La revue de presse… On connait la prime à la casse, la prime à l’ancienneté, vous évoquez ce matin la « prime à la déprime »… C’est quoi ?
La prime à la déprime, c’est ce qui a en grande partie permis à Donald Trump d’être élu président de la République..
Le candidat a tout misé sur le catastrophisme… s’engageant à fond sur le thème du déclin de l’Amérique.
La prime à la déprime, c’est ce que tentent d’empocher bien des candidats à la présidentielle en France, observe Alain Frachon dans Le Monde…
Il y a quelques jours, le New York Times dressait la liste toujours plus longue des livres français déclinant à plaisir thème du déclin de la France. L’historien Robert Franck confiait au journal américain : « Disons-le de manière manichéenne, tout ce qui est positif ne vend pas. Et tout ce qui est négatif vend. Comme si certains lecteurs étaient mus par une sorte de masochisme. »
Certains lecteurs… mais aussi beaucoup d’électeurs !
Appelons ce masochisme celui de l’auto-dénigrement permanent !
Attention, prévient toujours Alain Frachon du Monde, pas question non plus de sombrer dans l’auto-célébration permanente… Il y a des choses qui ne vont pas, voire de mal en pis : la menace terroriste, celles sur l’identité culturelle, la désindustrialisation, les atteintes à l’environnement…
Le malaise est large mais peut-on sortir d’un discours pessimiste ? Les candidats peuvent-ils éviter de tout peindre en noir, de remuer le couteau dans l’anxiété ambiante pour gagner les élections (comme aux Etats-Unis) ?
On trouve dans la presse quelques signaux permettant de sortir du catastrophisme…
L’emploi. Les créations d’emploi ont doublé en un an (Plus 187.200 postes en 2015). Un niveau jamais atteint depuis fin 2008, souligne Le Figaro Economie.
Des pénuries de main-d’œuvre pourraient apparaître avec l’accélération des créations d’emplois. La croissance des entreprises risque même d’être bridée faute de compétences…
Le Figaro Economie explique ce rebond des créations d’emplois par la mise en place des dispositifs du quinquennat, CICE et pacte de responsabilité…
Autre chiffre, mais qui donnera lieu à des interprétations politiques opposées : l’éclatante santé des stars du CAC 40, à la Une des Echos. Les bénéfices ont dépassé 75 milliards d’euros l’an passé, un record depuis 2010.
Les patrons des plus grandes entreprises affichent globalement leur confiance.
Du côté de la croissance, on nous annonce aussi du mieux…
La Banque centrale européenne se montre plus optimiste pour la reprise dans la zone euro.
Le Monde rapporte ce matin les propos du président de la BCE : Le taux de chômage est au plus bas depuis 2009, le sentiment économique est au plus haut.
L’institut de Francfort a révisé ses prévisions économiques à la hausse, il table sur une croissance de 1,8% cette année…
Pourtant, la monnaie unique et l’Europe restent un bouc émissaire facile, déplore Dominique Seux qui signe l’éditorial des Echos. Sur l’Euro, le discours du Front national ne prend pas puisque 72% des Français ne souhaitent pas le quitter pour revenir au Franc, comme l’indique un sondage Elabe pour Les Echos et Radio classique…
L’exigence, soulignée par Le Figaro, c’est de redonner aux peuples envie d’Europe… En se montrant efficace, à défaut de faire rêver.
En Europe, l’Union fait rêver certains peuples. C’est ce que souligne La Croix qui titre à la Une « Le rêve européen des Roumains ». La nouvelle classe moyenne roumaine veut en finir avec la corruption et l’autoritarisme pour accéder à une qualité de vie publique.
Sans prendre parti pour un candidat (elle n’en a pas le droit), Christine Lagarde s’engage dans la présidentielle…
La présidente du FMI, dans un entretien au Parisien, dresse le parallèle avec les années 30, quand le protectionnisme a été catastrophique pour les plus démunis, et entraîné le monde dans un gouffre humain…
(Au passage, Christine Lagarde qui a été condamnée dans l’affaire Tapie mais dispensée de peine ne regrette pas sa décision sur l’arbitrage favorable à l’homme d’affaires mais déclare : J’ai peut-être été trompée)
Justice encore… Des étrangetés dans le dossier Médiator…
L’enquête judiciaire a été tronquée, révèle Le Figaro. Tout a été fait pour dédouaner l’Etat de ses responsabilités dans l’affaire Servier.
L’Agence du médicament avait par exemple été prévenue de perquisitions imminentes pour que le scandale sanitaire repose entièrement sur le laboratoire Servier (dont la responsabilité a été démontrée bien sûr et reconnue par la justice)
Enfin, vous nous faites découvrir le Paul Mc Cartney d’Arabie saoudite…
Le chanteur le plus populaire du Royaume (qui a des fans au Maroc, au Liban) , Mohamed Abdu, dont le premier concert depuis plus de 20 ans était programmé hier soir dans la capitale Riyad…
Article dans La Croix.
Visage poupin, rythmes traditionnels, enveloppants.
En Arabie Saoudite, les concerts, comme le cinéma, le théâtre sont interdits, considérés comme des sources d’égarement et de dépravation…
Ce concert de Mohamed Abdu, c’est le signe d’une très timide ouverture au divertissement. Le vice prince héritier considère que l’absence de divertissement pourrait conduire la jeunesse à l’extrémisme religieux.
L’ouverture reste timide… Il faudra encore abattre des frontières, par exemple entre les hommes et les femmes qui n’ont pas le droit d’être réunis ensemble, dans une salle de concert comme ailleurs
Michel Grossiord