La revue de presse… Le phénomène « Je note, tu notes, nous trinquons »…
Je note mon chauffeur de VTC, l’opérateur téléphonique d’un site de vente, le service et la table d’un restaurant, je note mon livreur… je suis, je suis… un consommateur !
Le système se généralise… Logique : ça fait partie de la relation-clients… Mais attention, met en garde Libération : je note, tu notes, nous trinquons, nous les employés sous pression, à la rémunération indexée parfois sur les like et les étoiles…
Mais la presse elle-même aime mettre des notes !
Avec effet couperet.
Je note les politiques (à chaque page)…
Je note la ministre de la Culture : « Elle rame ! » Savez-vous ce que veut dire « faire une Nyssen, demande Le Monde ? « Etre évasif, enfiler les perles et les généralités. Mais aussi ne pas savoir synthétiser ni porter un discours clair… »
Pas d’acte fort, pas d’allure à l’oral : on imagine la note que Le Monde inflige à la ministre de la Culture…
Laurent Wauquiez : très mal noté ces derniers jours par la presse pour ses critiques contre « la naïveté » du pouvoir face au terrorisme.
Les journaux lui ont attribué un 0 pointé !
Le patron de LR est aussi très mal jugé par les Français selon le sondage Odoxa pour Le Figaro : près de 6 Français sur 10 pensent qu’il a eu tort de critiquer Emmanuel Macron après les attentats. Mais une majorité de Français mettent une très bonne note à ses propositions : 87% plaident pour un placement en rétention administrative des fichés S jugés les plus dangereux, 83% sont pour l’expulsion des étrangers fichés S, 88% des Français seraient même favorables à la proposition de Manuel Valls d’interdire le salafisme dans notre pays, même si ça paraît difficile voire impossible à appliquer…
Ce pourcentage risque encore de grimper à la lecture de La Provence qui montre à quel point le salafisme prend racine dans la région…
25% des fidèles se rendant régulièrement à la prière du vendredi fréquentent des mosquées salafistes, selon une note blanche du Renseignement.
Double page alarmante de La Provence titrée : « Dans la région, les salafistes croquent des parts de marché » (par le biais de sortes « de coups d’Etat dans certaines mosquées », dénoncent les responsables du Conseil régional du culte musulman qui rapportent des discours de haine contre la société française. Les musulmans du CRCM réclament un contrôle des imams qui s’installent)
Plus d’une quinzaine de mosquées sont étiquetées salafistes à Marseille (le journal publie la carte sans trop de précisions pour ne pas enrayer le travail des services de renseignement)
A relever à propos de Marseille, la crainte de L’Humanité d’un Big brother sur la canebière ! Le projet big data de la tranquillité publique mis en place par la municipalité vise à prévenir les faits de délinquance (en collectant une somme de données publiques et privées). Pour le journal communiste, « Gaudin veut projeter Marseille dans l’hypersurveillance »…
Autre sujet : je note, tu notes… les lycéens !
C’est le principe du nouveau système Parcoursup, pour sélectionner (le mot n’est pas utilisé) les étudiants, mais à Lille, rapporte La Voix du Nord, des enseignants refusent de participer aux commissions de classements des lycéens…
Quelle alternative dans ce cas ? « Faire faire le classement par des machines ? s’interroge le journal. Ce serait le pire, mais ce n’est pas exclu ! »
Libération, qu’on ne peut pas soupçonner de ne pas épouser la cause des étudiants, avance que la mobilisation ne prend guère dans la majorité des facs !
Mais les autres journaux mettent en avant la radicalisation à l’œuvre dans les universités bloquées à Montpellier, Toulouse, Bordeaux, Paris (Tolbiac) : facs sous tensions, ambiance électrique rapportent Le Figaro, Le Parisien… Une quinzaine d’établissements sont paralysés au total, précise Le Monde… Essentiellement les facs de sciences humaines et sociales. Sud Ouest donne la parole aux étudiants non grévistes de la fac La Victoire en plein centre de Bordeaux (ils se disent largement majoritaires mais réduits au silence, parfois violemment, dans les AG) et aux grévistes comme Emile, en 3ème année de sociologie qui déclare : « L’une des choses que j’aime dans cette expérience est que notre rapport au temps est dilaté, en rupture avec la suractivité quotidienne ».
Marie, étudiante en anthropologie, explique : « Nos journées sont à la fois lentes et pleines. Il faut organiser toute notre vie collective. Et nous proposons des débats, des conférences. Ces derniers jours sur la Commune, sur l’antispécisme, sur Mai-68… »
Sinon, les partiels c’est dans 4 semaines…
On pense à nouveau à la manchette de Libération sur un autre sujet : je note, tu notes, nous trinquons…
Michel Grossiord