La revue de presse… Bras de fer avec les syndicats, le gouvernement met les pouces !
Le plan du gouvernement… ou le plan-plan (comme s’il s’agissait de ne plus bouger après avoir braqué les syndicats sur la SNCF) ?
L’heure a sonné de la « conciliation » dit Le Monde… Pas encore la réconciliation, mais la conciliation sur la réforme de l’assurance-chômage…
En clair, sur l’assurance-chômage, le gouvernement choisit de respecter l’accord des partenaires sociaux (syndicats et patronat), comme en témoigne l’interview de la ministre du Travail dans Le Parisien.
Muriel Pénicaud est aussi en vedette dans Le Figaro. Portrait d’une page : elle a bien pour mission de rénover en profondeur le système social français, elle a déjà à son actif la réforme du Code du travail…
Que des coups à prendre, elle le savait dès l’origine…
Lorsque Emmanuel Macron lui a proposé le poste de ministre du Travail, Muriel Pénicaud a réfléchi quelques heures. « Dans ces moments-là, raconte l’ancienne DRH, il faut se faire le pire des scénarios et savoir si on y est prêt. Et j’y suis allée. »
Sa passion ? La photo, par exemple en baie de Somme. « Vous savez, attendre qu’un oiseau s’envole, c’est une zénitude totale ! »
Une zénitude pas facile à atteindre à son poste, encore moins quand pèse sur sa tête comme une épée de Damoclès l’affaire Business France. Mais, assure t-elle, « je n’y pense jamais »
Ca c’est la position de l’autruche, un oiseau que l’on ne croise pas en baie de Somme…
Muriel Pénicaud s’efforce par ailleurs de soigner sa parole parfois embrouillée… Les grands discours, ce n’est pas son fort…
Comment s’en sort-elle sur la double page du Parisien…
En technicienne, comme d’habitude. L’indemnisation chômage des démissionnaires (s’ils ont un véritable projet professionnel). La pression sur les branches professionnelles pour lutter contre la précarité de l’emploi (pas encore de bonus malus contre les contrats courts). Le contrôle des chômeurs à travers la définition plus précise et personnelle de ce qu’est une offre raisonnable d’emploi…
Au final, donc, l’accord conclu la semaine dernière entre les partenaires sociaux après 7 séances de négociation ne sera pas retoqué par le gouvernement…
Le Monde fait mine de s’interroger : Emmanuel Macron aurait-il entendu la menace à peine voilée de Laurent Berger ? Le secrétaire général de la CFDT, d’une rare véhémence lundi dans Les Echos, exigeait que les partenaires sociaux soient écoutés pour préserver la paix sociale…
Emmanuel Macron se trouve à un moment clé de son rapport aux Français…
C’est le temps des grandes manœuvres sociales, et la perception des réformes tous azimuts sera déterminantes pour la suite du quinquennat…
A ce stade, les Français semblent divisés devant l’activisme présidentiel, mais les sondages n’indiquent pas tous la même chose.
Dans Libération, « Macron dévisse selon l’institut Viavoice. Double flop. Les Français sont mécontents de l’augmentation de la CSG et inquiets pour leur pouvoir d’achat ».
Dans Les Echos, « la popularité de Macron profite de la réforme de la SNCF : il regagne 3 points dans le baromètre Elabe-Les Echos-Radio Classique. Edouard Philippe suit la même tendance. »
Le Figaro ajoute que l’opinion n’approuve pas les syndicats qui défendent le statu quo à la SNCF : 7 Français sur 10 (comme Le Figaro et Le Figaro magazine qui s’en prend je cite à un statut en or massif) sont pour la fin du statut du cheminot, selon Odoxa.
Le Figaro est aussi pour la fin d’Anne Hidalgo !
Comme Le Figaro magazine qui avait sèchement titré récemment L’Echec. Le Figaro ce matin reprend le réquisitoire (édito intitulé Le fiasco) et titre « A Paris, l’après-Hidalgo a déjà commencé ».
Les appétits s’aiguisent en vue des municipales de 2020…
En coulisses, le porte parole du gouvernement Benjamin Griveaux se prépare sous les couleurs de La République en marche. Mais le premier adjoint d’Anne Hidalgo, Bruno Julliard, accorde une interview au Figaro : il juge possible une alliance avec La République en marche.
L’Opinion appuie là où ça fait mal : l’échec du nouveau Vélib, avec un opérateur en perdition, Smovengo qui ne parvient pas à prendre la suite de Decaux. La ville de Paris va reprendre en main l’installation des bornes, en mobilisant ses services techniques, ses experts et ses ingénieurs…
On connaît la formule… A… bas l’arbitre !
Grand dossier de Libération : La mort de l’arbitre ? La très controversée assistance vidéo, qui pourrait être utilisée pour le prochain Mondial, risque de déresponsabiliser des arbitres aujourd’hui plus que jamais sous forte pression… Des clubs, des supporters…
Un métier de chien…
Et demain des caméras pour « objectiver » ses décisions, au risque donc de le priver de sa fonction, de hacher les matchs…
Libé va loin puisqu’il considère que cette remise en cause de l’autorité de l’arbitre relève du même « populisme » qui conduit à contester systématiquement les élites du savoir, les responsables officiels…
Michel Grossiord