Loi pouvoir d’achat : Les demandes des députés LR embarrassent le gouvernement

Fred Romero

La loi pouvoir d’achat sera présentée jeudi 7 juillet, et la recherche du consensus s’annonce déjà difficile, car le gouvernement l’a dit, il va chercher la majorité texte par texte, avec une cible principale : les 62 députés LR.

Les députés LR veulent un prix de l’essence garanti à 1,50 euro le litre

Convaincre les députés LR, c’est la mission de Frank Riester le nouveau ministre chargé des Relations avec le Parlement, issu de la droite. Seulement voilà, les propositions que les Républicains viennent de transmettre à Matignon sur le pouvoir d’achat sont tout sauf consensuelles, avec d’abord un prix de l’essence garanti à 1,50 euro le litre – « c’est promettre la lune », a taclé Bruno Le Maire, qui chiffre ce geste à 50 milliards d’euros, soit le double de l’ensemble des mesures du gouvernement ! Mais ce n’est pas tout, l’opposition de droite revendique une baisse de la CSG pour les retraités aisés, afin d’annuler la hausse subie en 2018, et de moindres cotisations pour les salariés. C’était la proposition phare de Valérie Pécresse d’augmenter les salaires de 10%. Là encore, ce serait très, très cher. Alors, Les Républicains ont beau dire que le paquet ne devra pas alourdir la dette, côté financements c’est beaucoup plus flou. Bref, le dialogue s’annonce très compliqué à l’Assemblée.

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Certains députés de droite jugent eux-mêmes que leur demande sur le prix de l’essence est démagogique et peu crédible

Sur l’essence, Bercy se dit néanmoins prêt à bouger. Il y a en effet des ouvertures, sur la remise à la pompe de 18 centimes d’abord, qui pourrait être prolongée jusqu’à la fin de l’année. Mais on le voit aujourd’hui, ça ne permet même pas de descendre sous les 2 euros le litre. Autre chantier : l’aide aux salariés modestes obligés de prendre leur voiture pour aller travailler. Bercy se dit ouvert sur les seuils de revenus, et l’aide serait accordée sans kilométrage minimum. C’est donc plus large que prévu. Mais il s’agirait d’un chèque versé en une fois, pas d’un dispositif pérenne, donc là encore, on resterait loin des demandes de LR. Il y a tout de même un espoir pour l’exécutif : certains députés de droite jugent eux-mêmes que leur demande sur le prix de l’essence est démagogique et peu crédible. Il y a donc des votes à aller chercher, au forceps.

Etienne Lefebvre

 

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