La Revue de Presse du jour – 26/03/2018

La revue de presse… où s’exprime l’admiration pour « un héros français »…

Parmi les 4 victimes du terroriste à Carcassonne et Trèbes, il y a le passager d’une voiture, Jean Mazières (un viticulteur à la retraite), deux personnes qui se trouvaient au supermarché (le boucher Christian Medves et un client, ancien maçon, Hervé Sosna).. Et donc le lieutenant-colonel Arnaud Beltrame qui a consenti le sacrifice ultime…
Une attitude qui force l’admiration et inspirent quelques grandes plumes…
« Le don de soi dont cet officier a donné un exemple éclatant contrarie les valeurs d’une société de consommation où rien n’est gratuit, tout est à vendre », écrit Sébastien Lapaque dans Le Figaro… qui poursuit : « Les galons qu’Arnaud Beltrame portait sur les épaules ne lui ouvraient pas droit à des privilèges, ils le chargeaient de lourds devoirs qu’il a assumés… Hardiesse presque incongrue dans une époque où plus les cancres carriéristes montent dans la hiérarchie, plus ils se déchargent aisément sur les autres : cette fois-ci, c’est le chef qui s’est exposé. »
Pour le journaliste et critique au Figaro littéraire, le sacrifice gratuit d’Arnaud Beltrame est étranger aux besoins et aux besognes de la « start-up nation »…

Mais Emmanuel Macron a dès l’origine remis « l’héroïsme » au cœur de son discours politique !

Oui, c’est ce que rappelle Cécile Cornudet dans Les Echos : il a toujours voulu chercher et mettre en avant des figures emblématiques…
Quel message est celui du lieutenant-colonel Beltrame ?
C’est, écrit notre consoeur, « la figure de la réconciliation dans un pays fracturé ». « Désintéressé, généreux à l’extrême quand les calculs l’emportent ». « Figure de vie quand le pays n’en finit plus avec ceux qui veulent sa mort ».
« En un geste, Arnaud Beltrame a répondu à tous nos maux ».
Et, complète le philosophe François-Xavier Bellamy dans Le Figaro, il a remporté une victoire absolue contre la haine islamiste dont le but est d’arracher des vies pour créer la peur et préparer la soumission : « mais on ne prend rien à celui qui donne tout… »

Il est donc le « visage de l’héroïsme », un hommage national lui sera rendu…

Son geste magnifique, on le croyait réservé aux temps anciens… Pour l’éditorialiste du Figaro, Etienne de Montety, cet acte qui a consisté à offrir sa vie pour autrui évoque celui de Maximilien Kolbe, ce prêtre polonais qui avait pris à Auschwitz la place d’un déporté, condamné à mort par les nazis…
L’officier Beltrame était chrétien… Son sacrifice, en patriote, en homme de cœur, s’explique aussi en raison de sa foi, avance le père Jean-Baptiste, chanoine de l’abbaye de Lagrasse, dans l’Aude, cité par La Croix.
Le militaire était revenu à la foi chrétienne à 33 ans.
Mais l’héroïsme, qui doit inspirer les jeunes de banlieue pour qu’ils ne se réfèrent plus (dans le pire des cas) aux vidéos de propagande de Daech (comme le souhaitait Emmanuel Macron dans sa grande interview au Point), l’héroïsme ne peut pas être la seule réponse pour une grande partie de la presse…

La presse qui pose aussi quelques questions…

« Le recueillement et les questions », titre La Dépêche du Midi ;
Double page de Sud-Ouest sur l’efficacité des fichiers.
Et cette manchette de L’Opinion : Radicalisation, la doctrine Macron mise à l’épreuve…
La doctrine Macron : pas la seule idée du recours à l’héroïsme… Mais l’idée que l’on combat l’islamisme avec des réponses uniquement militaires et économiques… Faut-il aussi mener une guerre politique et idéologique ?
C’est ce que pense Le Figaro qui appelle à la fin de certains tabous et dénis sur le communautarisme conquérant qui gangrène de plus en plus de quartiers…
Le Journal de la Haute-Marne dit toujours attendre le grand discours du chef de l’Etat sur la laïcité…

Vous avez cité les noms des victimes du terroriste, un journal préfère passer sous silence un nom, celui de l’auteur de tweets haineux…

Un ex-candidat insoumis aux législatives qui a franchi toutes les bornes : haine, violence, ignominie… paroles abjectes « venues comme tuer une deuxième fois le lieutenant-colonel Beltrame », écrit Olivier Auguste à la Une de L’Opinion.
L’homme, gardé à vue pour apologie du terrorisme, a été désavoué par La France insoumise, mais pour l’éditorialiste de L’Opinion, « cette prise de distance serait plus crédible si Jean-Luc Mélenchon ne s’était lui-même laissé aller, notamment, à présenter lors d’un meeting de sa campagne présidentielle l’ex-ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, comme ‘le gars qui s’est occupé de l’assassinat de Rémi Fraisse (le militant écologiste mort à Sivens)’ et ‘qui a fait gazer toutes les manifestations ».

Parmi les autres sujets de Une ce matin ?

Le Parisien sur la bataille de Paris lancée : municipales 2020, Anne Hidalgo loin d’être favorite… Mais quelle stratégie adoptera Emmanuel Macron ?
L’Equipe sur… les violences conjugales… Avec un témoignage terrible d’une ex-compagne d’un footballeur professionnel, dont le nom n’est pas donné. « Ce n’était pas des petites gifles, mais des coups de poing dans le ventre, sur le visage, partout… »
Pendant deux ans, « Miriam » a été si régulièrement et si violemment frappée par son compagnon, qu’elle aurait pu en mourir. Un témoignage glaçant, alors que les cas médiatisés de violences conjugales se multiplient dans le football.
Les centres de formation, huis clos ultra masculin, où les jeunes entrent dès l’âge de 12 ou 13 ans, peuvent participer à leur relation parfois brutale aux femmes, estime le référent de l’Etat dans les violences conjugales du Pas de Calais. En d’autres termes, l’environnement hyper masculin des jeunes footballeurs peut les conditionner… souligne L’Equipe… qui bien sûr, et son numéro du jour en atteste, ne pense pas une seconde que cet environnement peut les excuser… Mais même les expliquer, on peut à mon avis s’interroger…

Michel Grossiord