La Revue de Presse du jour – 30/03/2017

La revue de presse… sur un air d’opéra ?

La trahison, avec ou sans coup de poignard final… Le lien est tout trouvé entre le duo Valls-Hamon qui tient l’affiche… et les plus opéras… Le choix est immense (Macbeth, Madame Butterfly…) mais pourquoi pas Otello de Verdi ? Orror, orror…
Suicide ou dans le cas d’actualité qui nous occupe meurtre politique à l’arme blanche, le coup de poignard final évoqué par Benoît Hamon lui-même?
Jamais la thématique de la « trahison » n’avait à ce point inspiré les commentaires le plus souvent indignés !
La palme revient à Libération qui dépeint Manuel Valls en « Monsieur Déloyal », renégat qui renie, écrit Laurent Joffrin, le papier qu’il avait signé pour affirmer qu’il se soumettrait à la discipline élémentaire de la primaire…
« Valls, le pivot devenu girouette ». Même si Benoît Hamon n’est pas totalement épargné par le commentaire : « A force de dénoncer les trahisons du hollandisme, allant jusqu’à voter une motion de censure contre son propre gouvernement, Hamon a de toute évidence encouragé les vocations… »

Finalement, la question est « Qui a trahi qui ? »

La question est posée en ces termes par Cécile Cornudet des Echos.
Qui a trahi l’autre : celui qui frondait ou celui qui désormais fronde ?
Qui incarne le vrai PS ?
Manuel Valls n’a pas trahi sa conviction profonde, relève La Voix du Nord : il y a bien deux gauches irréconciliables…
Et Benoît Hamon, a-t-il trahi le PS tel que l’avait construit François Mitterrand, un parti de gouvernement ? s’interroge Le Journal de la Haute-Marne…
La trahison est-elle consubstantielle à la politique ? La trahison de ses promesses a déjà été dépeinte en politique comme une qualité… ce que rappelle Franz-Olivier Giesbert dans Le Point…

L’Histoire (avec un grand H) est en effet semée de trahisons…

De Gaulle a excellé dans le genre… sur l’Algérie française.
Mitterrand a aussi trahi dans l’intérêt général avec le tournant de la rigueur en 1983…
En Allemagne, Gerhard Schröder a lui lancé la série de réformes (non prévues à son programme) qui allaient permettre le redressement de son pays…
FOG se fait mordant : « Traître est le mot stalinien par excellence… ». L’éditorialiste du Point invite donc Benoît Hamon à ne pas utiliser à tout bout de champ cette insulte qui a permis à Béria et aux commissaires politiques soviétiques d’envoyer des millions de personnes à la mort…
La référence historique est violente… et pèse de tout son poids… alors qu’une partie de la presse considère que le problème est moins l’infidélité (pour ne pas dire trahison) de Manuel Valls que Benoît Hamon qui a raté sa campagne…

Une autre question se pose sur la « trahison » Macron-Hollande…

Souvenez-vous : on avait évoqué Brutus…
En fait, et c’est la thèse développée par Le Figaro, il s’agirait plus avec le recul d’un tour de magie que d’une trahison…
Le tour de magie est en train d’être exécuté sous nos yeux, écrit Paul-Henri du Limbert… « Emmanuel Macron était hollandais en début de quinquennat… François Hollande devient macroniste à la fin ».
Les macronistes montent au créneau contre cette vision, ainsi Richard Ferrand, secrétaire général d’En Marche récuse dans L’Opinion l’idée qu’il est de plus en plus difficile pour Emmanuel Macron de ne pas apparaître comme l’héritier de François Hollande maintenant que Manuel Valls appelle à voter pour lui…

Un ex-futur candidat revient dans la presse…

Nicolas Hulot en vedette dans Society…
L’écolo est toujours dans le doute… Il a renoncé à se présenter l’été dernier, mais depuis il se demande s’il a bien fait… Peut-être que 6 mois de plus l’auraient fait changer d’avis, explique-t-il, même s’il était tétanisé par… l’idée d’arriver au second tour !
« Ce n’était pas totalement exclu. Est-ce que j’étais à la hauteur ? J’ai jugé que non ».
Voilà, Nicolas Hulot n’a pas le fantasme d’être un homme politique, pour gouverner (il le dit) il faut être une bête de foire, avoir un cynisme absolu….
Pas son genre… Même si Society lui demande à la fin s’il est à l’aise avec les entreprises qui financent sa fondation, notamment EDF.
« Ils n’ont certes pas beaucoup évolué sur le nucléaire », reconnait Nicolas Hulo, mais « je pense que c’est beaucoup plus fort quand je dis que je suis contre le nucléaire en ayant un mécénat avec EDF »…
C’est un concept, qui n’a rien à voir avec le cynisme absolu qu’il impute aux politiques…

Pour conclure, un peu de profondeur idéologique, je vous ai apporté L’Obs, avec sa couverture inspiré par Nous deux… la bible du roman photo sentimental…
Emmanuel et Brigitte, François et Pénélope, Marine et Louis… Couples en campagne pour le meilleur et pour le pire… Un peu de profondeur idéologique… même s’il y a aussi Manuel Valls à l’intérieur qui défend l’idée d’un pacte national…

Michel Grossiord