La revue de presse… vous y avez trouvé un message d’optimisme, alors que c’est le pessimisme qui domine ce matin…
Pessimisme, avec le retrait américain de l’accord sur le nucléaire iranien… Manchettes en cascade sur « le choix de l’épreuve de force » par Donald Trump, qui « sème la tempête »…
« Inquiétant », le mot barre la Une des Echos.
Optimisme ? C’est le message d’un résistant de la première heure (je parle de 1940, juin 1940), Daniel Cordier, l’ancien secrétaire de Jean Moulin, parti à Londres à 19 ans….
Daniel Cordier, 97 ans, revient très longuement pour « Le Monde » sur son destin singulier… Les tumultes d’aujourd’hui ne sont pas de même nature que ceux de 1940, mais la leçon est la même : « Il faut être optimiste » dit cette figure de la France libre profondément européen…
Daniel Cordier, qui fut un grand marchand d’art… et poursuit son travail d’historien…
Ca ne s’invente pas : il a reçu le journaliste du Monde chez lui, à Cannes. Son appartement se trouve juste au-dessus du square du 8 mai 1945…
Coïncidence de dates : c’est donc hier, le 8 mai, que Donald Trump a décidé d’ouvrir une crise dans la relation entre les Etats-Unis et l’Europe…
La sortie américaine de l’accord nucléaire iranien est, pour Le Monde, « une gifle retentissante » pour l’Europe… Un camouflet, dit La Charente Libre.
Chacun s’accorde à dire que Trump torpille ses alliés européens qui ne maîtrisent plus leur destin, selon La Presse de la Manche…
Autre coïncidence de date : ce 9 mai est… la Journée de l’Europe, de la fête de l’Europe, comme le proclame La Voix du Nord. Le journal de Lille choisit de hisser le drapeau étoilé, celui de l’Union européenne…
Mais l’avenir est lourd de menaces bien au-delà de l’Europe…
Menaces pour la paix au Moyen-Orient…
Menace d’une relance de la course à l’atome…
Trump fait monter la tension sans rien proposer sinon une feuille blanche, Il n’a pas de « better deal » comme il dit en peu de mots pour habiller son absence de vision, déplorent Les Dernières nouvelles d’Alsace…
Mais l’Europe doit se donner les moyens de dire non à l’Amérique, plaide L’Opinion, car Trump prend en otage les entreprises européennes présentes en Iran…
Renault, PSA, Total ou Airbus ont poussé leurs pions sur ce marché prometteur : elles pourront théoriquement être poursuivies et sanctionnées par les Etats-Unis…
La Montagne appelle l’Europe à faire face à l’isolement de Trump, et glisse : « On sait désormais que face à Trump, faire la cour n’est pas payant »…
(au sujet d’Emmanuel Macron, relevons la charge de Valérie Pécresse dans Les Echos : elle salue l’habileté de la forme et dénonce les insuffisances de fond, sur le régalien, la répartition des efforts… Mais Valérie Pécresse tacle aussi la course aux décibels de Laurent Wauquiez)
On quitte définitivement cette idée de « faire la cour » avec le dossier de L’Express…
Violences sexistes à l’école : n’abandonnons pas les filles, lance L’Express.
Agressions, menaces, insultes. Enquête sur un phénomène alarmant au collège et au lycée qu’ignorent les parents…
Le sujet reste tabou, mais à l’école (et les exemples donnés sont nombreux, édifiants) les mots et les actes sexistes se multiplient, les victimes sont rarement entendues…
La presse reste mobilisée par le sexisme au cinéma… à l’occasion de l’ouverture du Festival de Cannes…
On a le plaisir de retrouver Cate Blanchett qui confie sa fierté et son enthousiasme dans deux journaux…
A la fois dans Le Figaro (« Le cinéma est un milieu d’hommes » et dans Libération (« Le Festival doit prendre en compte la diversité de genre »…
La présidente du jury reconnaît que ses consoeurs actrices ont encore du chemin à faire pour se faire entendre…
Elle s’exprime avec talent, Cate Blanchett, avec des mots précieux, précis… combattifs aussi, enfin pas assez selon Libé qui lui demande d’abord d’évoquer sa longue relation avec le Festival…
-La quintessence de l’expérience cannoise tient dans le principe de juxtaposition, expose Cate Blanchett…
Des films, des auteurs de toutes natures….
Sur sa présidence de Cannes, 1er festival de l’ère post Harvey Weinstein, elle répond… sur le mode langue de bois, genre « Je pense que le débat actuel est vivace et qu’il faut l’envisage de manière positive, mais par-dessus tout veiller à ne pas en confiner les enjeux »…
-Vous répondez sans répondre, lui rétorque Libé…
Et là… Cate Blanchett de s’emporter… Son engagement est réel, sincère, mais elle en a marre de voir ses propos résumés par des gros titres sur Weinstein ou Woody Allen… Elle demande une vision d’ensemble, citant le secteur bancaire, l’industrie automobile, l’architecture. « Aucun secteur n’est épargné par la culture de l’abus de pouvoir et de l’impunité ».
Michel Grossiord