La revue de presse… Drogue à la une… mais laquelle ? il faut bien choisir…
Bis repetita… Le sujet est grave… Libération reprend à la Une 2 chiffres et 3 lettres déjà mis en avant l’autre semaine par Le Parisien : en l’espace de quelques mois, 10 personnes à Paris sont tombées dans le coma (une est morte) à cause du GBL, un solvant détourné comme drogue…
Le GBL, fluide glaçant… « Bon marché, récréatif, désinhibant »… On peut se le procurer facilement, il s’est répandu en peu de temps dans le monde de la nuit…
Autre drogue à la Une de La Provence… autres drogues au pluriel puisque le journal de Marseille passe en revue -je cite- les opiacés et autres dérivés de synthèse, le tabac, l’alcool… « Les addictions sont légion… Elles ne vous concernent pas ? Pas sûr… » lance le journal de Marseille qui, vous allez comprendre, évoque les dépendances sans substances chimiques qui nous guettent, et ont déjà atteint les Marseillais…
Le foot !
Le foot. « Ce soir y’a l’OM ! »
Débat antique : « Cette aliénation collective pour 11 gladiateurs des temps modernes tire vers le bas », disent certains… Mais les Marseillais se moquent éperdument de ce débat… peut-on lire sur la première page.
Ce soir y’a l’OM, et ce matin, y’a un numéro de La Provence pour faire monter un peu plus (si c’est possible) la pression à quelques heures de la demi-finale aller de la Ligue Europa face à Salzbourg (Bernard Tapie y croit !)
L’Equipe voit Marseille en fusion avec ses 63.000 supporters au Vélodrome (Bienvenue en enfer, prévient La Provence), un stade prêt à rallumer le feu, comme le dit Le Figaro qui dépeint ainsi le lieu, « un stade qui quand il se met à rugir à plein régime est capable de vous donner des frissons, vous faire dresser les poils. Une enceinte apte, quand elle conspue, à faire naître en vous des symptômes semblables à ceux des acouphènes. Un bourdonnement. Des sifflements. Ô combien désagréables. Mais… les joueurs sont galvanisés !
On baisse d’un ton… pour évoquer d’autres sujets de l’actualité ?
Le chômage… Une baisse franche qui tarde à venir, souligne l’ensemble de la presse… L’embellie est encore trop timide… La convalescence de la France est loin d’être achevée… Le verre à moitié plein est aussi à moitié vide… Une publication mi-figue mi-raisin de Pôle emploi…
Macron aux Etats-Unis… Le Congrès n’a pas pris l’allure du Vélodrome un soir de foot, mais le président français a été interrompu 45 fois par des applaudissements.
« Macron s’est offert au Capitole la plus prestigieuse des tribunes », observe Le Figaro. « Dans son discours ponctué d’ovations debout, il s’est présenté en incarnation d’un libéralisme éclairé, en chantre d’un nouveau multilatéralisme, en anti-modèle de Donald Trump ».
Une petite vengeance ? Car la presse américaine a beaucoup analysé la gestuelle des deux hommes, comparée par le Washington Post à une « compétition pour la domination de l’alpha-mâle »…
Leurs câlins et embrassades disaient donc tout autre chose qu’une amitié ?
On a parlé de « bromance », brother et romance…
Deux jours durant, l’Amérique prude s’est étonnée de ces mamours (comme dit Le Républicain lorrain) interminables poignées de main, des « enlaçades », baisers appuyés et effusions en tous genres, parfois dérangeantes…
Le plus embarrassant fut l’épisode stupéfiant des pellicules… Donald Trump époussette soudain le revers du col de son invité…
« Cela relève du toilettage chez les primates », a noté une experte dans le body language dans le Washington Post. Pour Trump, ce geste signifiait : « Nous avons une relation intime, mais je suis le gorille alpha. Je vais donc t’épouiller. Et je vais en même temps te critiquer en remarquant que tu as des pellicules. Et je vais le faire devant le monde entier pour voir comment tu t’en sors »…
Nombre d’éditorialistes américains notent que le président français a dû surmonter en fait son dégoût et son mépris… pour tenter (ce qui n’est pas le cas sur l’Iran et autres sujets) de cocher les cases de son improbable wish list…
Dans l’actualité encore, la détermination de Jean-Michel Blanquer…
Le B. A. BA de retour au primaire, annonce Le Parisien… Le ministre de l’Education nationale impose une série de règles aux maîtres des écoles primaires : 15 minutes d’écriture par jour, une dictée quotidienne, la méthode syllabique pour apprendre à lire, 15 minutes de calcul mental par jour, apprendre la table des additions par cœur…
« La liberté pédagogique n’est pas l’anarchisme », avance le ministre…
Le Parisien soutient ces mesures visant à permettre aux élèves d’acquérir les fondamentaux, ça n’est pas un retour en arrière… Dossier illustré par Ranson :
-Nous allons apprendre aux élèves à lire ! dit le ministre.
Deux quidams l’écoutent, l’un disant à l’autre : Après la loi asile immigration, tu vois bien que ce gouvernement est de droite…
Enfin, les fake news à la Une…
Contrôler les fake news, mission impossible ? demande L’Opinion.
La Commission européenne présente une recommandation aujourd’hui, texte jugé trop mou par Paris..
Un cas d’école : la fausse rumeur de l’étudiant de Tolbiac dans le coma qui continue d’alimenter la polémique… Le Média TV, proche des Insoumis, a propagé cette rumeur (démentie pourtant avec force de diverses sources officielles) avec des témoignages qui se sont révélés faux, l’œuvre de militants… La palme revient à Gérard Miller, cofondateur du Média, qui a estimé que sur le fond, c’est la violence policière que les étudiants ont traduit à leur façon…
Remarquable innovation journalistique…
Tant pis pour la vérité donc… La presse dite mainstream par Le Média, est unanime… jusqu’à Libération qui ironise : curieux que Le Média qui se voulait alternatif produit une « vérité alternative », comme dirait Donald Trump !
Michel Grossiord