Remaniement : L’Economie, une priorité du nouveau gouvernement

ROMUALD MEIGNEUX/SIPA

Avec le remaniement ministériel de ce 4 juillet, on peut dire que l’exécutif a musclé sa jambe économique. Notons que Bruno Le Maire est une fois de plus reconduit au ministère de l’Economie. Ce n’est pas une surprise, mais tout de même, c’est une stabilité rare, en général dans un ministère et en particulier à Bercy.

Laurence Boone est l’un des cerveaux les plus recherchés dans le monde

Il y avait eu 4 ministres de l’Economie en 5 ans sous François Hollande, 3 sous le quinquennat Sarkozy, et un record de 9 ministres successifs au cours des 12 ans de présidence Chirac. Depuis le premier gouvernement Borne, Bruno Le Maire est même numéro 2 du gouvernement. Cela dit sans doute plus d’ailleurs de son poids politique personnel que de la primauté des sujets portés, puisqu’avant lui, les numéros 2 des gouvernements d’Emmanuel Macron ont été ministre de l’Intérieur ou ministre des Affaires étrangères, avec Gérard Collomb puis Jean-Yves Le Drian.
Autour de Bruno Le Maire, l’équipe économique est très fournie. Et ce ne sont que des ministres délégués, pas de secrétaires d’Etat. Gabriel Attal est toujours au Budget. Il est rejoint par Olivia Grégoire, qui était déjà passée par Bercy. Elle monte en grade et son portefeuille est bien plus lourd puisqu’elle a désormais en charge les PME, le Commerce, l’Artisanat et le Tourisme.

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Il y a beaucoup à dire dans chacun de ces domaines, le tourisme en particulier au début d’un été déjà compliqué par des grèves dans l’aérien et le ferroviaire. Et pour compléter cette « jambe économique » , nous avons Roland Lescure à l’Industrie, et Jean-Noël Barrot à la Transition numérique. Deux économistes. Le premier sort de cinq années comme président de la Commission des Affaires économiques de l’Assemblée nationale. L’autre était vice-président de la commission des Finances de l’Assemblée nationale. Et puis il y a, hors de Bercy, une autre économiste, pas n’importe qui, la cheffe économiste de l’OCDE, Laurence Boone, l’un des cerveaux les plus recherchés dans le monde, qui arrive au Quai d’Orsay, en charge des Affaires européennes.

 

La loi Pouvoir d’achat, un texte crucial pour le nouveau gouvernement

Il faut dire que les sujets économiques brûlants s’empilent. Le premier d’entre eux, c’est la loi sur le pouvoir d’achat. On ne sait pas comment le gouvernement réussira à faire voter cette série de mesures, mais la liste est longue : bouclier tarifaire sur l’énergie, redevance audiovisuelle supprimée, hausse des salaires des fonctionnaires, hausse des retraites et des prestation sociale, une dizaine de mesures au total. Hier, Bruno Le Maire continuait d’égrener des annonces, avec un revirement notable, qui concerne les promotions dans les grandes surfaces. Sous le premier quinquennat Macron, il a été interdit de faire des promotions trop agressives, du type « un produit acheté, un produit offert ». Cela pourrait revenir, et donc détricoter la loi Egalim, qui devait redonner du revenu aux agriculteurs. La FNSEA a déjà critiqué ce revirement.

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Il y a donc le pouvoir d’achat, au moment où les tensions montent dans de nombreux secteurs et beaucoup d’entreprises, sur la question des salaires. On observe des grèves, et pas seulement dans les transports. Et puis les deux autres dossiers brûlants ne dépendent pas que de Bercy. D’une part, c’est la dette et taux qui remontent, et qui vont limiter les marges de manœuvre car emprunter nous coûte à nouveau de l’argent, après une période de taux proches de zéro et parfois négatifs. D’autre part, avec cette hausse des taux partout dans le monde, avec les risques sur l’approvisionnement en gaz, et le ralentissement de l’activité, la récession nous menace, et il n’y a plus d’argent magique pour y faire face.

François Geffrier

Ecoutez François Geffrier (à partir de 5 ’20) : 

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