La revue de presse… L’étincelle aura-t-elle lieu ?
L’étincelle sociale, redoutée ou espérée…
L’étincelle, « ce petit éclat qui risque à tout instant d’embraser un conflit social d’envergure » (définition de Nicolas Beytout dans L’Opinion, pour qui, en l’état des forces en présence, le pari d’Emmanuel Macron pour la SNCF semble jouable)
L’étincelle, c’est Jean-Luc Mélenchon qui la guette, l’espère… « Comme souvent, avance le leader de la France insoumise, on ne s’y attend pas. Quelque chose d’imprévu peut cristalliser la colère dans une société en état si critique… Un événement fortuit peut provoquer une avalanche »…
A se demander si Jean-Luc Mélenchon ne va pas allumer un cierge à La Bonne mère pour voir jaillir cette étincelle !…
Allumer un cierge ?! Ca n’est pas vraiment sa croyance…
Ecoutez, il déclare dans La Provence, que la « foi » compte dans l’engagement, par exemple auprès des réfugiés : « La foi (comme l’humanisme, la philosophie, impose l’accueil »…
On lit longuement Jean-Luc Mélenchon dans La Provence, journal plutôt très bienveillant pour le député de Marseille… Ce n’est pas à La Provence que Jean-Luc Mélenchon adressera le même reproche qu’à l’ensemble de la presse, qu’il accuse sur son blog d’être, je cite, « la première ennemie de la liberté d’expression ».
Tirade étonnante dans son non moins surprenant soutien à… Laurent Wauquiez qu’il congratule pour avoir maintenu ses propos tenus face aux étudiants en commerce de Lyon (devant « la pauvre cloche de journaliste à la manœuvre ») !
Des propos qu’Alain Juppé n’a guère goûtés, c’est la manchette de Sud-Ouest : « Juppé règle ses comptes avec Wauquiez ». Le maire de Bordeaux a dénoncé la vulgarité de Wauquiez et déploré un épisode « minable de politique politicienne »
Alain Juppé, il en est aussi question dans la presse, mais il s’agit du Juppé 1995 !
Le souvenir d’une « malédiction », comme dit Le Monde, quand Alain Juppé, avançant lui aussi sabre au clair, s’était abîmé sur les grandes grèves à la SNCF…
Cette malédiction peut-elle frapper à nouveau ?
Mélenchon l’espère, L’Humanité aussi, L’Huma qui dénonce le traitement de choc du pouvoir, et va jusqu’à mentionner dans son éditorial que ce pour est « entré par effraction à l’Elysée » !
Mais le reste de la presse trouve la situation bien différente qu’en 1995 : la France de 2018 n’est plus la même. Le pari du pouvoir semble raisonnable, Les Dernières nouvelles d’Alsace ou La Presse de la Manche relevant que les wagons les plus embarrassants ont été laissés à quai : le sort des petites lignes, la question de la dette abyssale de la SNCF, les régimes spéciaux des retraites…
Reste tout de même la question du statut des cheminots !
Ce statut est-il synonyme de privilèges ? La Voix du Nord relativise, mais Les Dernières nouvelles d’Alsace voient ce statut comme un répertoire de gratifications, allocations, indemnités et primes spécifiques qui s’étale sur plus de 10 pages !
Sud-Ouest doute que les cheminots actuels, dont le statut n’est pas remis en cause, soient prêts à perdre des journées voire des semaines de salaires pour leurs successeurs, les futurs entrants.
Les Echos expliquent que déboulonner ce statut permettrait d’endiguer la masse salariale de la SNCF (2% de hausse systématique par an pour ancienneté).
Dans Les Echos, une charge inhabituelle du secrétaire générale de la CFDT…
Laurent Berger met en garde le pouvoir : Attention au chamboule-tout décidé dans la précipitation. Attention à ne pas oublier la question sociale…
« Si le gouvernement donne le sentiment qu’il se précipite, ça se passera mal ».
« Si on nous piétine, il ne faudra pas ensuite venir nous chercher pour éteindre l’incendie ».
Laurent Berger ne laissera « personne cracher à la figure des cheminots, pareil pour les fonctionnaires ». Et il fustige la méthode Macron : c’est, dénonce-t-il, « Vous discutez et je tranche »…
Emmanuel Macron, qui baisse dans les sondages d’opinion, moins 6 (comme Edouard Philippe, moins 7), d’après un nouveau baromètre publié par la presse régionale, a fait un calcul, selon un proche du pouvoir cité par Le Monde. « Il fait le calcul à la SNCF qu’il y aura sans doute une réaction corporatiste, mais qu’elle ne s’agrégera pas avec d’autres contestations » (il ne croit pas à l’étincelle donc).
Ce proche ajoute : « Macron veut qu’on lui accroche une médaille du réformateur. Il y tient, c’est son identité. Pour lui, le pire serait d’être immobile »
Une médaille comme au patinage artistique, car on pourrait reprendre l’analogie de Nicolas Sarkozy : « En patinage artistique, il y a la difficulté de la figure mais il y a aussi la rapidité d’exécution », répétait en son temps l’ancien chef de l’Etat qui lui aussi en son temps avait tenté de lancer beaucoup de réformes simultanément…
Réformes, chaud devant, résume Le Parisien…
Froid devant nous, c’est l’autre actualité à la Une… Le froid polaire… Le froid glacial…
On pense aux travailleurs dehors, aux cheminots tiens sur les rails…
On pense aux SDF… Nord Littoral titre « Un peu de chaleur en ce grand froid » Reportage sur l’aide apportée aux sans-abris…
Le plan grand froid est activé sur les trois quarts de la France…
Etonnant : songez à protéger votre smartphone, qui s’éteint sous zéro degré !
Ecran qui se fige, scintillements, pages moins fluides, écran qui ne répond pas au doigt. Extinction sous moins 10 degrés.
Explications du Monde : le logiciel arrête tout en constatant un problème de batterie… Le grand froid ralentit la circulation des électrons dans la batterie.
Le smartphone se coupe donc par prudence… Conseils : utilisez le kit-mains libres, et glissez votre smartphone dans votre poche intérieure, près du cœur !
Michel Grossiord