La Revue de Presse du jour – 27/03/2019

La revue de presse… avec à la Une des photos qui ressemblent à des caricatures !

Bouteflika figé… A ses côtés, engoncé dans son grand uniforme, le général chef de l’armée algérienne… Les décorations et des bouquets de fleurs mettent un peu de couleurs…
Photos dans Le Figaro et Libération, dont les manchettes apportent ce matin un démenti à l’une des caricatures insolentes publiées par la presse algérienne…
On voit (sous le crayon de Salim Zerrouki) le président Bouteflika dans sa chaise roulante, isolé, délaissé, clamant qu’il veut bien « partir » mais n’y arrive pas : « Il n’y a personne pour me pousser… »
Finalement, c’est le général qui a fini par le pousser… L’armée sonne la retraite, siffle la fin du règne de Bouteflika…

L’armée n’est pas épargnée par les caricaturistes…

Le dessinateur Ali Dilem, impertinent (et courageux) croque un général monumental au pied duquel s’est regroupée la foule : L’Algérie est une République, et ce n’est pas à toi de décider…
Autre dessin titré La révolution joyeuse… Un manifestant un balai à la main désigne le général : Une fois qu’on aura fini de danser et de prendre des selfies, ça serait bien de finir le boulot !
A Alger, la population reste méfiante… L’écrivain Kamel Daoud exprime son espoir et ses craintes dans Le Figaro, mais « je ne pensais pas vivre ce moment un jour », dit-il…

Les réseaux sociaux, qui ont permis la mobilisation des Algériens, montrent aussi leur face noire…

Les réseaux sociaux, « ces cyniques mastodontes » animés par « une irresponsabilité planétaire », dénonce Le Parisien… dans sa série d’articles consacrés à la rumeur ayant viré à la chasse à l’homme en Seine Saint Denis…
Des Roms ont été agressés à la suite de rumeurs d’enlèvements d’enfants propagés sur Facebook… A Sarcelles, les mères Souad, Rahima n’en démordent pas…
Les rumeurs d’enlèvement s d’enfants dans des camionnettes blanches sont tenaces, expose Le Monde qui fait le point sur ces légendes urbaines qui n’en finissent pas de tourner…
Mais cette fois-ci, les rumeurs ont été suivies d’expéditions punitives monstrueuses…

L’Histoire nous enseigne le danger des rumeurs avec le possible et terrible passage à l’acte !

La rumeur et le massacre. Le titre du dernier numéro de L’Histoire interpelle… Il est question de Paris sous la Révolution, quand plus de 1.000 prisonniers considérés comme des brigands à la solde des ennemis, allaient être massacrés par la foule en septembre 1792…
Nous sommes très loin de l’âge des réseaux sociaux et de Facebook, néanmoins les rumeurs pouvaient alors se répandre d’une rue à l’autre avec une extraordinaire rapidité, empruntant des réseaux complexes de conversations, échangées ou entendues au marché, à la fontaine, ou dans une queue à la boulangerie…
La population accepta alors les tueries comme une action bénéfique ou un mal nécessaire… (« Qu’ll est triste d’en venir à de telles extrémités, mais il vaut mieux tuer le diable avant qu’il ne vous tue… »)
Le magazine L’Histoire souligne que les individus sont particulièrement sensibles aux rumeurs dans les moments d’inquiétude, de danger, où lorsque chute la confiance envers les institutions chargées de diffuser l’information…
Dans l’Antiquité classique déjà, Virgile traitait la rumeur comme une divinité féminine, capable d’introduire insidieusement le désordre dans une société par son art de mêler « des faits et des mensonges… »

Evoquons maintenant la tragédie grecque, frappée par des censeurs à la Sorbonne !

Une représentation des « Suppliantes » d’Eschyle a été empêchée par des manifestants qui protestaient contre l’usage de masques et maquillages noirs par des acteurs blancs !
Une cinquantaine de militants de la Ligue de défense noire africaine, de la Brigade anti-négrophobie et du Conseil représentatif des associations noires ont bloqué l’entrée de la Sorbonne… Ils reprochaient au spectacle d’être « racialiste »… accusation contre laquelle l’université s’est évidemment soulevée…
Ou comment le masque, si essentiel dans la tragédie grecque, est aujourd’hui devenu un objet de litige… Détresse du metteur en scène Philippe Brunet face aux censeurs et aux radicaux…

Restons sur scène, mais dans un tout autre registre : Patrick Bruel…

Bruel en toute intimité, annonce Le Midi Libre qui a invité le chanteur face à quelques lecteurs avant son concert à Montpellier…
Bruel, venu en voisin de Montpellier, où le chanteur a une maison et des oliviers…
Bruel, d’un charisme atomique, écrit Le Midi Libre, poursuit sa tournée jusqu’à la fin de l’année… Une page lui est consacrée dans Le Figaro : Anne Fulda a rencontré l’homme engagé, du moins concerné… Article intitulé : Et Patrick Bruel entonna La Marseillaise…
Sur scène, chaque soir, il fait chanter l’hymne national et applaudir le colonel Beltrame à des salles enthousiastes. Son quart d’heure citoyen.

 

Michel Grossiord