La revue de presse… Roulements de tambour dans la presse pour annoncer le débat de ce soir…
Débat frontal, historique, décisif… Débat choc… Voilà les termes qui reviennent à la Une des journaux…
Et si l’influence du débat du débat d’entre-deux-tours était inversement proportionnel à sa dramaturgie ? s’interroge Libération. Le débat sera intense, tendu, animé, brutal, agité (autres qualificatifs qui reviennent) mais peut être sans conséquence, personne n’ayant à ce jour conclu à l’impact décisif de ce rituel télévisé sur le comportement électoral.
Personne sauf Valéry Giscard d’Estaing (il l’a écrit dans ses Mémoires, rappelle Le Parisien) : « Je crois que j’ai été élu président de la République grâce à une phrase de dix mots : mais monsieur Mitterrand, vous n’avez pas le monopole du cœur ».
En fait, cette petite phrase n’avait pas été relevée par la presse à l’époque…
Quelles seront les stratégies à l’œuvre ce soir chez chacun des candidats ?
Emmanuel Macron se fixe comme objectif d’aller chercher son adversaire sur le fond, la démasquer…
Marine Le Pen veut le faire craquer, ce serait son objectif de la soirée selon Le Parisien, « le faire partir en vrille ».
Dans Le Monde, le dernier sondage du Cevipof auprès d’un large panel (quelque 14.000 personnes) donne des éléments intéressants, et qui pourraient être utiles au candidat dans sa préparation du duel…
Emmanuel Macron, avec 59% des intentions de vote, est en position de force mais souffre d’un manque d’engouement (40% seulement de vote par adhésion ; près de la moitié des électeurs déclarent ne pas aimer sa personnalité)
« En termes d’adhésion, d’image présidentielle et de projet, Emmanuel Macron se prépare donc à entrer à l’Elysée sur des bases qui sont loin d’être triomphantes », souligne Le Monde.
Sur le programme du FN, la presse abonde en critiques…
L’Express explique que « la raison doit l’emporter », « la mise en œuvre du projet de Marine Le Pen affaiblirait durablement la France et diviserait tragiquement la communauté nationale ».
Le Point ouvre ses colonnes au Prix Nobel d’économie : Jean Tirolle écrit que le populisme économique serait calamiteux pour la France. « Il faut faire le pari de l’intelligence, ne pas se laisser berner par des politiques économiques de repli compromettant l’avenir de notre pays et notre pouvoir d’achat ». Jean Tirolle écrit même que l’option Le Pen sera « létale » pour la France.
Le Figaro amplifie sa dénonciation du « projet fou de sortie de l’euro » (c’est sa manchette). « Ruine et chaos » est titré l’éditorial…
Autre mobilisation des journaux : contre le ni ni…
Ni Marine Le Pen, Ni Emmanuel Macron… L’abstention ou le vote blanc choisis par deux tiers des militants de la France insoumise consultés sur internet.
La réplique des Dernières nouvelles d’Alsace qui accusent Jean-Luc Mélenchon, sous la plume de Dominique Jung, d’apporter son concours à l’ancrage des idées d’un FN banalisé…
La réplique de Riss de Charlie Hebdo qui dénonce « une tragique vanité »
« Ni abstentionniste, ni abstentionniste », écrit Riss. « Le combat contre un excès de liberté dans l’économie est-il plus vital que celui contre les ennemis des libertés individuelles ? Le simple fait d’être obligé de poser la question en dit long sur l’état de la gauche ».
La réplique du Canard enchaîné : « Le Canard milite lui aussi pour le ni ni : ni Marine, ni Le Pen ! »
(Je glisse au passage le jeu de mots qu’on trouve aussi à la Une : Hollande prépare son déménagement de l’Elysée. « C’est bien la première fois… que je fais un carton ».
On nous propose aussi un voyage au bout du ni ni…
Libération est allé à la rencontre des électeurs orphelins de Jean-Luc Mélenchon mais aussi de François Fillon… tentés de ne pas choisir au second tour…
Mais Libé marche un peu sur des œufs, et juge nécessaire de préciser qu’il ne traite nullement les élécteurs tentés par le ni ni avec condescendance…
A propos de François Fillon, une information étonnante…
Les vrais faux sourcils de Fillon…
Sous ce titre, Le Point ne nous raconte pas les dessous de sa prise de position sans ambiguité en faveur d’Emmanuel Macron… Il l’a redite hier…
Non, il est question d’une drôle d’idée qui avait germé chez un de ses soutiens parlementaire pour la campagne du 1er tour. Pour rendre le candidat plus sympathique, le QG avait commandé 15.000 paires de lunettes de soleil surmontées d’épais sourcils en feutre. Les objets devaient être distribués par des militants affublés de tee-shirts « Je ne sourcille pas, je vote Fillon ».
Mais l’initiative a vite été stoppée par les chargés de l’image filloniste.
« Ce fut un psychodrame, raconte un membre de l’équipe. Ce qui était de la simple autodérision a été jugée abaissant et susceptible d’écorner la présidentialité de Fillon ».
Et c’est ainsi que les lunettes sont restées dans des cartons entassés au QG…
Je ne sais pas… une petite annonce sur Le Bon Coin ?
Michel Grossiord