La Revue de Presse du jour – 23/02/2017

La revue de presse… On a beaucoup glosé sur le nombre de couvertures de magazines consacrées à Emmanuel Macron… En voici une de plus, qu’il a sollicitée !…

Emmanuel Macron, soyons exact, n’est pas seul en vedette sur la couverture du mensuel Sciences et Avenir.
Voyez : l’image qui domine est celle d’un beau bébé annonçant un sujet sur l’intelligence des enfants…
Mais « Macron » s’affiche auss : « Macron débat avec 5 éminents scientifiques », annonce le magazine spécialisé. Précision : c’est lui qui a demandé au mensuel de s’exprimer sur ces sujets d’avenir que sont la recherche, l’éthique, la biodiversité, la santé, le numérique…
Les échanges ont duré deux heures avec le mathématicien Cédric Villani, l’astrophysicien Hubert Reeves, les médecins Axel Kahn et Jean-Claude Ameisen, la physicienne Claudine Hermann…
Au passage, Emmanuel Macron glisse qu’il est contre la taxe sur les robots qui transforment radicalement notre environnement productif…

Ca, c’est une pierre dans le jardin de Benoît Hamon…

D’autres critiques feutrées visant le candidat socialiste sortent de la bouche… du premier ministre !
Bernard Cazeneuve répond sur une page aux questions du Parisien… Entretien réalisé en Chine, avant l’annonce de l’alliance Macron-Bayrou, puisqu’il n’y est pas fait allusion…
Le journal interroge le premier ministre, et s’interroge lui-même : vous semblez soutenir le candidat officiel du PS du bout des lèvres ?
-Pas du tout, répond Bernard Cazeneuve… Pour moi la priorité c’est le rassemblement, là là là là là là… Mais il faut être sérieux et crédible !
Plus loin, Bernard Cazeneuve passe en mode colère : Quand j’entends des économistes parler d’austérité, je fulmine ! Où, et quand y a-t-il eu de l’austérité en France ? L’austérité, ce sont des salaires que l’on diminue, des pensions que l’on réduit… Nous ne l’avons jamais fait.
En fait, c’est moins les économistes que l’on entend parler d’austérité que Benoît Hamon qui en a fait un axe de sa campagne, « il faut sortir de l’austérité »…

La question du jour : après Bayrou, quels autres ralliements à Emmanuel Macron ?

Il y en aura, croit savoir la presse qui explore, dissèque, analyse l’alliance entre l’ancien ministre de l’Economie et le maire de Pau…
Ironie de Nicolas Beytout dans L’Opinion au sujet de François Bayrou qui n’avait pas de mots assez forts pour autocélébrer sa hauteur d’âme (sa non candidature) hier : « Abnégation », « sacrifice »…
Un tournant dans la campagne ? se demandent Les Echos comme ses confrères.
Un atout ou un boulet ? s’interroge Le Parisien… Un atout, c’est quand même la conclusion générale, c’est un renfort de poids bienvenu pour Emmanuel Macron…. même si Le Figaro dépeint l’alliance de deux faiblesses, un mariage sur un air de sauve qui peut…
Le Monde voit plutôt un début de recomposition politique arrivée à maturité, et une accélération de la décomposition à l’œuvre dans le quinquennat : on ne compte plus comme naguère deux grandes forces politiques ni même trois mais… cinq qui se disputent le podium : le Front national, la droite, le centre, la gauche et la gauche radicale…
Du côté des hebdos, charge de Valeurs Actuelles contre « Macron la grande illusion », qualifiée même d’arnaque de 2017… Bienveillance voire plus de Marianne : Macron-Bayrou : ticket gagnant ? Mais il n’y a pas de point d’interrogation pour affirmer que c’est le duo qui casse les vieux clivages…

La campagne, c’est aussi la guerre des chiffres…

Concernant les candidats des extrêmes, qui annoncent des dizaines de milliards de dépenses supplémentaires financées par la lutte antifraude (fiscale, sociale ou autres…), une nouvelle mise en garde des Echos…
La lutte antifraude produit des résultats croissants car elle s’intensifie (comme en témoignent les derniers chiffres des caisses d’assurances familiales, qui font la Une des Echos), mais de là à imaginer financer avec les programmes présidentiels…
Les fraudes aux cotisations sociales sont estimées à 7 milliards, les fraudes aux allocations sociales à 1 milliard et demi…
Il ne faut pas croire à des recettes mirobolantes et quasi immédiates par on ne sait quel coup de baguette magique, prévient Etienne Lefebvre.
Mais la difficulté pour la presse, note Challenges, est de convaincre avec des arguments rationnels… L’hebdo économique souligne ainsi que dans la foulée de son numéro sur « l’extravagant programme de Marine Le Pen », cette dernière a encore gagné deux points…
« De quoi nous rendre modestes sur l’efficacité de la pédagogie de notre cover », reconnait Vincent Beaufils.

Michel Grossiord