La Revue de Presse du jour – 10/05/2017

La revue de presse… Dialogue imaginaire entre François Hollande et Emmanuel Macron !

Dimanche, passation de pouvoir à l’Elysée.
La porte du bureau présidentiel s’ouvre, « Eh bien vas-y. Entre ici, Emmanuel… »
« Julie est désolée, précise aussitôt François Hollande, mais elle ne souhaitait pas apparaître comme première dame juste le dernier jour… »
Le tête à tête se poursuit par l’évocation de souvenirs communs à l’Elysée, de la notion la trahison, les désaccords politiques…
-Tu aurais pu m’en parler, lance François Hollande.
-A quoi bon ? répond Emmanuel Macron. Tu n’écoutais que tes conseillers en com’. Et tes journalistes préférés.
-Tu es un peu injuste, Emmanuel…
-Pourquoi toutes ces confidences ? Tu as eu peur de ne laisser aucune trace ?
-Ne sous-estime pas la solitude de l’homme qui occupe ce bureau…
Silence.
François Hollande reprend : Tes ennemis sont ici, ne t’éloigne pas trop…
-Tu ne crois pas que le principal ennemi d’un président, c’est lui-même ? rétorque Emmanuel Macron… qui s’attire cette réplique :
-Ta philosophie à deux sous aussi, tu devrais la mettre en veilleuse…
Silence encore.
Emmanuel Macron : Mitterrand disait qu’un président doit savoir s’ennuyer… Tu crois que j’y arriverai ?
-Très facilement. Dès que tu seras impopulaire…

Qui est l’auteur de ce dialogue imaginaire ?

Christophe Barbier, éditorialiste et homme de théâtre… L’Express juge cette fiction « furieusement réaliste »…
Le passage sur la fréquentation assidue des journalistes trouve un nouvel écho ce matin avec le « numéro spécial » annoncé par Libération : dans les coulisses d’un départ…
Libération a suivi durant une semaine le chef de l’Etat dans sa tournée des adieux.
Le ton du journal vis-à-vis de François Hollande n’est pas celui d’Emmanuel Macron dans le dialogue imaginé par L’Express… bien au contraire. « Le temps fera son œuvre, on se souviendra d’un président humain, trop humain peut être »…
François Hollande se dit heureux de retrouver la vie normale, « c’est très agréable la vie normale, j’ai essayé de la prolonger à l’Elysée, mais je n’y suis pas arrivé »…
Conduire à nouveau, remplir (seul) sa feuille d’impôts -les siens ont d’ailleurs fortement augmenté pendant le quinquennat-, pouvoir enfin (ouvrez les guillemets) « réécouter mes disques »…

Voilà le programme pour l’après… Après l’Elysée, où va-t-il s’installer ?

Dans des bureaux d’une dizaine de pièces et 200 mètres carrés donnant sur le jardin des Tuileries, rue de Rivoli, précise Libération.
François Hollande partage encore la couverture avec Emmanuel Macron : enfin une seule, celle de Valeurs Actuelles, titrée Saison 2… Procès en continuité que développe d’ailleurs François Baroin dans une interview au Figaro à partir de cette image du 8 mai au pied de l’Arc de triomphe. Les deux hommes réunis.
Emmanuel Macron seul sur les couvertures du Point, de Society, de L’Obs, de L’Express (« Le Kid »)… mais accompagné sur celle de Paris-Match, à côté de Brigitte dimanche soir devant la pyramide du Louvre…
Cette dernière a droit partout à ses articles… Match : Brigitte, « je suis son petit soldat ». Le Point : le destin de Bibi. Les Echos rapportent la passion des Britanniques pour Brigitte Macron… Du Financial times au Daily Telegraph, en passant par le Daily Mail, le Times… le style et le look de « la première dame la plus insolite jamais vue » est décortiqué. La journaliste mode du FT la qualifie de « bobo chic » et « sexy »… On lui promet un rôle comparable à celui de Michelle Obama…

Ces considérations sont éloignées du grand débat politique du moment…

La décomposition avant la recomposition, grand sujet de la presse du jour qui ironise sur les offres de services de Manuel Valls et Bruno Le Maire…
A la soupe, se gausse Paris Normandie.
L’attitude de Manuel Valls suscite le plus de commentaires… avec son annonce de la mort du PS, constat hissé à la Une de bien des journaux : Le Parisien, Le Figaro, Les DNA…
L’ancien premier ministre a en quelque sorte adressé une demande d’asile politique, ironise La Voix du Nord pour qui c’est une offre qu’Emmanuel Macron ne peut pas se permettre de refuser.
Le Républicain lorrain évoque l’humiliation : « Une lettre de motivation de Manuel Valls ? Et pourquoi pas un CV déposé sur Le Bon Coin… »
Il y a des craintes du côté des proches du président élu : « N’a-t-il pas essayé de nous tuer à plusieurs reprises ? Valls, c’est le renard dans le poulailler. Si j’étais le président, je me méfierais… »
Mais un chamboule-tout est en marche, pour le Courrier Picard…
Le PS et Les Républicains se déchirent, deux partis qui ne sont plus dirigés que par des syndics de faillite, écrit Bruno Dive dans Sud-Ouest pour qui la question n’est plus de savoir si ces deux partis vont éclater, mais quand.
Les jours qui viennent devraient être éclairants… Tout passe par cette course aux investitures… Comme le dit Le Canard Enchaîné, « on ne sait pas sur quoi ça va débaucher »…

Michel Grossiord