La Revue de Presse du jour – 09/04/2018

La revue de presse… Le climat social est déjà très chargé, mais une « opération déminage » est lancée pour éviter un nouveau front !… De quoi s’agit-il ?..

Des banlieues !
L’exécutif sent qu’il y a urgence à se saisir du dossier (l’exécutif déjà confronté au dossier brûlant de la SNCF et qui s’inquiète (selon les informations du Monde) de voir sa politique perçue comme orientée vers la France qui va bien).
La crise des banlieues donc, où la situation perdure, avec des élus qui commencent à se fatiguer…
Il y a urgence à se saisir du dossier, ne serait-ce que pour empêcher l’ouverture d’un nouveau front social, prévient Le Figaro…
Le dossier est moins dans les mains de ministres au profil très (trop) techniques que dans celles de… Jean-Louis Borloo qui fait sa réapparition ! Missionné par Emmanuel Macron, il réclame un big bang à 48 milliards d’euros, expliquent Les Echos…
Jean-Louis Borloo a été prié par le Chef de l’Etat de rendre son rapport au plus tôt…

C’est vrai que Borloo ne rime pas avec techno (dans le discours) !

On le dit plutôt brouillon…
Mais pas techno, c’est ce que soulignent aussi Les Echos, qui notent que les élus locaux qui l’ont rencontré ont été bluffés par son volontarisme…
A suivre donc, alors que l’un des objectifs est un Etat qui se reconcentre sur ses missions régaliennes, en particulier la sécurité.
A Sevran (dont le maire Stéphane Gatignon vient de démissionner avec fracas), les effectifs de police ont fondu en 17 ans, passant de 122 à 79 agents !
Plongée ce matin grâce au Parisien à Stains, dans le même département de Seine-Saint-Denis : Aller au lycée (Utrillo) la peur au ventre. Les bandes violentes s’affrontent violemment depuis la rentrée (coups de marteau, jets de bouteilles d’acide…)
Comment étudier et enseigner dans ce climat d’insécurité ?

Emmanuel Macron a choisi dans l’immédiat de s’adresser à un public bien identifié, pas tout à fait celui des banlieues…

TF1, 13 heures, jeudi… en direct d’une école primaire d’un petit village normand.
Plutôt un public rural. Et les retraités. Les employés, les ouvriers… Catégories sociales de plus en plus critiques et qu’il est urgent de reconquérir, souligne Le Monde et l’ensemble de la presse…
Il est fait état dans les journaux d’une « guerre de la communication »
Dans une guerre, chacun accuse l’autre de mentir… c’est le cas dans le conflit de la SNCF…
Privatisation ou pas privatisation ? Privatisation en embuscade, affirme L’Humanité qui s’en prend non seulement au gouvernement mais aussi aux journalistes qui assureraient le service après-vente en « travestissant le projet ». L’édito du journal communiste est titré d’un « Confrères ! » (point d’exclamation), on sent que ce n’est pas à prendre dans un sens confraternel.
Les confrères de L’Opinion accusent eux de mensonges ceux qui entretiennent « la fable de la privatisation »…

Une idée pour apaiser les esprits qui s’affrontent : les chats !?

Imaginez que les séances de négociation au ministère des Transports (la dernière vendredi a duré plus de 8 heures) ressemblent aux salles de classe de l’école Candide de L’Isle sur la Sorgue…
Un chat qui passerait des genoux de Philippe Martinez à ceux d’Elisabeth Borne…
Cet établissement privé du Vaucluse accueille des élèves du CP à la 3ème où « des chats mettent les élèves de bon poil », comme le raconte La Provence qui ajoute : chats et éducation, « et s’ils étaient « félins » pour l’autre ? » (jeu de mots sympas)
13 félins. « Il y en a partout », dit la directrice à l’origine de cette initiative : les chats apaisent les enfants, qui les caressent en poursuivant leurs travaux d’écriture…

Revenons à Emmanuel Macron : avant son rendez-vous avec les Français jeudi, il en a un autre ce soir…

Avec des évêques et des personnalités (400 personnes au total). Soirée inédite sous la voûte cistercienne du collège des Bernardins à Paris…
Par cet événement, l’Eglise manifeste sa volonté d’être plus visible et mieux écoutée, souligne La Croix alors que Le Figaro se montre critique : l’Eglise de France peut-elle se contenter d’un dîner de gala, et se ranger bien sagement dans une case communautariste ?
Ce qui est sûr, c’est qu’Emmanuel Macron n’aura pas ce soir à engager « une bataille de communication » pour convaincre ses interlocuteurs de son esprit religieux.
« Il est aisé de dresser un portrait mystique d’Emmanuel Macron », explique La Croix. Ses discours laissent imaginer une transcendance, et qu’il est inspiré par le christianisme…
La Croix comme Le Parisien rappellent qu’il a été baptisé à sa demande à 12 ans…
Le second journal observe qu’Emmanuel Macron, épris de symboles, court les lieux où l’on respire le sacré. Juste après sa déclaration de candidature, en novembre 2016, il est allé se recueillir sur la tombe des rois de France en la basilique de Saint-Denis, assure Le Parisien. Il y est retourné jeudi dernier avec son épouse après le concert privé auquel il assistait à la maison de la Légion d’honneur… Il n’a pas résisté…

Pour conclure, « sainte Ségolène »…

Oui, enfin je ne vais pas vous parler de la religieuse du Tarn qui consacra sa vie aux pauvres et à la prière….
Je voudrais évoquer Ségolène Royal, ou plutôt Ségolène Royal évoquant… elle-même.
L’ex ministre de l’Ecologie lance une ONG qui défendra des projets sur les énergies renouvelables…
Déjà ambassadrice des pôles, envoyée spéciale de l’Alliance solaire internationale, Ségolène Royal lance aujourd’hui l’ONG « Désir d’avenir pour la planète » (ça rappelle des souvenirs)
Elle se lance avec l’astrophysicien Hubert Reeves, le photographe brésilien Sebastiao Salgado le médecin explorateur Jean-Louis Etienne…
Ségolène Royal cite pas peu fière ces « immenses personnalités », et ajoute, là concernant : « Je pourrais rentrer dans une entreprise privée. J’ai beaucoup de propositions. Mais je ne veux pas que tout ce potentiel de savoir-faire accumulé pendant des années se perde »…
Nous voilà, comme elle, parfaitement rassurés… Longue vie à DA Planète…

Michel Grossiord