La revue de presse… Les journaux parlent de la « bataille » ou de la « guerre » de la Somme… Et désignent un vainqueur chez les belligérants !
Avantage Macron, pour la presse ce matin… mais est-ce que ce sera l’avis des électeurs ?
Marine Le Pen a réalisé un « bon coup médiatique » en se rendant à l’usine Whirlpool d’Amiens : tout le monde s’accorde là-dessus…
Mais le candidat d’En Marche ! a su répliquer du tac au tac… en « descendant dans l’arêne ».
Les ouvriers d’Amiens n’ont certes pas été convaincus à l’issue de leur long dialogue, mais peut-être que les électeurs d’Emmanuel Macron, désarçonnés par sa drôle de campagne depuis dimanche, auront-ils été rassurés. C’est le jugement général.
Le chassé-croisé mouvementé à Amiens (selon la lecture qu’en font Les Dernières nouvelles d’Alsace et qui résume bien le jugement général), peut séduire les fans les plus durs de Marine Le Pen (et des indécis), mais aussi souder autour d’Emmanuel Macron ceux qui refusent qu’un vote protestataire fasse basculer l’avenir du pays…
Le piège tendu à Emmanuel Macron révèle la stratégie de Marine Le Pen : faire du Chirac !
Du Chirac de 1995, quand il avait imposé la fracture sociale comme thème dominant de l’entre-deux tours…
Emmanuel Macron, lui a fait deux jours durant du Balladur, donnant l’impression que tout était joué, qu’il n’avait plus à se battre…
C’est l’analyse de Françoise Fressoz dans Le Monde : on s’attendait à revivre 2002, avec la constitution d’un front républicain contre le danger de l’extrême-droite, et c’est 1995 qui refait surface.
La référence à 1995 et à Edouard Balladur souligne le danger couru par Emmanuel Macron qui a décidé de se réveiller, comme hier soir à Arras où La Voix du Nord l’a vu « se remettre en marche » (c’est sa manchette) lors de son meeting prononçant des mots de guerre contre Marine Le Pen…
Mais nous ne sommes plus en 2002 donc : le combat ne se joue plus gauche contre droite, ni partis républicains contre extrême droite, mais France ouverte contre France fermée, libéralisme contre protectionnisme, intégration européenne contre repli national…
Voilà qui expliquerait pourquoi l’accession de Marine Le Pen au second tour n’ait pas provoqué d’électrochoc…
La Croix, qui se demande à son tour pourquoi le Front national ne mobilise plus contre lui, ajoute d’autres raisons : le FN a cherché à s’extraire de son enracinement à l’extrême-droite, des digues ont cédé à droite, les évêques sont devenus prudents pour ne pas heurter l’électorat catholique qui a glissé à droite… L’attitude de Jean-Luc Mélenchon qui refuse de dire quel est son choix personnel fragilise aussi le Front anti-Le Pen, souligne La Croix qui rappelle que le candidat de la France insoumise est arrivé en tête chez les 18-25 ans…
Jean-Luc Mélenchon qualifié par Le Parisien sur toute la largeur de sa Une d’ « apprenti-sorcier ».
« En désertant brutalement le jeu démocratique, il crée un appel d’air inespéré pour Marine Le Pen », écrit Le Parisien…
Son silence est écrasant pour Libération… atterrant pour Les Echos qui publient sur sa dernière page un portrait de… Christian Estrosi.
Marine Le Pen sera dans sa ville aujourd’hui, Nice. Elle présente d’ailleurs son « projet pour la France » dans Nice Matin.
Christian Estrosi a appelé à voter Macron… « On l’avait casé dans les RPR purs et durs, on l’avait accusé d’avoir la vue basse, mais il voit clair, il n’aime pas Sens commun il a du bon sens. On le découvre à la hauteur de la situation, ce n’est pas le cas de tous, n’est-ce pas Jean-Luc ? », lit-on dans ce portrait de dernière page des Echos… journal qui par ailleurs s’attaque avec force à la démagogie-spectacle de Marine Le Pen à Amiens où, je cite, le fossé entre la raison et le populisme est apparu béant »…
C’est aussi l’angle d’attaque du Figaro…
Edito titré « Regardons la réalité en face ! »
« Elle est implacable, écrit Gaëtan de Capèle, et elle est implacable : le chômage de masse est une singularité française qui n’affecte pas les pays comparables aux nôtres : malgré le retour de la croissance, la baisse des taux d’intérêt, la chute de l’euro et des prix du pétrole, le nombre de chômeurs a bondi chez nous de 20% en 5 ans quand il diminuait d’autant en Europe.
A qui fera-t-on croire que la mondialisation, tel le nuage de Tchernobyl, affecterait la seule France en épargnant ses voisins ?
Pour l’éditorialiste du Figaro, taxer les produits étrangers, interdire les délocalisations sont des attrape-nigauds…
De la première page du Figaro à la dernière de Libération… On change de sujet…
Portrait de l’ex top model anglaise Naomi Campbell qui se mobilise pour la cause des enfants réfugiés…
La journaliste avait été prévenue que la top de 46 ans pouvait être… violente. Elle a été accusée d’avoir agressé une femme de ménage, son assistante personnelle, deux policiers, un chauffeur de taxi, un paparazzo ». La séance photo s’est mal passée : elle a arrêté 3 fois le shooting, boudant, envoyant des textos, maugréant : « No… no no no no no no no… Montre-moi la photo. Arrêtez ! Stop ! Je ne veux pas poser, je veux être naturelle. Je ne ferai pas cette photo avec cette photo avec photographe. No… no no no no non. On arrête, stop. »
Finalement il a fallu que 10 personnes de l’entourage de la star disent d’une voix douce Smile pour que le cliché se fasse…
En couleurs, prenant la pause ou pas, elle est toujours aussi belle.
Michel Grossiord