La Revue de Presse du jour – 15/05/2017

La revue de presse… Une longueur d’avance grâce aux journaux : voici la composition du gouvernement…

Edouard Philippe, c’est sûr… (Quasi !). La presse n’a pas de doute… Son nom efface tous les autres avancés jusque-là pour Matignon.
Le juppéiste (député-maire du Havre) va enfin pouvoir sortir du silence dans lequel il se mure depuis plusieurs jours…
Un homme a joué un rôle essentiel dans les négociations avec Edouard Philippe, souligne L’Opinion : Alexis Kohler, le nouveau secrétaire général de l’Elysée dont Edouard Philippe fut le tuteur pour préparer l’ENA…
Ensuite, ses ministres…
Des noms assurés d’être au gouvernement, mais pas de certitude sur leur ministère… François Bayrou est donné au Quai d’Orsay par Le Parisien, alors que Le Figaro et Les Echos le voient plutôt à la Justice.
Jean-Yves Le Drian : même place, la Défense…
A l’Intérieur ? Le secrétaire général de La République en marche, Richard Ferrand, selon Le Parisien. Peut-être Gérard Collomb pour Les Echos.

Des noms-surprises annoncés par la presse ?

Nicolas Hulot, qui a plusieurs fois parlé avec le président élu ces derniers jours…
L’Académicien Erik Orsenna pour la Culture ? Je mets à chaque fois un gros point d’interrogation.
Le nom de Thierry Breton, ancien ministre de Jacques Chirac, et PDG du groupe Atos, circulait hier pour le ministère de l’Economie…
Sylvie Goulard, plus sûre, aux Affaires européennes.
Ce sont les noms de droite qui suscitent le plus d’intérêt : Emmanuel Macron va –il réaliser le même hold-up qu’avec le PS ? demande Le Parisien…

Là encore, des noms reviennent…

Bruno Le Maire et Franck Riester semblaient tenir la corde hier pour intégrer le futur gouvernement, glisse Le Figaro qui ressort LA phrase prononcé par le candidat Macron dans le documentaire diffusé jeudi dernier par France 2. Il dévoilait sa stratégie : « Il faut déstabiliser une partie de la droite qui ne se retrouve pas dans le vote Fillon », indiquait-il à son QG. « Pour des raisons politiques, les états-majors ne viendront pas, on en a fait le diagnostic très tôt. Je ne cherche pas à les faire venir, je chercher à les déstabiliser en leur ouvrant les bras pour que le coût de la rupture soit de leur côté ». Fin de citation…

Déstabilisation de la droite, le mot était lâché…
Déstabiliser, fracturer, disloquer : la démarche est claire…
Il faudra donc aussi suivre les réactions du côté de LR dans la journée, alors que selon un député LR cité par Le Figaro : « Nommer un premier ministre de droite, c’est récupérer un point et demi avant les élections législatives pour avoir une cinquantaine de députés de plus »…
« Macron à la manœuvre », titrent Les Dernières nouvelles d’Alsace… alors que l’ensemble de la presse (de Libération à L’Union en passant par La Nouvelle République) salue le sans-faute de l’investiture : pas le moindre faux-pas.
Mais l’immense défi est sitôt souligné, notamment par Ouest-France, Le Républicain lorrain et Le Figaro qui ne mégote pas : « Souhaitons au président Macron qu’il réussisse, l’essentiel c’est la France », écrit Alexis Brézet. Le directeur de la rédaction du Figaro espère que son discours impeccable prononcé dans la salle des fêtes de l’Elysée sera le signal d’un salutaire sursaut !

Un sursaut économique, un sursaut de confiance, mais aussi un sursaut d’OPTIMISME !…

Le Parisien aimerait que les Français se disent que tout est possible…
La Croix s’investit à fond sur cette voie de l’optimisme, en lançant 3 semaines d’enquêtes et d’interviews sur la France qui inspire, invente et partage…
La France est certes cabossée, fatiguée, désenchantée, fracturée, mais aussi extraordinairement riches en ressources humaines…
On lit ce matin une intellectuelle irakienne qui glorifie la littérature française…
On lira dans les jours qui viennent l’interview du PDG de Bosh expliquer pourquoi son entreprise allemande mise sur notre pays… Etc.
Que les Français retrouvent confiance et cessent de douter d’eux-mêmes, c’était un axe important du discours d’Emmanuel Macron hier…

La presse d’applaudir… Y a-t-il une forme de « dévotion » pour le président Macron ?

Pas de la part de nos confrères de la presse écrite, qui garde son œil critique, un ton distancié (plus ou moins)… En revanche, la cérémonie de passation de pouvoir hier a donné lieu à une forme d’extase sur les télés que dénonce l’hebdomadaire Marianne.
Choses entendues hier : « Il a monté les marches 4 à 4 à une vitesse incroyable. Ca rappelle Jacques Chaban-Delmas ».
« C’est l’investiture la plus romanesque de la Vème République. On est véritablement dans le roman, et même, osons le mot, dans l’épopée ».
« Il y a 5 ans, on parlait de la pluie. Là on parle d’Emmanuel Macron. Quelque chose a changé ».
Il y eu aussi ce sommet à l’Elysée, entre flagornerie et ridicule (les deux vont de pair) : « Des personnes se sont réfugiées dans ses bras. Autrefois, les rois touchaient les écrouelles le lendemain du sacre, il y a un peu de ça »…
Je serai doublement charitable : un, je ne donnerai pas les noms des intervenants… deux, vous reconnaîtrez avec moi Guillaume qu’être obligé de meubler et de commenter pendant des heures pousse parfois à se laisser emporter et dire n’importe quoi…

Michel Grossiord