est pas 2022, c’est pas 2027, c’est pas 2030 ou 2050. Non, l’horizon chinois pour peser sur les affaires du monde, c’est maintenant ! Et soyons honnêtes. Quant Trump lançait en 2016 sa riposte face l’agressivité économique chinoise, beaucoup d’observateurs le prenaient pour un boutefeu. La suite a montré qu’il avait fait le bon diagnostic.

David Abiker

 

Retrouvez la Revue de presse