La revue de presse… Et si on parlait (pour commencer) d’autre chose que du « triste vaudeville » de la droite ?
Le « triste vaudeville d’où les Républicains sortent en miettes», c’est l’image choisie par Le Midi Libre…
Parler d’autre chose, ce serait par exemple parler de l’Europe…
-Mais même sans l’affaire Fillon, le débat sur l’Europe aurait-il lieu ? s’interroge, assez désespéré, Dominique Seux dans Les Echos.
Assez désespéré que le monopole de la parole sur l’Union européenne soit laissé à Marine Le Pen, qui ne perd pas une occasion de promettre la fin de la monnaie unique et de l’Union ! « Cela devrait normalement suffire à déclencher contre elle les tirs de barrage des autres candidats. Or, il n’en est rien, ce qui laisse le champ libre au grand n’importe quoi », écrit, amer, l’éditorialiste des Echos.
François Fillon empêtré jusque-là dans le « vaudeville » de la droite n’est pas seul en cause. La pique vise tous les candidats obnubilés par leur combat pour la deuxième place.
Les défis européens deviennent pourtant pressants…
Donald Trump ignore l’Europe, Vladimir Poutine la méprise, la Grande-Bretagne la quitte, et la Turquie n’hésite pas à accuser l’Allemagne d’avoir des pratiques nazies sans que toutes les capitales ne viennent exprimer leur solidarité contre les mots du président Erdogan…
Le Figaro décrit « Angela Merkel à l’épreuve des provocations du président turc », furieux de l’interdiction en Allemagne des meetings de promotion de son référendum visant à renforcer ses pouvoirs…
En Allemagne, 1 million et demi de membres de la communauté turque ont le droit de vote dans leur pays d’origine. Mais l’Allemagne n’est pas la seule à vouloir poser une limite aux manifestations pro-Erdogan (les Pays-Bas, l’Autriche également)
La prudence d’Angela Merkel dans sa réaction vis-à-vis d’Ankara (qui menace régulièrement de laisser passer tous les réfugiés) fait l’objet d’un débat de plus en plus vif en Allemagne, rapporte Le Monde. Des journaux comme la Süddeutsche Zeitung ou Der Spiegel demandent à la chancelière de se montrer beaucoup plus ferme.
Concernant Marine Le Pen et le Front national, le double regard des Français…
D’une part, ils sont un tiers à se dire en accord avec les idées du FN… Une consolidation donc de ses idées. D’autre part, les Français ont une image toujours aussi mauvaise du FN : 58% des Français (en hausse de 11 points depuis 2012) le jugent dangereux pour la démocratie.
Enquête Kantar Sofres pour Le Monde.
Benoît Hamon imagine-t-il une victoire de Marine Le Pen ? Je vais vous lire sa réponse au journaliste iranien qui l’a rencontré pour Le Libé des réfugiés…
Le journaliste qui a quitté son pays il y a 7 ans parle au candidat socialiste des deux candidats qui séduisent le plus les jeunes, Marine Le Pen et Emmanuel Macron…
Benoît Hamon de répondre : « Macron, c’est Clinton. Elle a perdu contre Trump, Macron perdra contre Le Pen »…
CQFD…
Un autre réfugié (toujours iranien) a rencontré Emmanuel Macron, il raconte : « Il me salue chaleureusement et, très curieux de mon parcours, me pose beaucoup de questions. Il me parle comme si on se connaissait depuis toujours ».
Une délégation de 3 réfugiés a été reçue à l’Elysée… avec un projet « horriblement ambitieux » : que François Hollande leur livre non des analyses mais des émotions…
Ca n’a pas marché…
Mais ils ont eu droit à quelques blagues…
-Votre quinquennat n’a-t-il pas été celui de la trahison de la gauche ?
François Hollande a commencé par se tourner vers l’accompagnateur (le journaliste de Libération) : C’est vous qui avez soufflé cette question ?…
Et à fini par répondre : Si ma politique était de droite, la droite n’aurait pas besoin de se chercher un candidat… elle dirait ‘eh bien que Hollande continue le travail !’
La droite : elle l’a cherché son candidat, et cette fois, elle l’a trouvé pour de bon !
La manchette du Parisien résume la pensée générale dans les journaux… « Il les a… eus » (sur une photo de François Fillon…
En campagne maintenant, et vite ! C’est le mot d’ordre du Figaro…
Questionnement de L’Opinion : les démêlés de François Fillon le rendent-ils inaudibles auprès des Français pendant la campagne, et inapte à les diriger après l’élection ?
Ouest France évoque une droite suicidaire, mais aussi une gauche incohérente…
Beaucoup d’articles sur l’abandon d’Alain Juppé… Une page même dans Le Figaro titrée « Il est trop tard pour moi »…
Anne Fulda se livre à une analyse psychologique du maire de Bordeaux, on a lu aussi des commentaires psychiatriques ceux-là sur François Fillon…
« Lucide, abîmé par sa défaite à la primaire de novembre et la nette victoire de François Fillon, Alain Juppé n’a pas eu le cran d’entendre à nouveau tous les reproches qui lui ont été adressés : qu’il n’était plus dans le coup, qu’il était décalé par rapport à la droitisation et à la radicalisation de son camp, qu’il était trop mou, trop vieux aussi… Alors, non, pas question de se poser en plan B ».
Au final, on évoquait tout à l’heure le vaudeville de la droite, mais il y a aussi –souligné par la presse-une dimension funèbre, froide que le discours prononcé hier à la mairie de Bordeaux…
Michel Grossiord