La Revue de Presse du jour – 06/04/2018

La revue de presse… Dans les journaux, un mot : « résistance », mais plusieurs interprétations…

Il y a un peu plus d’une semaine, Emmanuel Macron célébrait et en appelait à « l’esprit de résistance » face au terrorisme islamiste. Evocation aux Invalides de quelques grandes figures de la résistance ayant mené en 1940 le combat contre l’oppression et le totalitarisme…
« L’esprit de résistance », est invoqué ce matin dans un tout autre domaine : le mouvement dans les facs…
L’université « entre en résistance », titre L’Humanité (Ca devient sérieux) rejoint par Libération qui mentionne que des profs de fac « font de la résistance » contre la plateforme Parcoursup…

« Résistance », le choix des mots, le choc de l’image…

Le second usage qui en est fait ce matin par quelques journaux relève de « l’infantilisme », écrit Eric Le Boucher dans Les Echos. Il accuse les opposants à la réforme d’utiliser cette fierté historique nationale (la résistance) pour brouiller les esprits, et masquer le danger à l’œuvre depuis des années (l’immobilisme)…
Jean-Luc Mélenchon ne se paye pas de mots dans une interview à La Provence ! « Je pense que le Chef de l’Etat va politiquement s’évaporer ». Objectif du leader de la France insoumise : « Infliger un KO social à Emmanuel Macron, élu ‘par effraction’ comme il l’a dit lui-même »…
Le mot prononcé devant la presse présidentielle à la mi-février n’a pas échappé à Jean-Luc Mélenchon : Emmanuel Macron avait dit être « le fruit d’une effraction car la France était malheureuse et inquiète ». Le fruit « d’une forme de brutalité de l’histoire ».
Aujourd’hui, Jean-Luc Mélenchon dit « rêver d’un nouveau Mai-68 »… et reconnait que son mouvement a « beaucoup travaillé » les étudiants…

La plongée dans les facs est très contrastée selon les journaux…

Bloqueurs à l’honneur dans Libé et L’Huma.
Inquiétude partout ailleurs pour les étudiants non grévistes, « otages » des bloqueurs, dénonce Le Figaro qui signe un numéro de combat contre les occupations, violences, insultes, vols du fait d’une minorité. Est reproduit ce tag sur un mur de Paris VIII : « Frappez fort, un bon flic est un flic mort ».
Presse Océan se préoccupe de ceux qui tentent toujours d’étudier. A Nantes, les dégradations sur le site du Tertre occupé sont évaluées à un million d’euros…
Presse Océan rapporte « des ateliers de formation surprenants » pour les grévistes, et un espace d’échange dit « racisé.e.s » (en écriture inclusive) exclusivement réservé aux femmes.
Le Midi Libre s’inquiète des examens : le président de l’université Paul-Valéry de Montpellier rejette la revendication d’un 10 sur 20 pour tous, « on atteindrait des sommets en matière de dévalorisation », mais propose des examens « en mode dégradé » (comprendre… à distance, en ligne, sur internet…)
A Montpellier, dit-il, je fais face à un « entre-soi contestataire destructeur ». A Paris 1 Sorbonne, le président dit dans Le Parisien craindre que sa fac se transforme en une « ZAD universitaire » avec les revendications en cours : démission d’Emmanuel Macron, fin du capitalisme et des Etats…

Il y a les facs, il y a toujours la SNCF…

La presse commence à s’interroger : y-a-t-il un problème de méthode du côté du pouvoir ?
The Economist, qui applaudit les réformes en France, glisse dans son numéro de la semaine qu’Emmanuel Macron doit être déterminé mais pas arrogant…
Autre question, à la Une de L’Opinion : où est passé Nicolas Hulot ? Le ministre qui a la tutelle sur les transports a-t-il été saisi par l’appel du large avec l’arrivée du printemps ?
Dans l’entourage de Nicolas Hulot, on s’élève contre cette vision d’un ministre évanescent… en rappelant sa décision de réintroduire 2 ours dans le Béarn ( !)
« Il a concentré son agenda sur cette question ».
Mais l’agenda social ? Comme le rappelle L’Opinion les enjeux écologiques et environnementaux sont partie prenante du dossier de la SNCF (pollution, écotaxe, aménagement du territoire…)

L’article le plus étonnant du jour, on le trouve dans L’Opinion, toujours, un entrefilet page 4… Le titre : « Devenir président abîme le cerveau »… Deux journalistes de Psychologie magazine et Public Sénat se sont demandé : que se passe-t-il dans le cerveau d’un humain qui accède au pouvoir suprême ?
Quand un sujet atteint une position dominante, cela change son cerveau, avance une neurobiologiste.
Une fois parvenu à l’Elysée, après le marathon de la campagne, le président n’est pas au mieux de sa forme. « Cela va contribuer à produire des altérations cérébrales ».
Néanmoins, nous rassure la spécialiste, Emmanuel Macron, à seulement 40 ans, a plus de ressources biologiques pour affronter

Michel Grossiord