La revue de presse… Gros plan sur des salariés qui sont dans la rue… mais tous les jours !
Les éboueurs. Accrochés à leurs camions-poubelles. Ils passent tôt, parfois tard. Le Monde a suivi une équipe (deux éboueurs, un chauffeur) dans les rues du 5ème arrondissement de Paris…
Stéphane est au volant du camion depuis 11 ans. Il répond toujours avec flegme, et avec le sourire, aux automobilistes qui l’invectivent pour passer…
Ce père de famille et ses deux collègues à l’arrière résument leur quotidien : insultes, klaxons, menaces et tutoiement…
-Dégage, espère ce bon à rien !
-Tu vas bouger branleur, c’est moi qui te paye avec mes impôts !
-Feignant, t’as que ça à faire, me bloquer ?
On a l’impression de faire partie du mobilier urbain, disent ces éboueurs, les gens ne nous regardent pas, ne nous disent pas bonjour…
Les automobilistes ne sont pas les seuls à mal se comporter…
Les piétons jettent par terre devant les éboueurs leurs détritus, cannettes, mouchoirs…
Dur métier, sans parler bien sûr de la pénibilité, des odeurs nauséabondes…
Je referme cette parenthèse… pour évoquer les manifestants dans la rue hier à l’appel de la CGT. Constat d’échec.
Finir une grève, c’est l’édito des Echos. Pour Dominique Seux, le vote de la réforme de la SNCF par 80% des députés a changé la donne cette semaine.
Même Libération reconnait que les syndicats protestent mais la caravane des réformes passe…
L’opinion publique, le plus souvent présentée comme remontée à bloc contre la politique suivie par Emmanuel Macron, est ce matin décrite par Laurent Joffrin « gagnée par l’espoir d’une reprise de l’activité, d’une baisse du chômage et d’une modernisation de l’économie ».
Quel changement de vision !
Idem sur les facs, où les antibloqueurs sont mis en avant (pas seulement dans Le Figaro qui reprend une expression déjà lue dans ce journal au sujet des contestataires et des bloqueurs : les traîne savates de la rébellion…)
Le Monde donne la parole aux étudiants non mobilisés : « Je ne peux pas risquer de rater mes examens ». Le mot sélection n’est pas tabou pour tous…
« Si en AG quelqu’un ose exprimer un désaccord, il se prend une volée de plombs dans la tête », raconte Quentin, en droit à Nanterre.
Marianne, qui signait la semaine dernière une couverture anti-Macron (Le Liquidateur), jugeant qu’à trop bousculer le pays, le Chef de l’Etat risquait de la fracturer profondément… Marianne titre cette semaine : La France des extrêmes : violences dans les universités, affrontement à Nantes, Toulouse, Montpellier… Gauchistes ou fachos, enquête sur des militants radicaux qui défient l’Etat…
Emmanuel Macron se voit reprocher de ne pas assez tenir compte des « corps intermédiaires » (les syndicats) mais quel est son bilan de sa première année ?
14 pages pour se faire une idée !
Le cahier spécial des Echos où est salué « le président qui ose ».
« Macron rime avec tourbillon ».
Beaucoup de réformes, un vaste programme ambitieux et cohérent, mais peu de révolutions, pour Les Echos.
Le Prix Nobel d’économie Jean Tirolle encourage à aller plus loin, il juge lui (contrairement au 1, qui leur consacre un numéro spécial) que les services publics peuvent très bien être conservés dans un secteur ouvert à la concurrence…
Macron, an 1 : Valeurs Actuelles de son côté publie un numéro réquisitoire, et parle d’un grand bluff…
Ce matin, l’article le plus incisif ne concerne pas Emmanuel Macron, ni Philippe Martinez…
Au sujet de ce dernier, relevons que La Voix du Nord se demande si Philippe Martinez ne va pas finir par tenir la banderole de la CGT tout seul…
L’article le plus incisif vise… le duo de dimanche soir : Jean-Jacques Bourdin et Edwy Plenel, l’auteur en est Bruno Frappat.
Une page dans La Croix pour dénoncer un interrogatoire de police : une certaine idée du journalisme s’est montrée ce soir-là dans tout son caractère odieux, prétentieux, agressif, plein de fausse malice et de mielleuse hypocrisie au titre de la défense de la « démocratie ».
Nous échappâmes de justesse au « répondez Macron » des flics virils et au « c’est moi qui pose les questions ! » des juges d’instruction acariâtres…
Mais l’un avait la fausse naïveté du « gros bon sens populaire » et l’autre méditait ses coups tordus avec la gentillesse d’un bolchevik envisageant la présence d’un social-traître dans le studio…
Autres images sous d’autres plumes : Franz-Olivier Giesbert (Le Point) a vu Plenel ne jamais quitter ses fiches des yeux tel un commissaire politique.
Catherine Nay a eu l’impression que lorsque Plénel souriait il suçait un citron…
Incisif en effet !
Mais attention, cela doit pousser chaque journaliste, chaque éditorialiste, messieurs… à s’interroger, selon Bruno Frappat… qui s’adresse à chacun, avec le tu qui s’impose…
N’as-tu pas passer sa vie à trancher de tout et de rien, y compris de choses auxquelles tu ne connais miette… à répandre sur les ondes tes présupposés, tes a peu près, tes mensonges mêmes…
N’as-tu pas jamais pêché par prétention, mauvaise foi ou vaine gloriole ?
Le tu est finalement assez peu confraternel, mais peut être salutaire
Michel Grossiord