Gilbert Rozon et Mike Ward devant la justice : fini de rire au Québec ?

Béatrice Noël/Wikimedia commons

Le monde se penche sur la crise québécoise de l’humour à Montréal. Non seulement la Covid 19 a vidé les salles de spectacle où se produisent les comiques, mais les conséquences du Metoo canadien, et plus récemment un débat de fond sur les limites de la moquerie ont provoqué ce que la journaliste Hélène Jouan appelle « la crise du rire ».

Gilbert Rozon a été acquitté le 15 décembre des accusations de viol et d’attentat à la pudeur

Le journal raconte la chute de Gilbert Rozon, empereur québécois de la blague, accusé de viol (et acquitté ndr), dont les faits remontent à 40 ans. L’affaire a secoué le monde du rire et du spectacle, mais le procès de Rozon, tout en faisant chuter le Rockfeller de l’humour, a rafraîchi l’ambiance à Montréal. Dans 15 jours on saura l’issue d’une autre affaire, quand un professionnel du rire, Mike Ward, s’est moqué dans un sketch d’un chanteur handicapé. Il a été condamné en appel à verser 35 000 dollars de dommages et intérêts au chanteur qu’il a imité et c’est la Cour suprême, devant laquelle l’affaire a été portée qui jugera si ce trait d’humour doit être ou pas sanctionné.

 

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Les humoristes québécois sont mobilisés, ils sont préoccupés par l’aseptisation de l’humour et sa judiciarisation. Un observateur de ce marché de la blague, explique ceci au Monde : « Nous sommes passés du respect des minorités au culte des minorités et d’une certaine façon cela nous muselle ». Mike Ward, qui attend le jugement de la Cour Suprême résume ce dilemme : « s’en prendre au plus faible, c’est un manque de respect, mais s’en prendre au plus fort, c’est un manque de jugement ».

David Abiker

 

 

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