La revue de presse… avec un vade-mecum qui pourrait être utile à beaucoup en ce moment !
Le Point se transforme en guide pratique : » L’art de convaincre »… « Les secrets de l’éloquence », dans la vie privée et publique, lors des examens, en entreprise… (Le Point n’ajoute pas lors des AG et des cortèges, n’étant pas un supporter des mouvements sociaux actuels)
Il y a un article : Réussir ses oraux… (pour ceux qui pourront les passer)
Ou encore : Les conseils d’un grand patron pour vous faire augmenter…
(Je vous sens intéressé Renaud)
L’art de convaincre, résumé d’une phrase que j’ai bien aimée de l’avocat Eric Dupond-Moretti : « Quand je prends la parole, c’est moi le patron ! »
Dans la presse, une floraison de Camille…
Attention, rien à voir avec la Une de La Voix du Nord qui annonce triomphal : Camille est en finale !
Camille, c’est le nordiste qui brille à Top chef !
Mais Camille, comme le souligne La Voix du Nord dans son éditorial consacré à la Zad de Notre-Dame-des-Landes, c’est le prénom générique que se donnent tous les manifestants du lieu, pour préserver leur anonymat…
Ainsi Le Progrès a rencontré une dizaine d’habitants de Roanne dans la Loire qui ont fait, quelques jours durant, un déplacement de soutien à Notre Dame des Landes. L’article commence par ces lignes : Nous les appellerons Camille.
« Camille » pensait que plus de gens se rendraient sur place, moins les forces de l’ordre allaient intervenir… « Camille » explique avoir ressenti un sentiment de solidarité qu’on a du mal à ressentir dans la société classique…
Les « Camille » n’ont pas bonne presse…
A part dans Libération qui salue « ce petit village gaulois niché dans le bocage nantais où des jeunes prennent leur avenir en main, font preuve d’innovation, travaillent pour beaucoup sans compter leurs heures, assurant eux-mêmes leur subsistance, dans un cadre collectif »…
Fin de citation.
Mais de La République des Pyrénées à La Montagne, de L’Union au Journal de la Haute-Marne, même commentaire sur le nécessaire respect de l’Etat de droit sans lequel il n’y a plus de pacte social.
Le gouvernement a tenté de jouer « la carte Hulot », comme le disent Le Figaro et Les Echos…
Raté.
Ouest-France reprend à la Une son mot, sinon son mot d’ordre : « L’écologie n’est pas l’anarchie ».
Mais il n’a pas convaincu les zadistes…
On pense à Nicolas Hulot en lisant ce matin les articles consacrés au comédien Philippe Caubère…
Le comédien et metteur en scène est accusé de viol : une femme a porté plaint contre l’homme de théâtre à la suite d’une relation qui remonte à 2010 ! Une Toulousaine de 43 ans, grande admiratrice du comédien, qui évoque une emprise…
On est gêné par les détails fournis, notamment dans Le Parisien, assez crus, et par le doute qui apparait puisque c’est à nouveau paroles contre paroles…
Le comédien, libertin assumé mais qui se dit terrorisé, n’a pas encore été entendu par les policiers. Contacté par Libération, il dément les propos de la Toulousaine, évoque une relation sexuelle, amoureuse, plus que consentie : désirée…
Le Monde a consulté un mail envoyé à Philippe Caubère à l’époque de leur relation : la jeune femme déclare sa flamme, « je te rêve à m’en déboussoler. A bientôt, je l’espère à m’en consumer »…
Le journal se demande : cette jeune femme, qui a tourné son énergie depuis vers le militantisme (féministe, antispéciste), était-elle frappée de sidération, happée par une passion destructrice ?
Pourquoi avoir attendu 8 ans pour porter son histoire devant la justice ? Le phénomène MeToo est passé par là, bien sûr. Elle explique aussi : « Je suis en état d’agonie perpétuelle depuis ».
Philippe Caubère doit jouer ce soir au théâtre Liberté à Toulon : il compte s’adresser aux spectateurs. Et demandera à ceux qui veulent manifester d’attendre la fin du spectacle…
Manifestation… mais d’une tout autre nature, avec l’appel de la CGT à la convergence des luttes…
La CGT que Le Figaro voit isolée : une fuite en avant qui apparait comme le chant du cygne…
La CGT que L’Humanité voit comme le fer de lance, le journal communiste donne la parole à des intellectuels et artistes qui soutiennent les cheminots…. L’écrivain Laurent Binet dit que l’usager est aussi un travailleur exploité. Le réalisateur Luc Leclerc du Sablon avance que les rails qui sillonnent notre pays sont comme les veines qui irriguent notre corps… ou les rides de notre visage qui rime avec paysage…
Sud Ouest assure que la caravane de la réforme est en train de passer (à la SNCF, à l’université…)
Alors que l’on évoque l’anniversaire de Mai 68 (voir les photos les plus mythiques dans Le Figaro), Bruno Dive avance dans Sud Ouest que nous sommes peut être déjà en juin 68, quand la demande d’ordre l’avait emporté chez les Français sur la sympathie pour les étudiants et les grévistes…
Macron peut compter, selon notre confrère, sur le soutien de la majorité silencieuse qui avait fini par manifester le 30 mai 1968 sur les Champs Elysées.
Sur cette question fondamentale, il y a deux écoles : sommes-nous encore en mai, ou déjà en juin ?
Michel Grossiord