La Revue de Presse du jour – 01/05/2017

La revue de presse malgré l’absence de journaux ce matin! Mais Michel, cela n’empêche pas de signaler en ce 1er mai des articles qui mérite l’attention…

Cet article du magazine Capital par exemple: ce qui attend le nouveau président.
La campagne électorale du 1er tour, mais c’est encore vrai de celle du second tour, aura donné de la France une image épouvantable: profondes et multiples fractures, défiance généralisée, rejet massif de l’esprit européen…
Preuve à été apportée dans les urnes que la France est bien le pays le plus pessimiste, celui où l’allégresse n’a pas droit de cité.
Pourtant, le nouveau président va bénéficier d’une conjoncture économique relativement favorable.
Les professionnels du bâtiment, cités en premier par Capital, voient enfin le bout du tunnel. « On respire ». Créations d’emplois attendues: une dizaine de milliers.
Nos entreprises exportatrices voient leurs commandes se redresser, elles profiteront à plein de l’amélioration de la conjoncture mondiale… grâce à un euro relativement faible.
La fameuse compétitivité des entreprises françaises s’est bel et bien améliorée ces dernières années grâce aux baisses de charges et au CICE. Avantage vis à vis de l’Allemagne et de l’Espagne…

Attention à ne pas tout peindre en rose!

Mais aussi à ne pas noircir à plaisir (ou par intérêt électoral) le tableau!
Même si ce n’est pas un jardin fleuri de roses qui attend le nouveau président dans son palais de l’Elysée, le futur Chef de l’Etat a toutes les raisons de se montrer optimiste.
Il aura à priori plus de chances que ses deux prédécesseurs: Nicolas Sarkozy fut piégé par la crise financière, François Hollande est arrivé en pleine tempête des dettes européennes.
Pour la suite, bien sûr, beaucoup dépendra des réformes structurelles qui seront engagées.
La France souffre de maux connus qui l’empêche de connaître le plein emploi: école à la dérive, formation professionnelle inadaptée, déficits, gaspillages, contraintes…
« Bon courage, Monsieur le président de la République! » Ainsi s’achève l’article de Capital, c’est sans doute une façon de prendre position ou, pour le magazine économique, de conjurer le sort..

Le nombre de couvertures de magazines consacrées à Emmanuel Macron a fait jaser, surtout au rayon people. En voici une de plus…

Le candidat d’En Marche avec des mains de maquilleuses qui s’activent autour de son visage: poudre, crème, tiens un bâton de rouge à lèvres mais qui n’est pas pour lui!…
Sur ce photo-montage, une question générique: « Le style fait-il gagner? » Le mensuel L’Optimum se dit convaincu qu’à l’époque de Poutine, Trudeau et Trump, le look est devenu le véhicule préférentiel des idées.
Mais le lien entre le look de Donald Trump (on pense à sa coupe de cheveux, ses cravates rouges) et ses idées n’est pas expliqué par le magazine…
Attention toutefois, le style se comprend comme le charisme, l’éloquence, le maintien, et puis l’habit, l’élégance, le physique avantageux…
Oublions un instant les rolling, les sondages quotidiens sur la présidentielle! Un sondage de l’Ifop pour L’Optimum donne le classement des responsables politiques préférés pour leur style!
1er: Emmanuel Macron,
suivi d’Alain Juppé.
Puis une femme!.. Christine Lagarde.
Arnaud Montebourg sera heureux de se retrouver 4ème.
Philippe Poutou est dernier.
En fait, seul le 1er obtient une note supérieure à 10/20: Emmanuel Macron surnage quand tous les autres pataugent.
Commentaire à son sujet d’un spécialiste de l’image dans le magazine: « Il a un style de ‘motivational speaker’, de coach d’entreprise. Il se veut neutre, sans signe ostentatoire »…

Vous avez des publications qui placent le débat à un autre niveau?

Philosophique, vous voulez dire?
Intellectuel?
J’ai!
D’abord Philosophie magazine du mois de mai avec une réflexion sur l’abstention…
Quels sont les arguments moraux de ceux qui n’iront pas voter, et de ceux qui s’en font un devoir ?
Ceux pour qui voter est un devoir moral (car ce droit de vote est le fruit de luttes historiques) ont un point de vue kantien. « Agis de telle sorte que la maxime de ton action puisse être érigée en loi universelle », enseigne la morale de Kant…
Ceux qui estiment que si voter est un droit, ne pas voter en est un défendent une liberté sur un mode négatif… Ils se rapprochent de Proudhon, le père de l’anarchisme…
Philosophie magazine étudie tous les cas de figure notamment celui des abstentionnistes de longue date qui iront voter contre le Front national car il est irresponsable de ne pas tenir compte des conséquences de son action…
Et il y a le cas de ceux (mélenchonistes notamment) qui ne peuvent se résoudre à donner leur voix à Emmanuel Macron face à Marine Le Pen car le candidat d’En Marche propose un programme dans lequel ils ne se reconnaissent pas… Ils craignent que leur vote par défaut soit récupéré comme un vote d’adhésion… C’est du côté de Jean-Jacques Rousseau qu’il faudrait chercher des références philosophiques (faute de faire le bien, ne participe pas au mal)…

Encore faut-il s’entendre sur ce qu’est le mal…

A coup sûr la logique autodestructrice qui a été enclenchée par quatre décennies de crise économique et sociale, comme le souligne le philosophe Marcel Gauchet dans le hors série de L’Obs titré Démocratie et populisme…
Aux yeux des opinions publiques, la démocratie n’est plus un socle inébranlable.
Une étude réalisée par l’institut Ipsos à l’automne dernier montrait que l’attachement à la démocratie de nos concitoyens recule.
Pire : près d’un quart des personnes interrogées déclaraient lui préférer un régime autoritaire.
Après près d’un siècle d’expansion partout dans le monde, voici la démocratie tour à tour contestée dans les urnes par des leaders populistes qui en sapent les fondements, contournée par des gouvernements parfois peu scrupuleux des règles de droit (la Hongrie, la Pologne sont citées), ou encore boycottée par des citoyens qui préfèrent se réfugier dans l’abstention.
Ce hors série de L’Obs qui multiplie analyses et points de vue sur la démocratie à l’état gazeux, sur le dépérissement démocratique… s’ouvre par cet avertissement : « Attention danger ! Jamais depuis l’entre deux guerres les démocraties n’ont paru aussi fragiles ».

Michel Grossiord