La Revue de Presse du jour – 11/05/2017

La revue de presse… Bienvenue au grand bal des courtisans !

Un grand classique des débuts du quinquennat (même si le bal se prolonge 5 ans durant)… Mais les premiers jours sont décisifs pour les flatteurs et autres adeptes des ronds de jambes.
Autour du nouveau président, le grand bal des courtisans bat son plein, s’amuse Le Figaro…
Une génération spontanée (à droite, à gauche) s’est mise en mouvement pour gratter à la porte du Palais…
Tout un art ! La nuée tente d’accéder à Emmanuel Macron, de l’approcher, lui serrer la main, lui glisser un mot…
Le 8 mai, la nuée était composée de tout ce que le PS compte de ministres et de parlementaires, ceux-là même qui depuis deux ans s’appliquent à lui savonner la planche…
Comme Michel Sapin qui a couru lui faire la bise… « Une sorte de triomphe antique, le prince parade au milieu des vaincus ».

On se souvient aussi lundi à la cérémonie de l’Arc de Triomphe de la présence de Manuel Valls…

L’ancien premier ministre relégué deux rangs derrière, le cou tendu, hissé pour mieux voir, la mine renfrognée, le rictus amer… selon la description du Monde.
Cruelle politique.
« Pauvre Manuel », glisse Les Echos dans son portrait d’un Manuel Valls qui seul n’aurait pas le droit de participer à la fête, obligé de faire tapisserie telle une âme soudain esseulée dans le bal des cocus… (il n’y a pas que le bal des courtisans, même si on y trouve les mêmes)
Il ne sait pas encore si, pour la liste définitive de ses candidats à la députation, Emmanuel Macron va lever ou baisser le pouce en sa faveur ou en sa défaveur. « Jeux de mains, jeux de vilains. Evry qui mal y pense ».

Les courbettes ont-elles un impact sur le nouveau président ?

Ses proches disent que non, assure Le Figaro. Mais il arrive que les compliments et les cajoleries finissent par avoir raison des meilleures carapaces…
A ceux qui arrivent à se procurer l’un de ses deux numéros de téléphone (pour lui envoyer une demande, un CV, un conseil…), Emmanuel Macron ne répond pas le plus souvent, ou alors un simple « Yep » qui ne l’engage à rien…
Tiens, au passage, quelques lignes dans Le Figaro pour signaler qu’Edouard Philippe, le député-maire LR du Havre, aurait été rétrogradé hier du rang du rang de « premier ministrable » à celui de simple « ministrable ». Mais ce ne sont que des rumeurs…

Personne n’en sait rien, car Emmanuel Macron cultive le secret…

Le secret, érigé en mode de gouvernance, décrypte Le Monde… Il cadenasse sa communication.
A relever l’éditorial du Monde cinglant envers, je cite, « les procureurs de la France insoumise et les sans culottes autoproclamés » qui font un « mauvais procès » au président élu en lui opposant l’abstention, les votes blancs et nuls, le vote barrage contre Marine Le Pen (comme si la victoire de Mitterrand en 1981 ne résultait pas en grande partie du rejet de Giscard d’Estaing, et celle de Hollande en 2012 du rejet de Sarkozy)… « Un peu de respect pour le suffrage universel », demande Le Monde rejoint par Le Figaro qui démontre que l’abstention, les votes blancs ou nuls n’ont pas faussé l’élection.
Avec près de 44% des voix par rapport aux inscrits, Emmanuel Macron se situe dans la moyenne. C’est plus que François Hollande il y a 5 ans…

Autre édito au vitriol à relever ce matin : il vise le FN…

« Ca tangue pour Marine Le Pen », titre Le Parisien, qui explore les secousses provoquées par la défaite, un FN qui sort groggy du scrutin présidentiel, malgré ses 10 millions de voix au second tour.
Mais si la ligne politique est ouvertement questionnée en interne, ça n’empêche pas le FN d’être, écrit Donat Vidal-Revel, « un parti rance, sans programme cohérent, se goinfrant jusqu’à l’écoeurement de la désespérance sociale et de la peur de l’étranger. »
Au sujet du Front national, La Croix a tenté d’obtenir une explication du président de la Conférence des évêques de France sur l’absence de prise de position contre Marine Le Pen au second tour.
Les institutions juives, protestantes et musulmanes avaient invité à faire barrage à l’extrême-droite.
Mais les évêques s’étaient dérobés, et avaient été critiqués.
Monseigneur Pontier justifie cette absence de prise de position, affirmant : « Ce n’est pas à nous de désigner le candidat qui serait le meilleur », il estime que les critères avancés sur les migrants, l’Europe, une société apaisée étaient censés être suffisants.

Enfin une devinette : savez-vous qu’il va y avoir deux chefs, âgés tous deux de 39 ans, à l’Elysée ?

Emmanuel Macron, et le chef Guillaume Gomez, qui est aux cuisines depuis Jacques Chirac…
Il dirige la brigade de 28 personnes qui préparent les repas… 95.000 couverts par an.
Guillaume Gomez sort un livre pour transmettre aux simples citoyens ses recettes fétiches, sa paella, son couscous… Pas forcément ce qu’il prépare au Palais…
Lui aussi cultive le secret, comme le président élu : au Monde, le chef refuse de dire quels sont les futurs plats dont il réservera la primeur à Emmanuel Macron.

Michel Grossiord