Coronavirus : Ryanair veut baisser le salaire des pilotes, hôtesses et stewards pendant 5 ans

Ryanair demande à ses salariés de baisser leur salaire afin d’éviter les licenciements. En cette période de crise, la compagnie aérienne n’est pas la seule entreprise à avoir entamé des tractations avec ses syndicats. C’est aussi le cas de l’équipementier aéronautique Derichebourg ou du journal sportif L’Equipe.

Ryanair veut baisser les salaires des pilotes de 20% et des hôtesses et stewards de 10%, pendant 5 ans

Les accords de performance collective se multiplient en cette période de crise économique.  Le principe : assurer le maintien de l’emploi en échange d’une perte du 13ème mois, d’augmentation du temps de travail, du renoncement à certaines primes ou encore d’une baisse des rémunérations. Depuis 2017, entre 300 et 400 accords de ce type ont été signés en France. Une manière de flexibiliser le travail et surtout d’éviter un plan de sauvegarde de l’emploi souvent coûteux. Mais pour les salariés, c’est plutôt perçu comme une menace. Exemple avec Ryanair, dont les syndicats dénoncent un chantage aux licenciements.

 

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La direction table sur une baisse de 20% des salaires pour les pilotes, 10% pour les hôtesses et stewards avec une baisse du temps de travail. Le tout, pendant 5 ans. Sinon, c’est une cinquantaine de postes qui sera supprimée. « Il y a beaucoup de pression qui est mise sur les salariés et leurs représentants, déplore David Lafranchi, délégué central SNPNC-Force-ouvrière. On veut baisser les salaires d’employés payés 1.400 euros par mois ; des salaires déjà extrêmement bas. Notre choix, il est fait. On refuse de signer. Le rapport de force est déséquilibré en entreprise et ces accords se font souvent largement au détriment des salariés ».

 

 

 

Continental, Smart et Bosch avaient promis de préserver l’emploi contre des baisses de salaires sans tenir leurs engagements

Pour ce syndicaliste, dans le cas de Ryanair, la crise du coronavirus sert de prétexte. La compagnie ne se porte pas si mal. Les entreprises peuvent être tentées, reconnait Laurent Parras, avocat spécialiste du droit social. « Il peut tout à fait y avoir des effets d’aubaine pour des entreprises qui souhaitent d’abord améliorer leur rentabilité sociale et dans un deuxième temps, ne pas s’empêcher de quand même prononcer des licenciements »C’est justement l’autre inquiétude des syndicats, que les promesses ne soient pas tenues. Continental, Smart, Bosch… Ce type d’accords n’a pas empêché ces entreprises de licencier in fine. 

 

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« Il n’y a pas d’interdiction juridique de faire des licenciements postérieurement à ce type d’accord, précise Laurent Parras. On ne peut pas imposer des choses qui aillent à l’encontre du marché. Le chef d’entreprise pourra quand même licencier malgré son engagement de ne pas le faire, mais il devra assumer les conséquences de sa promesse non tenue. Concrètement aux prud’hommes, cela se traduit en dommages et intérêts »Pour cet avocat, les syndicats doivent surtout négocier une « clause de retour à meilleure fortune », qui permet de mettre un terme à l’accord de manière anticipée, si l’avenir de l’entreprise s’éclaircit.

 

Emilie Valès

 

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