La revue de presse… Une image cette nuit au Louvre en a rappelé une autre au Panthéon !
Une chorégraphie toute mitterrandienne pour le président tout juste élu… Peu avant 22 heures 30, Emmanuel Macron arrive seul sur l’esplanade du Louvre.
Il marche longtemps dans le faisceau des projecteurs qui lui ouvrent la voie, alors que l’Ode à la joie de Beethoven (l’hymne de l’Union européenne) retentit sur la place…
Image conçue avec soin, comme en écho à la marche de François Mitterrand vers le Panthéon en 1981.
« La part symbolique de la fonction est décisive », avait confié au Parisien Emmanuel Macron, à quelques jours du second tour, soucieux d’incarner une « forme de verticalité » dans l’exercice du pouvoir. Bien loin du « président normal » de 2012…
Lui dit vouloir renouer avec une présidence solennelle, « jupitérienne ». Le Monde souligne aussi cette manière d’inscrire ses premiers pas, ses premiers gestes à la manière de François Mitterrand qui avait marché seul sous la coupole du Panthéon le 21 mai 1981, au son de cette même Neuvième symphonie de Beethoven…
Le choix de la pyramide du Louvre a aussi un sens…
La pyramide, l’un des grands travaux de François Mitterrand, comme décor de cette soirée électorale, fait aussi partie de cet hommage subliminal…
Autre fait troublant : il y a quelques jours, dans le huis clos de son bureau, Emmanuel Macron s’exclamait en un clin d’œil à François Mitterrand : « Quelle histoire ! »
« Quelle histoire ! » avait soufflé François Mitterrand en apprenant sa victoire en 1981…
« Quelle histoire » en effet, les journaux retracent l’incroyable audace du candidat élu…
« L’audace », c’est le mot qui barre la Une de La Nouvelle République…
Sa conquête de l’Elysée sans suivre le long parcours de ses aînés, en cassant les codes, avec un sentiment d’invincibilité (Sky is the limit) est racontée (dans Le Figaro, Libération, Les Echos, Le Monde…) avec force témoignages et quelques anecdotes…
Le 30 août 2016, il annonce à François Hollande sa démission du gouvernement. « Tu ne gagneras pas », lui dit froidement François Hollande dans le huis clos de l’Elysée. « Tout est possible », réplique Emmanuel Macron.
On se demande ce qui va se passer dans leurs têtes quand ils vont se retrouver tout à l’heure sur les Champs Elysées pour les cérémonies du 8 mai…
Exultation et gravité, sidération et certitude de soi chez Emmanuel Macron ? (se demande L’Opinion)
Rancœur, ressentiment, ou bien une agaçante pointe d’admiration chez François Hollande, président déchu qui va se retrouver à côté de son ex-collaborateur devenu le démolisseur de ses ambitions et le fossoyeur de son bilan ?
Emmanuel Macron s’inscrit-il aussi dans la filiation mitterrandienne avec ses mystères ? Un conseiller de Bercy résume : « Macron est une boule à mille facettes. En fonction de l’angle, on ne voit pas la même chose mais d’où qu’on regarde, ça brille ».
Il a pour chacun l’attention qui touche, le mot qui plaît. Il multiplie les SMS nocturnes. Blagues, considérations littéraires, petits mots intimes, tout y passe. Un des destinataires de ses marques d’attention se souvient : « De la pure drague. On y croit, on se sent considéré. Quand il arrête, qu’il n’a plus besoin de vous, silence radio. Il crée des déceptions quasi-amoureuses ».
Mais d’abord il y a cette capacité de donner l’impression, le temps d’une discussion, dans cette façon de plonger son regard bleu acier dans celui de son interlocuteur, que rien d’autre au monde ne compte plus que cet échange. « Quelque chose que je n’ai trouvé jusqu’alors que chez les têtes couronnées », s’amuse Stéphane Bern dans Le Figaro.
Le Figaro qui est sur la même ligne que L’Humanité : Macron l’emporte, mais…
Mais… il faut nuancer. Il a été très bien et très mal élu (point que met aussi en avant La Croix : abstention et vote blanc record)
Ces journaux nuancent fortement l’ampleur du succès d’Emmanuel Macron…
Autre mais : le vainqueur a parlé d’humilité hier soir… Attention à ne pas pécher par orgueil, glisse Le Monde. Les Echos observent qu’il n’aime pas qu’on lui fasse la leçon, il le supporte d’ailleurs de moins en moins… Or, dans une France fracturée et très en colère, l’humilité est aussi nécessaire que l’audace et l’entregent… Mais Les Echos sont très enjoués, et salue la France qui ose, le choix de l’espoir à l’heure du populisme triomphant…
Ce dernier aspect est souligné par la presse européenne, avec ce Merci la France lancé par le journal espagnol La Razon ou italien Le Corriere della sera…
Même L’Equipe fait un clin d’œil à Emmanuel Macron…
Oui, il y a ce titre au sujet de l’OM (vainqueur de Nice) : L’OM ça marche…
En marche l’OM, club qui dit oui à l’Europe, titre aussi L’Equipe… L’édito est titré « Un avenir à inventer ».
Oui on parle bien de l’OM, mais Emmanuel Macron est un supporter de l’OM, notamment de la période champion d’Europe (1993), comme le glisse Libération dans sa série de p’tites infos inutiles sur le président élu…
Parmi ces infos : Figaro, le nom du chien d’Emmanuel Macron…
Sa taille : 1 mètre 73…
Ou son surnom quand il était à l’ENA : André Rieu, le violoniste… En référence à sa coiffure touffue de romantique…
Michel Grossiord