La revue de presse… Une question ce matin, qu’est-ce qu’une « ligne rouge » ?
Où passe-t-elle cette « ligne rouge », expression lancée par Barack Obama pour définir la frontière que le régime syrien ne devait pas franchir : l’utilisation des armes chimiques ?
Déjà à l’été 2013, celui qui était président des Etats-Unis s’était retrouvé au pied du mur après des bombardements dans la Ghouta, à proximité de Damas… 1.400 morts par gaz de type sarin…
Mais Obama était resté inactif… Faute originelle, message déplorable : tout était donc possible… Libération reproche à nouveau ce matin à Barack Obama d’avoir à l’époque renoncé à frapper…
5 ans plus tard, la question de la ligne rouge se pose à nouveau…
Le dessin de Ranson est éloquent dans Le Parisien, journal qui comme Libération met à la Une des photos insoutenables, comme celles que l’on a hélas déjà vues : un enfant mort dimanche après la nouvelle attaque toxique (son corps gît au sol, la bouche dévastée par une sorte de poussière blanche… des enfants horrifiés secourus en urgence avec de pauvres moyens…)
Dessin de Ranson : une montagne de cadavres… au milieu de laquelle est tracée une ligne rouge par Emmanuel Macron, pinceau à la main…
Emmanuel Macron lance : Attention à ne plus franchir cette ligne rouge, Bachar !
« Le problème des lignes rouges, commente Le Figaro, c’est qu’on faut les respecter quand elles sont franchies… »
Et c’est un vrai problème, c’est très compliqué…
Les obstacles ne manquent pas : avoir des preuves irréfutables, la résistance des Russes, l’imbrication des forces militaires de différents pays sur le terrain… Et puis la solution peut-elle être militaire ?
L’impunité jusqu’où ? L’occident se retrouve de nouveau au pied du mur, constate Libération.
Emmanuel Macron face au défi… de sa première guerre. Lourde responsabilité, avance Le Parisien qui ajoute ceci : « En plein tumulte social, des grincheux y voient déjà une possible diversion. Il n’empêche, stopper le massacre en Syrie est un impératif moral trop longtemps différé ».
« Diversion » : le mot est outrageusement employé -s’il l’a été par quelque « grincheux »- face aux images dont je vous parlais… face à l’intolérable, mot qui barre la Une du Parisien…
En France, Emmanuel Macron s’apprête à lancer sa campagne médiatique…
Deux émissions à la télé à 3 jours d’intervalle pour contenir les foyers de contestation, explique Le Figaro qui souligne « un grand écart entre Jean-Pierre Pernaut et le duo Bourdin-Plenel »…
Il y a aussi un grand écart entre Bourdin et Plénel…
La presse salue dans l’ensemble l’expulsion qui se poursuit à Notre Dame des Landes : faire respecter l’Etat de droit ! (Le Midi Libre, La République des Pyrénées…) Accessoirement, il est souligné (Nice Matin) que cette évacuation arrive à point nommé : nul doute qu’Emmanuel Macron a voulu adresser « en même temps » un message de fermeté aux cheminots et à ceux que L’Opinion dénonce ce matin : les ultras, tenants de la radicalité (dans les facs notamment), de la violence…
Là encore un dessin. Kak à la Une de L’Opinion montre un manifestant encagoulé, des cocktails molotov dans son sac à dos : « On est obligés d’être violents, sinon la démocratie s’impose à tous… »
La presse dans son ensemble salue donc le rappel que la France est un Etat de droit, mais à propos des zadistes, divergence ! Pour Libération, ces « habitants » ont été « arrachés à leur rêve » par des gendarmes qui « squattent la Zad » …
Pour Le Figaro, ces Zadistes ne sont pas des habitants ordinaires, mais, je cite l’édito, des traîne-savates de la rébellion et de la provocation décidés à en découdre…
Complaisance dans le premier cas ? Relevons dans un autre domaine la tribune de Laurent Wauquiez dans Le Figaro : il dénonce -je cite- une démission de l’intelligence à chaque attentat, le déni pratiqué par quelques belles âmes jusqu’à disculper l’islamisme du terroriste…
Politique encore, mais sous l’angle un peu people… concernant Olivier Faure et Benoît Hamon…
Pas des personnages people, mais ils ont été colocataires lorsqu’ils étaient étudiants à Paris au début des années 80, le premier ayant quitté le Loiret, le second la Bretagne…
Olivier Faure rapporte que Benoit Hamon « tombait amoureux tous les jours », et qu’il était fou amoureux de Sharon Stone : il punaisait ses photos dans sa chambre.
Hamon dément, puis lâche : « Il veut que je sorte les dossiers moi aussi ? »
Moi je dis : Chiche…
(article dans Libé titré « Du duo au duel »)
Autre vedette du jour : Mark Zuckerberg, le patron de Facebook…
La Croix, Les Echos, Le Figaro consacrent des pages à sa semaine de tous les dangers, avec un premier mea culpa avant son explication attendue devant le Congrès américain…
Facebook devenu synonyme de scandales et d’enquêtes sur les mauvais usages du réseau social sur la protection des données et de la vie privée de ses utilisateurs (dont tous les messages sur l’application Messenger sont scannés), sur la propagande politique…
Selon le New York Times, Mark Zuckerberg a suivi un coaching avant d’affronter journalistes et parlementaires, il a suivi, comme Radio classique l’a raconté, des cours intensifs d’humilité et de séduction…
Sa mission difficile : regagner la confiance perdue…
Ecoutez ce que dit au magazine America le grand écrivain Jonathan Franzen au sujet de Facebook et des réseaux sociaux :
« La presse écrite a été remplacée au niveau de l’influence par les réseaux sociaux. Ils ont réussi un formidable hold-up : nous passons nos journées à lire sur nos écrans des choses que nous n’aurions pas pris le temps de lire dans les journaux (ou dans les livres).
Les réseaux sociaux ont aussi ouvert l’ère de ce que Trump appelle la post-vérité : tout peut circuler librement et indépendamment des critères de vérification. »
Voilà ce que déclare le romancier américain Jonathan Franzen dans America : la semaine difficile qui attend Mark Zuckerberg annonce-t-elle une inversion de tendance sur le plan de l’influence entre réseaux sociaux et presse écrite ? Pour la crédibilité, les choses apparaissent clairement désormais.
Michel Grossiord