La Revue de Presse du jour – 13/04/2018

La revue de presse… Les propos décortiqués de l’instit’ Macron… Beaucoup a déjà été dit, on va continuer dans un instant dans Accord Désaccord… Un angle original dans les journaux ?

Peut-être moins le fond (on a compris qu’il irait jusqu’au bout de ses réformes et qu’il tenait à se présenter comme le président de tous les Français) que le ton. Le langage utilisé par Emmanuel Macron qui a plusieurs niveaux d’expression…
La calinothérapie (comme dit Le Monde) déployée envers les cheminots et les retraités ne pouvait s’appuyer sur un langage techno ou trop intello qui ne passe pas dans l’opinion…
Exit les anglicismes (pas de start-up nation ni de just do it)
Exit les mots recherchés dont Emmanuel Macron aime parsemer ses discours…

J’en ai quelques-uns en tête : irénisme, dirimant…

Ipséité… Palimpseste…
Hier, comme s’amuse à l’observer L’Opinion, le langage d’Emmanuel Macron était inhabituellement relâché : les négations avaient disparu, beaucoup de « faut pas ! » ont émaillé son discours ainsi qu’une foule de « ch’minots » : je suis moi-même « petit-fils de ch’minot », « je sais c’que c’est les ch’minots, mon grand-père en parlait tout l’temps ! »
Commentaire de l’ancien conseiller en communication de Nicolas Sarkozy, Franck Louvrier toujours dans L’Opinion : « Tout était savamment préparé dans cette émission » qu’on peut résumer ainsi : « Ce n’est pas l’action qu’Emmanuel Macron change, c’est son langage »…

Du coup, les positions des journaux ne surprennent pas…

L’affirmation d’autorité plait ou non : Le Figaro se félicite du maintien du cap, et a trouvé le professeur Macron pédagogue, méthodique et précis.
L’Humanité se soucie peu du niveau de langage mais dénonce la surdité du président face au mouvement social. Pour Marianne, Macron est le liquidateur…
Libération a entendu « toujours la même chanson ». Manchette : C’est un président qui fait non, non, non, non, non…
Libération ne manque pas de relever que les questions du populaire Jean-Pierre Pernaut n’étaient guère incisives, ce qui est vrai ! Le journaliste est qualifié de « souriant, patelin et sans doute reconnaissant « (d’avoir été choisi)
Critique donc d’une forme complaisance…
Mais le journal Libération est-il bien placé -ce matin particulièrement- pour accuser un confrère de complaisance ?

Pourquoi ?

Parce qu’on trouve une double-page qui franchit les bornes de la complaisance coupable ! Accroche de Une : Jawad, le « logeur de Daech » : « Elle est foutue ma vie »…
Pages 10 et 11, agrémentées d’une très grande photo de Jawad Bendaoud, un portrait admiratif où il est question, je cite, de l’agilité intellectuelle redoutable du marchand de sommeil, de sa gouaille qui le fait imaginer en histrion de la télé-réalité (genre Jawad à Ibiza), de son sens aigu des affaires. « La notoriété lui pèse, il aimerait publier une biographie »…

Une biographie ?

Qui mentionnerait donc ses 13 ou 14 condamnations : trafic de drogue, détention d’armes, violences conjugales ou en réunion, et… la première : 8 ans pour avoir tué à coup de hachoir son meilleur ami de 16 ans pour une histoire de portable…
Jawad Bendaoud, qui sera jugé en appel à la fin de l’année après sa relaxe, s’était montré totalement indifférent aux 130 morts et 400 blessés des tueurs du 13 novembre 2015, mais ce matin, dans Libération, c’est la nouvelle star !..
Son avocat lui conseille de demander le RSA

Autre portrait qui amène des sourires celui-ci : dans Le Figaro, Guevara, le chien de Tolbiac…

Les images ont marqué et amuse… avec ce chien apparu sur la vidéo de revendication des étudiants grévistes de Tolbiac… Ce chien a un compte parodique sur Twitter qui compte plus de 26.000 abonnés…
Le vrai nom de ce chien est Mercantile ( !). Il a été rebaptisé Guevara… et singe à merveille sur son compte parodique le vocabulaire anticapitaliste des assemblées générales qui n’en finissent pas : « Gros débat ici entre mon maître et Jean-Eudes qui lui dit que posséder un chien fait de lui un pur produit du patriarcat qui se plie aux diktats des conventions sociales ».
Une blogueuse lui offre des « croquettes vegan et gluten free » quand Guevara « bave devant un simple paquet de Frolic ».
On ne connait pas l’auteur des tweets, un amateur d’humour potache, mais Le Figaro aime beaucoup…

On rit aussi sur les réseaux sociaux, qui ont mauvaise presse en ce moment !

Twitter, Facebook, Instagram, Snapchat : la grande majorité des Français se méfient, souligne Le Parisien week-end, sondage à l’appui.
30% des Français disent envisager vouloir supprimer leur compte sur Twitter, un quart sur Facebook…
La découverte que des millions d’abonnés Facebook avaient été collectées à leur insu a ouvert une crise que Le Parisien week-end qualifie d’historique.
Avant que le vent emporte éventuellement les réseaux sociaux (ça n’est pas le plus probable), espérons simplement que le chien Guevara nous fasse encore un peu rire

Michel Grossiord