La Revue de Presse du jour – 25/04/2017

La revue de presse… Notre contribution à l’hommage rendu aujourd’hui au policier abattu sur les Champs-Elysées…

Xavier Jugelé avait 37 ans. Tué jeudi soir sur les Champs Elysées, c’était un policier apprécié. Une « belle personne », selon ses proches.
Un hommage national lui est donc rendu ce matin.
Le Monde publie aussi sa photo, en uniforme, avec un béret… Pour dire « non » au terrorisme, « je veux célébrer la vie », avait-il lancé ce soir-là, le trentenaire s’était rendu au Bataclan pour la réouverture avec le concert de Sting… « Nous sommes ici pour défendre nos valeurs », une autre de ses déclarations ce soir-là à la BBC (car il parlait un excellent anglais)
Xavier Jugelé était enthousiaste, proche des gens, volontaire, a déclaré à l’AFP le président de Flag !, l’association des policiers gays dont le brigadier était adhérant…
Xavier Jugelé a été abattu de deux balles tirées dans la tête…

Le chef du car de police stationné sur les Champs Elysées témoigne dans Le Parisien…

« J’espère que Xavier n’a pas souffert », déclare ce brigadier. Tout est allé très vite, sans doute n’a-t-il pas réalisé…
Le chef du car de la police raconte l’intensité des coups de feu échangés. Lui-même fut blessé lors des manifestations contre la loi Travail en juin 2016, quand sa compagnie était intervenue pour protéger l’hôpital Necker. Il expose sa vocation : « Nous vivons un moment charnière, une période très instable. Nous sommes là pour protéger et servir cette France que l’on aime, pour que les Français vivent en paix. Les terroristes n’atteindront pas notre moral. Chacun d’entre nous représente une petite brique face au terrorisme ».
Voilà ce que déclare au Parisien Victor, 44 ans, qui a vidé jeudi soir son chargeur sur l’assaillant…

Jeudi soir, tout près des Champs Elysées, des mélomanes ont partagé un moment d’émotion improvisé…

Un concert était donné au Théâtre des Champs Elysées, avec l’Orchestre de chambre de Paris et le pianiste François-Frédéric Guy.
Derniers applaudissements. Soudain, un responsable administratif prend le micro. La préfecture de police ordonne au théâtre de confiner le public jusqu’à nouvel ordre. Public et musiciens accueillent la nouvelle avec consternation et sang-froid. La nouvelle d’un policier tué arrive via les portables.
Les spectateurs commencent à perdre leur patience, c’est le moment choisi par François-Frédéric Guy pour revenir sur scène. Il se met à jouer le 1er mouvement de la Sonate au clair de lune de Beethoven…

M U S I Q U E

Dans la salle, il y avait le critique musical du Figaro, Christian Merlin, qui raconte : le jeu fervent et concentré du pianiste a vite capté l’attention du public qui prend alors conscience de la gravité de l’enjeu : se retrouver dans le partage d’une émotion commune, faire taire un instant les inquiétudes et préoccupations individuelles pour recevoir l’effet apaisant d’une musique favorisant l’élévation là où tout vous ramène vers le bas.
« Ni pathos ni sentimentalité, seulement un moment de partage dont on mesure encore mieux la nécessité vitale quand le danger n’est qu’à quelques mètres ».

Revenons à la campagne du second tour de la présidentielle… avec un petit rappel des journaux à Emmanuel Macron…

-L’Elysée, ce n’est pas encore gagné, lance Le Parisien… qui invite Emmanuel Macron à se méfier de la colère qui s’est exprimée dimanche (20% de voix pour Marine Le Pen, presque autant pour Jean-Luc Mélenchon)…
Attention donc à ne pas apparaître comme le candidat de l’establishment, ni à crier victoire trop tôt…
Libération donne une double leçon : la 1ère à Emmanuel Macron, invité par Laurent Joffrin à cesser les discours trop long et trop pâles comme dimanche soir (son public est prié lui de crier République ! République ! non pas Brigitte ! Brigitte !)
2ème leçon : aux électeurs qui ont voté pour un autre candidat qu’Emmanuel Macron : il ne s’agit pas pour eux d’élire le président de leurs rêves, mais d’éviter un cauchemar…
Les électeurs de Jean-Luc Mélenchon balancent, selon les témoignages rapportés par les journaux… Jusqu’à ce rejet exprimé en ces termes dans Le Parisien par Frédéric, 26 ans, parisien : (j’ouvre les guillemets) : « Entre un banquier et une fasciste, je ne choisirai pas… »

C’est l’une des clefs du combat inédit du second tour…

Les Echos livrent les clés du scrutin… Comme La Croix, la presse régionale qui insistent sur les fractures du pays… Comment en est-on arrivé là? s’interroge L’Opinion : comment a-t-on pu laisser grossir cette colère qui a conduit près de 20 millions de Français à choisir un ou une candidate prêchant la rupture absolue ?
La France apparait à Nicolas Beytout fracturée, profondément malade, perdue dans la quête des responsables de son malheur : l’Europe, le libéralisme, la mondialisation, le libre-échange, la concurrence, la pression migratoire, la transformation digitale, la robotisation de l’économie, la désertification rurale ?…. Un peu de tout ça à la fois. Rien qui soit corrigible en un tournemain.
Enjeu crucial pour le vainqueur.

Le débat du 3 mai sera capital…

Oui, mais des voix s’élèvent : Changez le soir du débat ! lance Le Parisien. Le 3 mai, Monaco affronte la Juventus en demi-finale de la Ligue des champions…
« La passion du sport contre la conscience citoyenne ».
Daniel Cohn-Bendit affirme qu’il coupera le son de sa télé branchée sur BeIn sport et qu’il écoutera le débat sur son ordinateur…
« Après tout on peut se passer des commentaires d’un match et de l’image d’un rendez-vous politique »

Michel Grossiord