Covid-19, le blues des députés : « Les débats portent sur des décisions prises ailleurs »

Coucouoeuf/Wikimedia commons

Les députés n’ont pas vraiment pas le moral en cette période de crise sanitaire, ils ont le sentiment de vivre en marge de ce moment politique inédit, nous raconte le Monde. « Les débats portent uniquement sur des décisions déjà prises ailleurs », s’insurge le député LR François Cornut Gentille.

Projet de loi sanitaire : 170 élus macronistes manquaient à l’appel

La crise se règle en vérité en Conseil de défense et la gestion est orchestrée par le tandem maire-préfet. « Aujourd’hui, quand vous arrivez à faire passer un amendement, c’est comme si vous aviez gagné la Coupe du Monde », ironise un parlementaire de la majorité. D’ailleurs, chez la République en Marche ça ne va pas fort non plus : c’est le « service minimum », nous dit à ce propos l’Opinion. Le quotidien cite un chiffre éloquent qui « pique un peu d’ailleurs » : les députés n’étaient que 100 dimanche soir à voter le projet de loi sanitaire. 100 députés, c’est 37% du groupe de la majorité présidentielle à l’Assemblée. 170 élus macronistes manquaient à l’appel : « Certains ont préféré rester chez eux, d’autres étaient déjà partis en vacances » raconte l’Opinion, peut-être parce qu’ils ne sont pas pris au sérieux, s’interroge le quotidien.

 

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Le Monde rappelle que 44 marcheurs ont quitté le groupe depuis 2017

L’Opinion qui assure que la dernier lien avec le président, c’était le 12 juillet dernier, pour l’allocution d’Emmanuel Macron. Les députés En Marche avaient été cordialement invités à suivre le discours à la télé depuis la salle des fêtes de l’Elysée. Les élus de la majorité n’ont pas le moral, peut-être aussi parce qu’ils ne peuvent plus rien dire, poursuit l’Opinion : pas question de remettre tout en cause, alors on s’exécute. Ça en dissuade beaucoup de continuer, Le Monde rappelle que 44 marcheurs ont quitté le groupe depuis 2017. Dans les Echos, Camille Chaussinand met en garde : les débats aujourd’hui ne sont pas au parlement, mais entre des politiques et les scientifiques sur les plateaux de télévision. Résultat le parti perd des députés, et la politique perd aussi des électeurs.

Marc Bourreau

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