Emmanuel Macron retarde au maximum l’annonce de son nouveau Premier ministre. Entre le respect du calendrier et de nombreuses hésitations, les causes de sa retenue sont légion.
La nomination d’un nouveau Premier ministre se fera probablement le lundi 9 mai
Le 28 avril on pensait que ce serait le dernier Conseil des ministres du gouvernement Castex. Finalement, le changement d’équipe n’est pas encore pour tout de suite. Pourquoi cet étirement du calendrier ? Si l’on prend les présidents réélus, François Mitterrand avait désigné Michel Rocard dès le lendemain de sa réélection, de même pour Jacques Chirac avec Jean-Pierre Raffarin. Rien de tel pour Emmanuel Macron. On a même appris hier qu’un autre conseil des ministres de l’équipe actuelle se réunirait la semaine prochaine. Cela veut dire que Jean Castex ne sera pas remplacé avant au moins 6 jours et peut-être 10. Emmanuel Macron prend son temps. Il y a deux raisons à cela.
A lire aussi
La première c’est que le président fraichement réélu déteste agir sous la pression et suivre des calendriers qui lui sont imposés. Son premier mandat s’achève officiellement le 13 mai. Il n’est pas obligé d’avoir un nouveau gouvernement d’ici là, même si le bal des prétendants et, plus encore, le bal des courtisans est déjà bel et bien ouvert. Si l’on reprend le calendrier il y a un Conseil des ministres mercredi prochain le 4 mai, suivi dans la journée où le lendemain d’une démission de Jean Castex. La cérémonie de ré-investiture se déroule le dimanche 8 mai, et la nomination d’un nouveau Premier ministre probablement le lundi 9 mai. Pour finir, il faudra former le nouveau gouvernement le mardi 10 ou le mercredi 11, sachant qu’habituellement la formation d’un gouvernement est toujours un peu plus longue que prévu.
Emmanuel Macron s’aperçoit que personne ne coche toutes les cases
La deuxième raison à ce retard, c’est tout simplement qu’Emmanuel Macron demeure en pleine hésitation. La liste des cités s’allonge de jour en jour. On pense à Elisabeth Borne, à Julien Denormandie, à d’autres qui incarnent une politique plus chevronnée comme Richard Ferrand et François Bayrou, à une technocrate comme son ancienne collaboratrice Anne de Bayser, ou encore à un ministre qui serait extérieur à la Macronie comme Michaël Delafosse ou Nathalie Kosciusko-Morizet. En tout cas, Emmanuel Macron laisse dire ou même parfois fait dire.
A lire aussi
Pourtant, il s’aperçoit que personne ne coche toutes les cases. Trop techno, trop jeune, pas assez politique, pas assez proche, à chaque fois qu’un nom est avancé on voit bien qu’il ne fait jamais l’unanimité. Le profil idéal ou la personnalité capable de rassembler la majorité et d’entraîner les Français ne semble pas avoir été évoqué. Alors le président a peut-être un nom caché en tête. Pourtant, il sait que ce n’est pas seulement avec cette nomination qu’il va créer un nouvel élan. Tout cela est donc de nature à le faire hésiter, et le pousse à se donner le plus de temps possible pour ce qui sera le premier acte et le coup d’envoi véritable de son deuxième quinquennat.
Guillaume Tabard