Tirs policiers à Paris : « Jean-Luc Mélenchon a provoqué le débat qu’il souhaitait », selon Alain Bauer

ISA HARSIN/SIPA

Alain Bauer, professeur de criminologie et auteur de La criminologie pour les nuls (éditions First) était l’invité de Renaud Blanc ce mercredi 8 juin. Il est longuement revenu sur la polémique soulevée par Jean-Luc Mélenchon après des tirs policiers lors d’un refus d’obtempérer. Il insiste sur le fait que les exactions policières sont stables depuis plusieurs dizaines d’années.

4 ou 5 graves exactions de policiers chaque année depuis plusieurs dizaines d’années

« La police tue » : ces trois mots tweetés par Jean-Luc Mélenchon ont provoqué une vague de réactions, après des tirs policiers à Paris dans le 18ème arrondissement samedi, à la suite d’un refus d’obtempérer. Une passagère est décédée et le conducteur, placé en garde à vue, a été grièvement blessé. Ces propos du leader de la France Insoumise n’ont pas surpris Alain Bauer : « ce n’est pas la première fois qu’il dit ce genre de choses. Il est en campagne électorale et il a provoqué le débat qu’il souhaitait ». Le criminologue souligne que les observateurs les plus critiques envers la police, notamment l’Observatoire des violences policières et la Ligue des Droits de l’Homme constatent une stabilité, avec 4 ou 5 graves exactions tous les ans depuis plusieurs dizaines d’années. Il appelle à « relativiser les choses ».

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Alors qu’une loi de 2017 élargit la possibilité pour les policiers de faire feu en cas de refus d’obtempérer, Alain Bauer explique qu’auparavant, « ils utilisaient moins les armes à feu, mais en situation de danger, [sortaient davantage] les gaz lacrymogènes ou le LBD ». Or, « dans la quasi-totalité des affaires de violences impliquant des policiers, on parle des Lanceurs de Balles de Défense », utilisés par des gens « inexpérimentés, peu formés et peu compétents ». Il y voit la conséquence de la réduction des effectifs policiers compétents pour « mettre n’importe qui en fonction des besoins, et [le recours] aux réserves en cas d’évènements ». Alain Bauer tient aussi à mettre en perspective ces refus d’obtempérer : « ça n’a pas un côté gaulois, pour éviter d’obéir aux ordres ! Chaque policier s’imagine qu’il va être traîné sur 50 mètres, roulé dessus ou tiré dessus, comme cela s’est produit par le passé ». Il explique aussi que « contrairement à une idée répandue, on n’arrête pas une voiture en tirant dans les pneus, en raison de l’augmentation des qualités techniques des véhicules ».

Béatrice Mouedine

 

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